Un nouveau système d’irrigation à l’intention de 60 planteurs d’oignons a été lancé le 23 mai, à Graviers, Rodrigues en présence du Dr Charles Mbuli Boliko, représentant de la Food and Agriculture Organisation (FAO) pour la région. Étaient également présents Louis Ange Perrine, commissaire de l’Agriculture, de la Pêche, des Forets et de la Quarantaine animale et végétale, des officiers de la commission et des planteurs d’oignons de cette localité.
Ce système d’irrigation a pour objectif de pallier au manque d’eau dans la région de Graviers, ce qui permettra aux planteurs de mieux gérer leurs plantations et leur emploi du temps. À l’occasion de sa première visite à Rodrigues, le Dr Boliko a participé à des séances de travail avec les membres du conseil exécutif de l’Assemblée Régionale de Rodrigues. « Je considère Rodrigues comme un élément très important, car l’île possède énormément de potentiel pour l’agriculture, l’élevage et la pêche. Cela saute aux yeux. Il s’agit après de voir comment la FAO, en tant qu’institution spécialisée, peut apporter des moyens et des connaissances techniques dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture de façon prioritaire », a-t-il dit.
« Le commissaire de l’Agriculture avec qui j’ai eu des discussions a beaucoup d’ambition pour Rodrigues. Pas seulement en matière de production mais aussi s’agissant de la durabilité de la production. Nous avons aussi parlé de la santé humaine et animale, ainsi que celle de l’environnement, car il possède la notion de pérennité dans plusieurs secteurs. De ce fait, nous avons plusieurs avenues de coopération », a indiqué le représentant de la FAO.
Il souligne qu’il est important de considérer la gestion durable des ressources naturelles telles que l’eau et la terre, entre autres, car sans ces facteurs, « l’agriculture ne marche pas ». « Il faut définir ce que nous produisons. Il faut une productivité dans un environnement sain pour un rendement sain. Car notre génération future doit pouvoir vivre dans un environnement décent et correct. Notre agriculture doit donc être sensible à la nutrition. On produit pour bien manger et être en bonne santé. Il faut avoir la variété, la qualité et la quantité nécessaires pour bien manger. Il faut produire de manière durable et inclusive. Notre politique est celle-là. Celle d’une agriculture intelligente face au climat. Tout cela, dans une vision de la protection de l’écosystème et de la biodiversité. Sans cela, nous n’avons pas d’avenir, car nous ne pouvons pas continuer à produire comme nous l’avons fait dans le passé en misant sur la quantité. Il s’agit aujourd’hui de produire intelligemment en optimisant nos ressources. Notre survie en dépend, sinon nous allons vers notre propre destruction », soutient le représentant de la FAO.
Ce dernier est d’avis que le système d’irrigation à Rodrigues contribue à la gestion rationnelle des ressources du pays. « Il faut utiliser l’eau à bon escient en optimisant le peu que l’on a. Il en va de même pour les terres, ainsi que d’autres ressources naturelles. Nous sommes là pour savoir ce que vous faites, comment vous le faites, connaître les problèmes auxquels vous faites face, connaître les propositions du gouvernement afin de régler les problèmes et vous apporter notre aide le plus possible en termes techniques, en partageant les connaissances, en vous permettant de mieux vous prendre en charge », ajoute-t-il.
Le Dr Boliko fait comprendre que : « je vous parle non seulement en tant que représentant de la FAO, mais également en tant qu’Africain, car je suis né au Congo. J’ai vécu de l’agriculture et j’ai cultivé la terre de mes propres mains pour me nourrir. Je sais à quel point c’est dur parce que je l’ai moi-même fait et c’est pourquoi il est important de vous soutenir le plus possible. »
Il a donné l’assurance que la FAO fera tout son possible pour aider Rodrigues, qui doit cependant faire preuve de solidarité et d’entraide. « Partout où j’ai travaillé à travers le monde, j’ai vu comment les gens ont réussi à bâtir leur communauté à travers la solidarité et en travaillant ensemble. C’est cela l’unité. C’est un concept humain. Quand on travaille ensemble il y aura toujours des conflits. Mais il faut savoir pardonner et cultiver l’unité. C’est ensemble que nous allons pouvoir avancer en devenant plus fort », a-t-il dit.
