PORT PÉTROLIER ET AQUACULTURE : La contestation sur terre et sur mer

Malgré l’interdiction, le collectif Say No to Petroleum Hub est allé de l’avant avec son rassemblement le samedi 1er juillet à Albion. Quelques centaines de personnes se sont donné rendez-vous au club Nautilus pour dire non au projet de port pétrolier mais aussi au projet d’aquaculture qui guette désormais la côte ouest. Plusieurs intervenants ont pris la parole et ce en présence de quelques politiciens. Par ailleurs, une dizaine de kayakistes ont pagayé depuis la plage publique d’Albion au site prévu pour le projet de port pétrolier à Pointe aux Caves.
Le slogan “Sanala noooon” a été repris en chœur par les orateurs et le public lors du rassemblement initié par la plateforme Say No to Petroleum Hub et qui s’est finalement tenu au Nautilus samedi. En effet, suite au refus des autorités de permettre la tenue de ce rassemblement sur le site où le projet est prévu à Pointe aux Caves, les manifestants s’étaient donné rendez-vous au Nautilus, situé non loin de la plage publique d’Albion.
Parlementaires présents.
La présence de plusieurs personnages du paysage politique n’est pas passée inaperçue. Parmi eux, Franco Quirin, Adrien Duval, Patrice Armance, Alan Ganoo, Guito Lepoigneur et Thierry Henry. “Nous sommes satisfaits de l’affluence de samedi dernier, nous avons eu entre 800 et 1 000 personnes aux heures de pointe. Il y avait une bonne ambiance, les messages ont pu être passés et les parlementaires étaient un support très important pour nous”, confie Jean-José Bax, porte-parole du collectif Say No to Petroleum Hub.
Plusieurs orateurs ont avancé divers arguments contre la nécessité d’aller de l’avant avec ces deux projets qui, disent-ils, mettent en péril la nature. “L’argent n’a aucune valeur auprès de la nature. Un seul incident suffira pour bouleverser toute la côte ouest. Un jour, nos enfants devront plier bagage et s’en aller quand il y aura une marée noire à Albion et Pointe aux Sables”, a vociféré Vincent Ravat, membre du collectif Say No to Petroleum Hub.
Les kayakistes disent non au port pétrolier.
Jean-José Bax s’est lui aussi longuement exprimé sur les effets négatifs qu’amènera le projet de port pétrolier. “Après une centrale à charbon, ils ont voulu faire une raffinerie et maintenant un port pétrolier, il y en a même un qui a dit que c’est comme une station d’essence, c’est inqualifiable. Une simple station d’essence qui peut ruiner notre vie. Je vous donne la garantie que si on fait un port pétrolier, notre mer sera tellement polluée qu’on ne pourra plus se baigner dedans. Qui peut garantir qu’un accident n’arrivera pas ? Le Titanic était conçu pour ne jamais couler et il a coulé. Le bateau Érica a coulé avec 50 000 tonnes de pétrole à son bord, et ça a touché 400 km de côte. Imaginez la totalité des côtes touchées à Maurice, le tourisme meurt, les hôtels ferment, l’économie s’écroule. Et c’est ça la vision de ceux qui nous dirigent. Sanala Nooooon.”
De même, puisque Pointe aux Caves est un site exceptionnel pour certains sports d’extérieur, plusieurs sportifs ont tenu à marquer le coup lors du rassemblement. À l’initiative de Patrick Haberland, une dizaine de kayakistes ont parcouru la distance entre la plage publique d’Albion et les abords du phare à Pointe aux Sables pour contrer le projet de port pétrolier. Sur place, ils se sont groupés et ont sorti des pavillons en signe de protestation. Des vététistes s’étaient également déplacés pour faire une petite balade de même que des mordus d’escalade qui pratiquaient leur sport près du phare.

Interdiction
“Les autorités ont avancé des raisons farfelues”

Concernant la réponse négative des autorités quant à la tenue de ce rassemblement à Pointe aux Caves, Sébastien Bax pointe du doigt les “raisons farfelues” avancées. “Quand on leur a signifié que le rassemblement était prévu tel un Bring and Share, ils nous ont dit qu’il nous fallait avoir un permis du ministère de la Santé. Ils nous ont également demandé un permis de la société des droits d’auteurs alors que Désiré François et Bruno Raya allaient interpréter leurs propres chansons lors du rassemblement. Ce sont des raisons extrêmement farfelues. Par ailleurs, nous n’avons pas eu la permission de la police ni du District Council pour la tenue du rassemblement à Pointe aux Caves”, fustige Jean-José Bax, porte-parole de la plate-forme Say No To Petroleum Hub.

Non aux Fish Farms
Outre pour dire non au pétrole, ce rassemblement se voulait l’occasion de monter au créneau pour dire non aux projets d’aquaculture, notamment celui de Growfish International Mauritius Ltd. “Nous ne sommes pas contre le développement mais nous sommes contre le développement sauvage. Lor later bio, lor lamer simik ? Nou pa pou dakor. Ces projets-là vont détruire des sites tels que le Rempart Serpent qui est un magnifique site de plongée et le bassin vert, lieu où on voit quotidiennement des dauphins”, affirme Karl Lamarque, président de l’association des pêcheurs professionnels et de plaisance, qui se joint à la lutte. Sasha Lagesse, porte-parole du collectif No to Fish Farming in Mauritius, a lui évoqué l’exemple de La Réunion où le Fish Farming a attiré des requins qui se sont sédentarisés même après la fermeture de la ferme. “Il y avait eu un projet d’aquaculture dans la Baie de St Paul à La Réunion. Nous avons interviewé des pêcheurs et des plongeurs ; ils nous ont dit qu’il y a eu une augmentation massive du nombre de requins.”

Rassemblement prévu le 22 juillet
La plateforme Say No To Fish Farming organisera un rassemblement le samedi 22 juillet sur la plage de Tamarin ou alors à Riverland, dépendant de l’obtention de permission ou non de la part des autorités. Ce rassemblement qui devrait durer toute une journée a pour objectif d’informer un maximum de personnes sur les méfaits du projet d’aquaculture de Growfish International Mauritius Ltd, qui est actuellement en attente de l’obtention d’un permis EIA. Quant à la plate-forme Say no to Petroleum Hub, elle tiendra une conférence de presse ce jeudi à Port-Louis pour annoncer ses prochaines actions.