« Le nombre de nouveaux cas de VIH/Sida continue à baisser », a déclaré le ministre de la Santé Anil Gayan à l’issue de la réunion du National Aids Committee (NAC) qui a eû lieu jeudi. Cette réunion avait pour but de passer en revue le programme du gouvernement concernant ce virus. Chiffres à l’appui, le ministre a indiqué que 194 nouveaux cas ont été enregistrés en 2015, contre 322 en 2014. En 2005, dit-il, un pic de 921 nouveaux cas avait été relevé. Le ministre note aussi que la tendance à la baisse en ce qui concerne les contaminations par injections de drogue se maintient. Il note néanmoins que « des milliers de cas n’ont pas encore été dépistés à Maurice ». En outre, il constate que les patients ne viennent pas à l’hôpital pour suivre leur traitement. « Ils se mettent à l’écart eux-mêmes. C’est une “self-stigmatization”. »
« De nos jours, dit Anil Gayan, une personne infectée par le VIH peut mener une vie normale. » Le ministre de la Santé a rencontré la presse en compagnie de l’Attorney General Ravi Yerrigadoo et du ministre de la Jeunesse, Yogida Sawmynaden. Le ministre Gayan a indiqué être le président du NAC depuis le 10 décembre. « Depuis sa création en 2011, le NAC s’est  réuni 16 fois, indique un document du ministère de la Santé remis à la presse. La dernière réunion a eu lieu le 27 avril 2006. » Anil Gayan a indiqué que le NAC se réunira régulièrement et fera un bilan des progrès réalisés en vue de la préparation du nouveau plan d’action 2016-2021 sur le VIH/Sida. Le ministre a indiqué que la sensibilisation des jeunes est une priorité, le groupe d’âge 19-24 ans étant particulièrement touché. Il a aussi indiqué qu’une « attention spéciale » sera accordée à 929 poches de pauvreté. « Le gouvernement, dit-il, s’est engagé à éradiquer le VIH/Sida à Maurice. » Et d’évoquer le cas de patients ayant une double nationalité et qui suivent leur traitement à La Réunion. « Ceux-ci, dit le ministre de la Santé, ne peuvent pas recevoir de traitement dans les hôpitaux mauriciens car, à Maurice, le revenu par tête d’habitant est de USD 10 530, contre USD 35 000 en France. »
Selon Anil Gayan, 6 284 cas ont été officiellement répertoriés à Maurice depuis le début de l’épidémie, en 1987, et 74% des cas ont été dépistés. Il estime néanmoins que des milliers de cas d’infections par le VIH dans le pays n’ont pas encore été diagnostiqués. Il note également que la contamination par injection de drogues est en baisse et représente 31,1% en 2014, contre 38,1% en 2013 et 47,2% en 2012. « Les mesures de réduction des risques prises par le ministère de la Santé ont eu un impact sur cette baisse », dit-il. Le VIH/Sida a provoqué 953 décès.
Quelque 24% des cas de contamination par le VIH viennent de contacts hétérosexuels. Le ministre indique que le programme pour les femmes enceintes séropositives, dont l’objectif est de prévenir la contamination mère/enfant, a un taux de succès de 97%. « Nous avons eu quelques soucis de ce côté. L’incidence du virus chez les femmes enceintes a augmenté, passant de 0,8% à 1,1% de 2013 à 2014. »
Le ministre de la Santé indique également que 43% des personnes vivant avec le VIH reçoivent un traitement aux antirétroviraux dans les services de Santé publique. Quant à la charge virale, elle a été supprimée chez 30% des patients. Anil Gayan indique par ailleurs que 2 500 patients ont un traitement aux antirétroviraux et que d’autres, qui ne sont pas encore éligibles à ce traitement, sont soignés dans les services hospitaliers. Le coût du programme de prise en charge du VIH/Sida au ministère de la Santé, dit-il, est de Rs 145 M, soit Rs 195 M au total au gouvernement. Par ailleurs, le ministre de la Santé a indiqué que l’ONUSIDA, organisme des Nations Unies pour la lutte contre le virus, a fixé comme objectif que 90% de la population doit connaître son statut concernant le VIH d’ici 2020. « Nous voulons faire plus et atteindre 100% de la population. » Il a indiqué que 105 000 tests ont été effectués au laboratoire de virologie en 2014. Le ministre s’est lui-même fait dépister hier lors d’un test rapide à son ministère. Anil Gayan a indiqué que, même si l’incidence du VIH/Sida à Maurice n’est que de 0,8% dans la population, l’épidémie est concentrée dans des groupes à risques, soit chez les toxicomanes, les prostituées, les homosexuels et les détenus.