Pour sa part, Louis Ange Perrine a souligné que la FAO accompagne Rodrigues dans son développement depuis des décennies. Il s’est dit heureux que le Dr Boliko ait fait le déplacement de très loin pour venir à Rodrigues, dans le but d’étudier les possibilités d’accompagnement. « Kan nounn koz avek li, bann parol ki nounn dir finn al dan zorey enn dimounn ki konpran nou. Dorenavan, tou bann proze ek fasilite ki FAO pou fer dan rezion osean indien, Rodrig pou integre ladan. Nous avons aussi parlé du gros problème que représente la fièvre aphteuse, et avec le soutien de cette institution, nous allons bientôt recevoir la troisième dose de vaccin et nous espérons que cette maladie bovine sera éradiquée dans l’île une fois pour toutes », a déclaré le commissaire Perrine.
Louis Ange Perrine souhaite que l’aide technique de la FAO soit accordée à Rodrigues pour les années à venir, afin que les projets déjà identifiés puissent voir le jour. Il a estimé que « c’est un très bon début de coopération, un très bon démarrage » dans l’intérêt des planteurs, des éleveurs et des pêcheurs. « FAO dakor avek direksion ki nou pe ale ek zot pou soutenir nou parski nou anvi ki sirkwui ekonomik Rodrig relanse. Nous voulons produire pour notre propre consommation, tout en exportant le surplus de produits », a-t-il fait ressortir.
Le commissaire a déclaré que depuis que l’exportation des animaux vers Maurice a redémarré, plus de Rs 10 millions ont été injectées dans l’économie locale. « Si tou lemwa nou gagn sa exportasion la kouma pe ale la, avek lexportasion bann lezot prodwi, rodrigue pou koumans viv ere. Et grâce à la FAO, Rodrigues pourra obtenir la coopération d’autres instances internationales et cela me réjouit », a-t-il dit.
Il a expliqué que son objectif est d’aider les planteurs, les éleveurs, ainsi que tous ceux engagés dans les secteurs de production. « Public interest is above all interests. Mo penan okenn lezot lintere apar sa. Kan ena problem nou bizin kapav asize koze. Mo demann bann planter Graviers regroup zot dan enn lasosiasion pou zot kapav avanse. Lerla zotmem zot kapav deside kouman zot anvi ki zot bann proze avanse. Enan “fencing” ousi ki pou done pou bann elver me se zot ki bizin deside kouma pou fer sa. Parski Rodrig apartenir a bann rodrigue. Se zot ki bizin met lord ek mo kont lor zot, zot bizin solider antre zot », a-t-il dit. Il souhaite qu’à chaque voyage du bateau, les Rodriguais aient des produits à exporter, peu importe lesquels, bétail, légumes ou autres, générant ainsi des revenus pour chacun.
Pour Jean Daniel Clair, un planteur d’oignons bénéficiaire de ce projet, tout cela était attendu. « Kan komiser Perrine ti vinn guet nou, mo ti pe sarye delo par larozwar pou aroze. Li ti promet nou delo, zordi linn donn nou li. Mo extra kontan pou seki linn fer pou nou. Serye net sa. Mo rekonesan pou seki linn fer. Travay la zoli. Mo remersie li boukou. Aster sa letan ki mo ti pe pran pou sarye larozwar la, mo pou servi sa letan la pou mo fer bann lezot zafer, mo gagn letan plant bann lezot legim. Mo pou resi fer bann lezot aktivite. Mari bon sistem la », dit-il.

