Une partie du bazar de Rivière du Rempart

Situé dans le Nord-Est, Rivière du Rempart est non loin des gros villages touristiques de la région, comme Grand Gaube ou encore Roches Noires. Il reste marqué par l’histoire de la plantation de la canne et de la production sucrière, ainsi que le passage du chemin de fer. Cette localité de la circonscription No 7 en garde aujourd’hui beaucoup de vestiges. Le climat est paisible, sur la place de l’immuable bazar, les habitants de cette petite localité se connaissent pour la plupart.

Rivière du Rempart doit son nom à l’embouchure de la rivière homonyme qui traverse la localité. Son climat est plutôt doux, le village baigne sous le soleil et profite aussi des grosses pluies, ce qui en fait une région propice à l’agriculture. D’où les champs de cannes et les vestiges de l’industrie cannière.

Verdoyant

Le village est situé dans le nord-est de Maurice, non loin de la côte. A l’horizon se mélangent le vert des immenses plantations de cannes au bleu de l’océan. Dans sa case située dans la nature, au milieu des bois et entre les champs de cannes, sans électricité, ni accès à l’eau courante, Baldwe Wocwmlall, 70 ans, raconte : “Je vis ici depuis 1975, c’est mon paradis et je ne changerais d’endroit pour rien au monde. Je suis né à Petit Raffray et j’ai commencé à vivre là quand j’ai travaillé comme garde de sécurité pour le domaine sucrier St-Antoine. J’ai déplacé ma case de quelques mètres, il y a cinq ans, à cause du nouveau traçage de la route. Mais je ne souhaitais pas vivre ailleurs”. Avant d’arriver au centre du village, nous remarquons beaucoup de plantations qui surplombent les bordures de route. Des champs de cresson familiaux aux champs de cannes, la nature est omniprésente.

Surekha Rahooh, qui vent des légumes et des fruits au bazar

Bazar au cœur du village

Entre rusticité et modernité, le centre du village est très actif. En arrivant, il faut passer par le Gandhi Square, où se trouve un monument dédié à l’illustre Mahatma Gandhi. Les boutiques sont nombreuses, un parc pour les enfants assez récent est visible dès l’entrée dans l’artère principale. “Je vis ici depuis de nombreuses années. Il est vrai que les changements à Rivière du Rempart sont peu nombreux, mais il y en a. Un centre pour pratiquer différentes activités sportives est là depuis quelque temps déjà. Et à la place de l’ancien marché, un centre commercial est en voie de construction”, explique Ganesh Sona, 68 ans, policier à la retraite.

L’épicentre de Rivière du Rempart reste son bazar, longtemps critiqué et au centre de polémiques. Certains marchands, n’y ayant pas d’emplacement, disposaient leurs étals un peu partout aux abords des routes. Depuis une année bientôt, le bazar a été déplacé, non loin de l’endroit initial, et les marchands sont maintenant satisfaits. Surekha Rahooh, habitante et marchande au bazar depuis cinq ans, est ravie du changement d’endroit.
Toute la vie se concentre autour de ce lieu où l’on peut observer les écoles primaires et secondaires, les temples et toutes les échoppes. “Je tiens mon stand de gâteaux frits depuis quinze ans ici au centre de Rivière du Rempart. Je suis né ici et la vie dans ce village pour moi n’a absolument pas changé, tout reste figé, tout est pareil. Le centre est le lieu principal de vie, tout est concentré vers cet espace”, confie Bijay Rambhul, 49 ans.
Empreint d’histoire

Beaucoup de choses dans ce village ramènent à l’histoire des plantations et à l’industrie sucrière. Cette industrie fut longtemps la principale activité de Rivière du Rempart. L’on y aperçoit le château colonial Beau-Séjour, puis le centre d’équitation, qui autrefois était une écurie destinée au travail des champs. Devant se trouvent encore les vestiges de quelques cases où vivaient les travailleurs des champs. Certaines se trouvent au milieu d’une verdure immense, laissées à l’abandon depuis seulement quelques décennies pour certaines.

Les vestiges d’une maison des travailleurs des champs

Un pilier où était installé un écran de télévision commun, pour que tous puissent y avoir accès, est encore visible. En parcourant un petit sentier entre les cannes, l’on découvre les restes du chemin de fer du Nord. Il y avait l’ancienne gare qui reliait en 1860 Mapou, Poudre d’Or Hamlet, Cottage et Rivière du Rempart, pour acheminer la production sucrière. Au pied d’un immense badamier, l’on découvre enfin une source naturelle, qui servait d’alimentation en eau pour le moulin qui a mis fin à son service en 1860, lorsque la fabrique a été une des premières à être électrifiée. “Je suis né ici, rien n’a changé depuis ce temps. Tout reste immobile et je trouve qu’il n’y a aucun investissement pour la jeunesse. Le manque d’éclairage nocturne dans certains endroits favorise quelque peu la criminalité. Malgré tout, c’est un endroit tranquille la plupart du temps et j’aime vivre ici”, explique Sunil Pursun, 57 ans, sans emploi.