Commentant les travaux parlementaires de cette semaine, Paul Bérenger, leader du MMM, salue le «changement d’attitude» du gouvernement et de la Speaker qu’il juge «très positif.» Le leader des mauves insiste, néanmoins, pour que le Deputy Speaker, Sanjeev Teeluckdharry, prenne congé de l’Assemblée nationale, le temps que la Commission Lam Shang Leen sur la drogue soumette son rapport. Toujours concernant les travaux parlementaires, le leader du MMM dit haut et fort sa désapprobation de la décision du leader de l’opposition  Xavier Duval de cibler Rodrigues lors de sa PNQ de vendredi. «Duval et le PMSD ne réalisent pas ce qu’a été l’accession de Rodrigues à l’autonomie», dit Paul Bérenger. Pour lui, cette PNQ est non seulement «un manque d’égard envers la Rodrigues Regional Assembly (RRA)», mais aussi «une motion de blâme envers le Minority Leader.»
Paul Bérenger se réjouit que l’ambiance se soit finalement détendue, cette semaine, à l’Assemblée nationale. Pour lui, cela aurait été l’affrontement si, d’une part, plutôt que d’être reporté, l’examen du Finance Bill avait été intégralement considéré mardi et que, d’autre part, le Deputy Speaker, Sanjeev Teeluckdharry qui se trouve être dans la ligne de mire de la Commission Lam Shang Leen sur la drogue, avait été appelé à présider les séances prévues. “Je salue le changement d’attitude du gouvernement et de la Speaker que je considère très positif”, dit-il.
Paul Bérenger réclame à nouveau de Sanjeev Teeluckdharry qu’il prenne congé de son poste de Deputy Speaker en attendant que la Commission d’enquête soumette son rapport. D’autant que, dit-il, après avoir qualifié les travaux de la Commission de “mudslinging exercise”, ce dernier se permet dorénavant de rendre l’administration des services pénitentiaires responsable des délits qui sont reprochés à des avocats d’avoir commis en complicité avec des trafiquants de drogue emprisonnés.
Le leader des mauves souligne, de même, que Sanjeev Teeluckdharry va jusqu’à vouloir faire porter le chapeau de ses déboires à ses collègues de la profession qu’il accuse d’être des “jaloux.” Il se réjouit, par ailleurs, que les partis de l’opposition parlementaire sont parvenus, mardi, à se concerter quant à l’éventuelle marche à suivre au cas où le gouvernement se serait obstiné à faire passer le Finance Bill en première, deuxième et troisième lectures, le même jour, et si le Deputy Speaker controversé avait présidé les travaux.
“Blesser les Rodriguais dans leur dignité”
Mais Paul Bérenger insiste: “Au MMM, quand la situation l’exige, nous sommes prêts à accorder notre violon avec ceux des autres partis de l’opposition parlementaire mais pour nous une telle concertation ne s’arrête qu’au niveau des travaux parlementaires.” Il enchaîne non sans dire haut et fort sa désapprobation du choix de Rodrigues comme sujet de la PNQ du leader de l’opposition, Xavier Duval, vendredi. Le leader du MMM explique que c’est “par respect pour l’autonomie de Rodrigues” que, quand lui était le chef de l’opposition, il s’est toujours abstenu de poser des PNQ “à tort et à travers” sur des sujets concernant Rodrigues.
“J’ai le sentiment que Xavier Duval et son PMSD ne réalisent absolument pas ce qu’a été l’accession de Rogrigues à l’autonomie. Il a comme une difficulté à apprécier cela, mais sa PNQ constitue aussi un manque de respect envers les Rodriguais. Cela ne peut que blesser dans leur dignité nos frères et soeurs de Rodrigues”, dit Paul Bérenger. Il estime qu’il peut arriver qu’un leader de l’opposition se sente un jour ultimement contraint d’adresser une PNQ sur un sujet de première importance concernant Rodrigues.
Le leader du MMM trouve, néanmoins, que dans le cas présent, non seulement Xavier Duval a fait preuve d’un manque d’égard envers l’Assemblée régionale de Rodrigues, mais sa PNQ de vendredi équivalait à une motion de blâme envers Le Minority Leader du Rodrigues Regional Assembly (RRA), Nicolas Von Mally. Paul Bérenger convient que c’est au niveau de l’Assemblée régionale de Rodrigues que les sujets abordés par le leader de l’opposition, vendredi, dans sa PNQ aurait dû, s’il y avait lieu, être abordés, Nicolas Von Mally étant mieux habilité à évoquer de tels sujets au niveau du RRA.
