Accueil Actualités Les lois inspirent les élèves du Lycée La Bourdonnais : Leurs mots contre les maux

Les lois inspirent les élèves du Lycée La Bourdonnais : Leurs mots contre les maux

0
Les lois inspirent les élèves du Lycée La Bourdonnais : Leurs mots contre les maux
De gauche à droite : Chloé Tissier, Coralie Louise,  Alizée Bonnefin, Naomi Randabel, Lylane Combaluzier, Laëtitia Noges, Inès Da costa, Sheha Locono Pahono, Anjalee Husraj, Clara Bejaer, Shreya Banymandhub, Mme Sévétian/en bas Bethanie Bissessur, Céline Dove, Mathis Gobin et Angelle Manneback.

Ils étaient 18 élèves de première du Lycée La Bourdonnais, de la nouvelle spécialité Littérature & Philosophie, à avoir travaillé et présenté publiquement un projet de classe intitulé Les mots contre les maux en décembre. Lors de cet exercice basé sur le pouvoir de la parole, ces jeunes avaient pour tâche d’élaborer un discours autour d’une ou des lois mauriciennes ou françaises. L’occasion pour cette jeune génération de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Les présentations ont eu lieu à l’IFM.

Littérature & Philosophie fait partie d’une nouvelle spécialité proposée aux élèves de première du Lycée La Bourdonais. C’est dans le cadre du cours, dont le thème du 1er trimestre porte sur les pouvoirs de la parole, que la professeure de lettres et littérature, Domitille Sévétian, a eu comme idée de mettre en place le projet Des maux contre les maux. Ce, « Afin de montrer que la littérature ce n’est pas quelque chose de poussiéreuse même si c’est vrai que la période que nous devons survoler passe par l’antiquité au classicisme. »

Pour expliquer ce projet de classe, elle a invité ses 18 élèves à prendre pour exemples les grands discours, qui ont influencé la société ou qui ont changé le cours des choses. Ceci pour leur permettre de prendre conscience de la force de ces discours, et qu’ensuite cette classe de première puisse se mettre dans une situation concrète. Ainsi à travers Les mots contre les maux, ces jeunes, âgés d’environ 16 ans, devaient au final répondre à la question suivante : « Vous, dans votre société, si vous prenez la parole, quel sera l’impact ? » Domitille Sévétian précise : « Je voulais vraiment que ce soit la voix des jeunes, leurs choix à eux, leurs convictions, et que qu’ils se servent de ce projet pour dire ce qu’ils avaient vraiment à dire. »

Un thème proposé était des lois mauriciennes ou françaises. L’objectif étant de les initier au système judicaire mauricien, de les familiariser avec les métiers du droit, de les amener à analyser les lois et à développer leur esprit critique. Le tout devait ensuite être présenté dans un discours. En résumé, indique Domitille Sévétian, « Il y avait des éléments importants que cet exercice allait leur enseigner : la citoyenneté, l’orientation, la réflexion et la performance ».

C’est en octobre 2020 que cette classe. Une rencontre a eu lieu avec un avocat pour avoir une meilleure compréhension du système judiciaire. Il s’agissait aussi de savoir entamer des recherches et de comprendre le pouvoir de la parole dans le milieu du droit. Après quoi, les 18 élèves du cours de Domitille Sévétian ont chacun sélectionné une loi en prenant soin d’analyser la validité et l’application d’un point de vue pragmatique, éthique avant de mettre au point leurs arguments en vue de ce discours.

Une expérience enrichissante confie Naomi Randabel, lycéenne ayant participé au projet Les mots contre les maux. « C’était une belle expérience de groupe. Au sein de la classe, nous sommes vraiment soudés, comme une famille. Chaque semaine, nous peaufinions notre discours et nous nous donnions des conseils pour nous améliorer. Je rappelle que ce projet avait deux aspects, en effet le fond avec la dénonciation d’une loi qu’on trouve injuste mais aussi la forme avec l’apprentissage de la rhétorique et de l’éloquence. C’était incroyable de pouvoir dire devant un vrai public ce que l’on pense et surtout d’avoir le sentiment d’être entendu« .

Dès que sa professeure avait parlé du projet, l’élève de première au Lycée La Bourdonnais a tout de suite pensé à cette section de notre Constitution qui divise les Mauriciens. Elle voulait crier haut et fort que « Nous sommes Mauricien, et pas hindous, musulmans, chinois et « population générale », un terme que je déteste. Pour moi, il m’a semblée important de faire grandir ce sentiment d’appartenance et de parler d’une appartenance commune à notre nation ».

Ainsi lors de son discours, ou plus précisément son morceau de séga composé pour ce projet, Naomi Randabel est venu dire : « C’est absurde de regarder uniquement la communauté du politicien et de s’arrêter là. Alors qu’on devrait évaluer ses idées, ses valeurs et surtout comment il se conduit. Reprezant selma seki kouma mwa, cette phrase de ma chanson est pour dire moi importante, elle veut tout dire. Cessons de séparer toi et moi et célébrons-nous”.

Lors de la performance finale qui s’est tenue publiquement à l’Institut Français de Maurice en décembre, tous les élèves ont ainsi pu prendre la parole pendant 3 minutes. Une concrétisation qui n’a pas manqué d’impressionner l’assistance et surtout la professeure Domitille Sévétian : « Ce que j’ai apprécié c’est qu’ils ont vraiment des valeurs anti-communautarisme c’est à dire que Nou tou Morisien. J’ai trouvé ca très intéressant parce que pour nous, au Lycée La Bourdonnais, nous prônons les valeurs du vivre ensemble ».

Légende : De gauche à droite : Chloé Tissier,  Coralie Louise, Alizée Bonnefin, Naomi Randabel, Lylane Combaluzier, Laëtitia  Nogues, Inès Da costa, Sneha Locono Pahono, Anjalee Husraj, Clara Bejaer, Shreya Banymandhub, Mme Sévétian/ en bas Bethanie Bissessur,  Céline Dove,  Mathis Gobin et Angelle Manneback.