Le président de la Street Vendors Association (SVA) Hyder Rahman réclame une rencontre avec le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, avant ce mardi. Cela afin de discuter et fixer un calendrier de travail en marge du redéploiement des marchands ambulants de la rue Decaen et de place de l’Immigration au bâtiment Urban Terminal qui verra le jour à la gare Victoria. Or, selon Hyder Rahman « le ministre qui nous avait promis qu’il allait revenir vers nous au mois de février, n’a donné aucun signe pour un dialogue après la mi-journée d’hier. » En conséquence, l’association envisage une forte mobilisation. Pour leur part, les futurs bénéficiaires n’ont pas manqué de mettre en avant les « conditions difficiles et insalubres dans lesquelles ils travaillent actuellement à la place de l’Immigration à Trou-Fanfaron ».

L’idée de recaser les colporteurs dans ce complexe abritant un espace commercial, un centre administratif, la gare routière et un espace parking, entre autres, a été approuvée par le ministre Nando Bodha, l’ancien lord-maire Oumar Kooleegan et l’ancien ministre des Administrations régionales Anwar Husnoo en mai 2016. « Nando Bodha m’avait donné l’assurance qu’en marge des travaux simultanés du Metro Express et ceux de l’Urban Terminal, un plan défini aurait été établi avec nous en février afin d’anticiper et préparer les 1200 étals devant accueillir ces gens qui prennent leur mal en patience depuis deux ans », martèle Hyder Rahman. Il tire la sonnette d’alarme sur le sort de certains de ces marchands ambulants : « Plus de 30 % d’entre eux sont soit devenus maçons ou sont au chômage. » Et il ajoute que les marchards ne sont plus dans la possibilité d’accepter encore un delai et que « la balle est désormais dans le camp du gouvernement ».

Si certains continuent à opérer discrètement, accoudés aux barrières en métal, à chaque coin de rues, la quasi-totalité des marchands ambulants ont obtempéré et ils vendent temporairement leurs produits à la place de l’Immigration à Trou-Fanfaron. En revanche, tour à tour, ces derniers montent au créneau concernant « l’insécurité et l’insalubrité qui règnent dans cet emplacement situé près d’un site où se fait la distribution de méthadone ». Le plus révoltant, selon eux ? « Se retrouver nez à nez, le matin, avec des toxicomanes qui dorment carrément sur nos étals. » La présence de rats due à la réserve d’insectes attirés par les immondices d’un égout ou des problèmes d’infiltrations d’eaux en cette période de pluies à cause des feuilles de tôle trouées, utilisées comme abris, font également l’objet de « dégoûts » de leur part. Les répercussions financières se font aussi ressentir. En cause, selon interlocuteurs, « le faible nombre de personnes venant faire leurs achats dans ce lieu retiré et nauséabond ».

Nombreux sont ceux qui, exaspérés par la tournure des évènements, ont quitté les lieux avec leurs femmes pour travailler comme éboueurs ou maçons. C’est à leurs yeux « une humiliation».