PORTRAIT - DOUSHAN SEWTOHUL : De la musique à la photo

Doushan Sewtohul a connu ses heures de gloire dans le domaine musical. Mais découragé, l’habitant de Mont Ida s’est lancé dans la photographie et la vidéographie de mariage. Métier qu’il pratique en parallèle avec celui d’enseignant de dessin au Mahatma Gandhi Institute (MGI). Un choix qu’il a fait après la sortie de son premier album en 2008. Un autre album, déjà enregistré, dort dans un tiroir.
“Li bet mo investi 100 a 150,000 roupi dan enn albem ki pa pou marse. Preferab pa fer lamizik. Li pa rantab”, affirme Doushan Sewtohul. Celui qui a été élu “Plus belle voix” du concours Rêve de Star, organisé par la MBC en 2007, n’a plus goût à la musique. “Je continue à chanter mais pour mon propre plaisir.”
Ce sentiment de dégoût est directement lié à la sortie de son premier album en 2008, une année seulement après que le chanteur à la voix d’or a été révélé au grand public. Il jouissait alors d’une énorme popularité avec sa chanson Woh Kaun Hai. Mais l’album n’a pas été un succès commercial. “L’album ne s’est pas beaucoup vendu. Je pense que le public qui aime la musique orientale est habitué à l’écouter sur internet ou à la télécharger. Il est difficile de le faire acheter des albums faits par des artistes locaux.”
Depuis cinq ans environ, il ne touche plus à la musique et s’adonne à la photographie et la vidéographie de mariage. “Je me suis lancé à fond dans ce secteur. J’avais déjà une base, acquise lors de mes études en multimédia et en fine arts. J’ai fait énormément de recherches. Cela m’a pris beaucoup de temps, mais j’ai réussi à apprendre les ficelles de ce créneau”, dit-il.

Big fat weddings.
Doushan Sewtohul est spécialisé dans ce qu’on appelle les big fat weddings. “Il s’agit de grands mariages organisés par des étrangers à Maurice, souvent dans les hôtels.” Depuis 2012, il s’est fait sa place au soleil. Une dizaine de personnes travaille avec lui. “Pour certains de ces mariages, nous devons être présents tous les dix. Ce sont des mariages qui demandent du personnel pour la photographie et la vidéographie.”
Après sa révélation au grand public, Doushan Sewtohul pensait faire carrière dans la musique et a commencé à écrire d’autres morceaux. “J’étais très heureux de remporter ce prix. C’était une consécration : ce prix démontrait que j’avais un certain talent et du potentiel. Je voulais tellement poursuivre dans cette voie qu’avant même la sortie du premier album, j’ai écrit les morceaux que j’envisageais de mettre sur un second album. Je suis même allé en studio pour enregistrer les morceaux en question. Mais lorsque j’ai vu que le premier album ne se vendait pas, j’ai préféré laisser tomber. L’album dort dans un tiroir, tout comme la cinquantaine de chansons que j’ai écrites. Ce sont de belles chansons avec des mélodies dont je suis très fier, mais je sais qu’elles ne me rapporteront rien.”

Fibre artistique.
Doushan Sewtohul avait reçu la proposition de rejoindre la Grande Péninsule pour percer dans la chanson à Bollywood. “Un ami m’avait fait rencontrer Kumar Sanu. Il avait été impressionné par ma voix et ma façon de chanter et m’avait proposé de venir en Inde. Il allait me présenter à des personnes pouvant m’aider à me lancer. C’était un gros risque à prendre. J’avais déjà 28 ans, j’avais des dettes à régler et j’allais devoir démissionner de mon boulot d’enseignant. Je ne pouvais pas prendre ce risque à ce moment-là de ma vie.”
Heureusement pour lui, la fibre artistique qui l’anime ne se limite pas à la chanson. Doushan Sewtohul est également passionné de dessin, de sculpture et de photographie. Il a trouvé le moyen de satisfaire ses envies artistiques en se lançant dans la photographie et la vidéographie de mariage. “C’est en regardant mes photos et ma vidéo de mariage que cette idée a germé. Je n’étais pas vraiment satisfait de ce que je voyais. Je me suis dit que ce sont des moments qui marquent la vie d’une personne et qu’il fallait que les souvenirs tangibles comme les photos et la vidéo soient de bonne qualité.”