La campagne 2015 a été au-delà de toutes les espérances pour l’entraînement Gujadhur et ce n’est certainement pas Ramapatee Gujadhur qui nous dira le contraire. Alors que l’entraîneur de la casaque bleu électrique et écharpe rouge tablait plus sur une saison à 20-25 victoires, c’est avec un bilan très positif de 39 victoires qu’elle entamera la dernière journée de compétition en étant assuré du titre.
C’est toutefois sur la pointe des pieds que Ramapatee Gujadhur a débuté le présent exercice. 2015 se voulait être une année de transition pour cette formation et c’est ainsi qu’elle avait choisi de faire confiance à un local boy, en l’occurrence Jeanot Bardottier, pour défendre ses couleurs. Le Mauricien assista cependant aux trois premiers rendez-vous en simple spectateur, ayant toujours à purger des semaines de suspension pour avoir dépassé la limite des demerit points en 2014. L’attente en valait toutefois la peine pour Ramapatee Gujadhur puisque « Bardo » démarra sa saison sur les chapeaux de roues en s’illustrant par un brillant triplé lors de la 4e journée. Ce dernier, qui avait visiblement des crocs, visita la winner’s enclosure de façon continue pendant huit journées avant de connaître sa première journée blanche.
L’entraînement Gujadhur n’a jamais fait mystère de son envie de briller dans les épreuves à fortes dotations et c’est sans surprise que Ramapatee Gujadhur, qui est réputé pour avoir le nez creux en ce qu’il s’agit de dénicher les talents, n’a pas hésiter à sortir le chéquier pour récupérer quelques bonnes unités tels  Dustan, Ryder Cup et Roman Manner, qui avaient été mis en vente par Paul Foo Kune. C’est donc avec un effectif étoffé qu’il entama le reste de la saison avec comme ambition légitime de jouer le titre face à Gilbert Rousset.
Entre les épreuves classiques et la casaque bleu électrique, cela a toujours été une belle histoire d’amour et 2015 n’est venu qu’accentuer cet état de chose. Des quatres classiques, seule la Coupe d’Or a échappé à cette formation, qui a évolué tel un rouleau compresseur dans les grandes courses. Avoir de bons chevaux facilite certainement la tâche, mais il faut aussi un jockey tout aussi talentueux sur leur dos pour les mener à la victoire, et cela Ramapatee Gujadhur l’a certainement compris. Alors que le jockey titulaire avait porté son choix sur Reim pour la Duchesse, la doublure de l’entraînement, Silver Bluff, fut, elle, confiée à Cédric Ségeon. La suite, on la connaît, le Français saisit sa chance à deux mains pour remporter sa deuxième Duchesse sur le sol mauricien.
La déception fut de courte durée pour Jeanot Bardottier puisqu’il se racheta de fort belle manière avec Bulsara dans le Barbé deux semaines plus tard, lui aussi goûtant à son premier succès classique. Alors que l’on s’attendait que cette doublette récidive dans la Maiden Cup, ce fut l’occasion pour Kevin Ghunowa de briller, lui aussi, dans une épreuve classique en réalisant le pillar to post sur Vettel, qui goûtait enfin au graal après avoir échoué lors des deux précédentes éditions. La manne financière que représentaient ces épreuves à fortes dotations permit ainsi à l’entraîneur de jouir d’une belle avance sur Gilbert Rousset, son plus proche poursuivant au soir du Maiden. Ce dernier, avec le fighting spirit qu’on lui connaît, ne lâcha pas prise et parvint à renverser la vapeur.
Les vieux démons de « Bardo » avaient entre-temps refait surface, le cavalier mauricien se retrouvant à nouveau en fâcheuse posture au niveau des demerit points. Pour palier cela, Ramapatee Gujadhur sortit sa botte secrète, en l’occurrence King Callow. Le flamboyant Australien, dont les montes n’ont pas toujours fait l’unanimité, a cependant fait le boulot pour offrir un deuxième titre à son entraîneur. Si d’aucuns pensaient que la casaque bleu électrique surferait sur cette vague de réussite, il n’en sera rien. En effet, cette formation, comme tant d’autres d’ailleurs, semble souffrir beaucoup du climat actuel des courses hippiques et c’est ainsi que l’entraîneur a fait part de son intention de réduire considérablement son effectif en vue de l’année prochaine. Autant dire que la conservation du titre n’est pas à l’ordre du jour, mais il faudra bel et bien à nouveau compter avec cette fameuse casaque bleu électrique dans les courses majeures en 2016.