Enseignements et leçons

L’Eid ul-Fitr 2024 restera longtemps dans les mémoires et les cœurs. Autant pour ceux qui l’on fêtée mercredi ailleurs dans le monde, en Arabie saoudite ou à Madagascar, ou jeudi, comme à Maurice, en Inde et à La Réunion, cette année les festivités ont eu un affreux goût amer. Dans les cœurs autant de musulmans que de toutes les autres communautés, une pensée spéciale et forte était dédiée aux Palestiniens. Opprimés et prisonniers depuis ce fatidique 7 octobre 2023 et que les agents des Israel Defense Forces s’acharnent inlassablement sur hommes, femmes, enfants et vieilles personnes, voire même des blessés et des patients dans des hôpitaux ! Une violence inédite et inouïe, retransmise dans toute sa dureté, par divers médias. Une traque bestiale trahissant une folie humaine inédite. Un génocide au grand jour, sous les yeux ahuris et impuissants du monde entier.

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L’argument de lutte contre le terrorisme, brandi au début du conflit, tient-il la route devant les bombardements des hôpitaux et des civils ? Pire, quelles explications pour l’attaque des membres du World Central Kitchen, qui ont été mortellement touchés ? Du coup, de par le globe, nul ne peut rester indifférent aux images cruelles et crues qui défilent. À l’image du peuple israélien, lui-même, partagé, et qui soutient de moins en moins les exactions menées par Benyamin Netanyahou en guise de riposte déguisée aux attaques terroristes du Hamas.

Partout dans le monde, les manifestations, prises de positions et actions comme les boycotts de tout ce qui a trait à Israël – produits importés, fabriqués, lien économiques, contrats… – tantôt par anonymes, tantôt par des instances mondiales, se succèdent. La Cour internationale de justice, sollicitée par l’Afrique du Sud, et les Nations unies amplifient leurs avertissements, réclamant un cessez-le-feu permanent.

Pour cette Eid ul-Fitr 2024, la leçon est venue de ces mères courage éplorées et désespérées, puisant dans l’adversité leur force pour faire face aux affres innommables que subissent leurs familles meurtries et déchiquetées, leurs enfants blessés et affamés, courant après les camions venus livrer nourriture, eau et autres aliments, et ces grands-parents, seniors aux regards hagards, perdus et résignés, qui en ont vu des atrocités dans leur jeunesse, mais qui ne s’imaginaient pas qu’ils en verraient des pires à leur âge !

Autant dans les cœurs de ceux qui ne sont pas à Gaza, l’Eid ul-Fitr était synonyme de joies, de partage, d’amitié avec les siens, les amis et les voisins, et de ferveur spirituelle, autant ces mêmes cœurs ont ressenti tout le poids de la douleur indicible des opprimés de la Palestine. Une leçon de vie, d’humilité, de conviction profonde qui ne peut que transformer les uns et les autres, quelles que soient nos religions. Et qui rejoint pleinement le message empli d’empathie et de profondeur de Mgr Jean Michaël Durhône.

Empreint de cette émouvante simplicité, l’évêque de Port-Louis, dans son message pour l’Eid ul-Fitr, a encouragé les échanges et dialogues interculturels dans un souci de renforcer nos liens humains de fraternité. Un appel vibrant, favorisant une ouverture d’esprit et du coeur, en vue de bâtir une fondation solide pour nos générations à venir. Un pas en avant pour protéger nos enfants et nos jeunes si directement menacés par les fléaux sociaux comme ces drogues qui font des ravages incommensurables, et détruisent nos familles.

Aujourd’hui, samedi 13, le parti politique Lalit, de pair avec le collectif Somalp (Solidarite Morisyen ek Lepep Palestinn) organise une nouvelle marche pacifique pour dénoncer les horreurs de ce conflit au Moyen-Orient qui est entré dans son septième mois et fait, selon les chiffres officiels, plus de 33 207 victimes, dont 14 500 enfants ! Des Mauriciens de toutes les religions confondues sont attendus en signe de solidarité, autour de cette cause humaine.

Parallèlement, en ce qui concerne l’élément qui occulte tout dans l’actualité, ces derniers jours, soit l’instabilité au sein de l’opposition parlementaire, le mystère plane toujours. Rumeurs et fake news s’enchaînent… Donnant déjà un avant-goût de ce que la campagne électorale nous réserve, et créant un terrain et un climat propices aux pires dérapages. Souhaitons que le bon sens aura le dessus et sachons retenir des leçons de notre passé commun…

 

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