Par rapport à l’élection partielle qui doit techniquement,avoir lieu à Belle-Rose / Quatre-Bornes, le leader des mauves assure que c’est “une grande fierté” pour le MMM d’avoir choisi Nita Juddoo pour être sa candidate à ce scrutin. Même si, explique-t-il, les choses démarreront vraiment au moment de la publication du “writ of election”, Paul Bérenger laisse entendre que les militants de la circonscription regroupés autour, notamment, de Vijay Makhan et Robert Hungley ont déjà commencé un travail préliminaire. Il indique que le Comité de campagne sera mis sur pied lundi.
En ce qui concerne la carte nationale d’identité biométrique, Paul Bérenger rappelle que la Cour suprême a déjà décrété anticonstitutionnelles un certain nombre de dispositions de la National Indentity Card (NIC) Act et que c’est dans ce contexte que s’inscrivent les amendements prévus à la loi. Il reconnaît, toutefois, un certain manque de sauvegardes dans ce qui est proposé. C’est ainsi que le leader du MMM annonce que le député de son parti, Reza Uteem, qui interviendra, mercredi, sur le Finance Bill abordera les aspects controversables des amendements proposés à la NIC Act.
À propos du Métro Express, Paul Bérenger dit attendre “avec impatience” le choix final du soumissionnaire à qui le contrat sera alloué. Choix, cette fois, reporté à la fin du mois courant. Il rappelle l’engagement pris par le ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha à l’effet que dès le contrat alloué, le rapport réactualisé de faisabilité réalisé par Singapore Corporate Enterprise sera rendu public. Le leader du MMM critique, de nouveau, la “mauvaise gestion” de ce dossier et trouve que ce projet, tel que présenté par le présent gouvernement, “passe mal dans le public.”
Licenciés de MDFP: “Appel pour une solution”
Paul Bérenger indique, néanmoins, avoir fait comprendre à Jayen Chellum de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) et à son Platforme Anti Métro (PAM) qu’il ne convenait pas de suggérer le recours à un référendum de décider de l’utilité ou pas d’un tel mode alternatif de transport. Il explique que tout en donnant l’air d’être un parfait recours démocratique, le référendum, qui est une arme à double tranchant, a souvent servi de prétexte à des dictateurs pour imposer des mesures anti démocratiques.
Dans le cas mauricien, le leader du MMM indique que l’organisation d’un référendum n’est prévu que pour décider d’un éventuel renvoi des élections générales. Là encore, après qu’une telle décision a été approuvée par l’Assemblée nationale à une majorité de trois-quarts. Paul Bérenger rappelle que cette seule exception à l’organisisation d’un référendum avait été incluse dans nos textes de loi par le MMM au pouvoir en 1982 après le renvoi des élections générales et l’abolition des élections partielles par le gouvernement de coalition coûte que coûte PTr/PMSD.
Le leader des mauves dit, par ailleurs, comprendre “l’indignation” du syndicaliste Jack Bizlall “qui n’agit pas à la légère” par rapport à la situation des licenciés de Mauritius Duty-Free Paradise (MDFP). Paul Bérenger, qui rappelle qu’une grève de la faim a été annoncée pour le 19 juillet, lance un “appel spécial” au ministre du Travail pour qu’une solution soit trouvée. Se référant au ton de la réponse du ministre au député MMM Veda Baloomoody à l’Assemblée nationale, le leader du MMM dit avoir décelé “la bonne volonté” du ministre de trouver une solution.
Citant une information de presse parue hier matin, Paul Bérenger considère “choquante” la présence, semble-t-il, de squatters sur l’île de Saint-Brandon où ces derniers s’adonneraient à de la pêche illégale à la senne. Il juge encore plus “choquant” que rien n’aurait été entrepris pour mettre de l’ordre dans toute cette affaire en dépit du fait que l’opérateur privé Raphaël Fishing, présent sur l’île depuis des années, a plus d’une fois averti les ministres directement concernés.
Paul Bérenger regrette, dans un autre ordre d’idées, les conditions dans lesquelles le Prix Nobel de la Paix  Liu Xiaobo est décédé en Chine cette semaine. Le leader du MMM s’associe à la demande du Commissaire aux Droits humains des Nations unies, le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, pour demander que la veuve du Prix Nobel mort en détention et poétesse Liu Xia, en résidence surveillée, retrouve la liberté.
Paul Bérenger explique, par ailleurs, les allégations non fondées du député MMM Aadil Ammer Meea à l’encontre de l’épouse du Deputy Chief Whip, Ravi Rutnah, pour les traitements médicaux qu’elle a subis à l’étranger par “le devoir de vigilance.” “Il y a eu tellement de cas de cover-up”, dit-il. Le leader du MMM souligne, en sus, qu’en dépit des informations “abondantes” parues à ce propos dans la presse, le gouvernement n’avait pas jugé utile d’apporter jusqu’ici un démenti formel. “Je n’ai surtout pas de temps à perdre pour répondre à Sinatambou”, lance Paul Bérenger en guise de réaction aux critiques du porte-parole attitré du gouvernement.