Vingt-six étudiants ont participé hier à une simulation du sommet des chefs d’États et de gouvernements de l’Union africaine (UA) et de l’Union européenne (UE). Une première à Maurice. L’ouverture s’est faite hier à l’auditorium Octave Wiehe en présence de l’ambassadrice de l’UE à Maurice, Marjaana Sall, du haut commissaire britannique Keith Allan, de l’ambassadeur de France Emmanuel Cohet, de la ministre de l’Education Leela Devi Dookhun, du ministre des Affaires étrangères Vishnu Lutchmeenaraidoo, et du chancelier de l’Université de Maurice Jean Claude Autrey.
La délégation de l’UE à Maurice, en collaboration avec l’Université de Maurice, a organisé hier une simulation du sommet des chefs d’États et de gouvernements de l’UA et de l’UE, et ce à l’intention d’étudiants des facultés Law and Management et Social Sciences and Humanities. Le vrai sommet de l’UE et de l’UA, qui en est à sa 5e édition, se tiendra le 29 et 30 novembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Les chefs d’États et de gouvernements débattront sur le thème “Attirer des investissements responsables et durables”. C’est sur le même sujet que les étudiants ont débattu hier.
Selon la délégation de l’UE à Maurice, un tel événement a pour but de « donner l’occasion aux étudiants de l’UoM d’en savoir plus sur le partenariat UE-Afrique et réfléchir sur une thématique importante commune à la jeunesse des deux continents ». Lors de la cérémonie d’ouverture hier, le ministre des Affaires étrangères, un brin plaisantin, a commenté ainsi la présence du haut-commissaire britannique aux côtés, entre autres, de l’ambassadrice de l’UE à Maurice : « People talk about Brexit outside. Do you see Brexit here ? They are sitting shoulder to shoulder ! » Pour Vishnu Lutchmeenaraidoo, la question est de savoir s’il faut « simuler sur la base de la continuité ou si l’on doit prendre conscience qu’on est à un tournant », concluant que « peut-être serait-il mieux de simuler le futur ».
Selon le ministre, il est temps, en tant que nation, de « savoir ce qu’on veut » car « nous ne pouvons croiser les bras et attendre que les choses aillent mieux ». Le prochain sommet, ajoute-t-il, devra être sans pareil, du fait que le thème n’a pas simplement trait à l’investissement. « Trouver des financements, c’est de l’investissement classique. Un nouveau mot importe aujourd’hui, la durabilité, donc l’investissement durable. Nous devons revoir notre perception de la croissance. »
La ministre de l’Education, Leela Devi Dookhun, a rappelé aux étudiants deux dates importantes, soit 1993, année de la création de l’UE aux Pays-Bas, et 2002, année où a été établi l’UA en Afrique du Sud. Selon elle, il nous faut « prendre en considération la question de paix et de sécurité quand on pense au développement durable ». Leela Devi Dookhun a souligné que d’ici 2050, l’Afrique comprendra le plus grand nombre d’employés, avec un chiffre estimé à un milliard de jeunes. « Se focaliser sur cette jeunesse est le meilleur moyen de créer le développement. » Cet exercice de simulation, dit-elle, demande non seulement de penser de manière innovatrice, mais aussi une « powerful collaboration ».
L’ambassadrice de l’Union européenne auprès de Maurice a affirmé que cet événement est l’occasion d’embarquer des jeunes sur un thème aussi important que l’investissement durable. « Et l’UA et l’UE ont des intérêts communs : celui de créer de l’emploi et d’amener la croissance en vue d’apporter des bénéfices pour la future génération. La population africaine doublera d’ici 2050. Vous avez donc aujourd’hui un important défi et des solutions à identifier en vue d’attirer des investissements durables. »
Pour sa part, le haut commissaire de Grande-Bretagne a déclaré que son pays « continuera à participer activement aux sommets africains malgré son départ de l’UE ». Quant à Emmanuel Cohet, ambassadeur de France à Maurice, il s’est dit d’avis que ce sommet devrait pouvoir définir les principales stratégies de coopération entre l’UA et l’UE, avant de rappeler le lien historique entre l’Afrique et l’Europe. Le chancelier de l’Université de Maurice s’est, de son côté, réjouit du fait que les étudiants aient oeuvré à identifier des solutions intercontinentales de même que les principaux défis auxquels les jeunes sont confrontés.