JUDO – Bilan : Priscilla Morand brille sur le continent

Si le judo mauricien a brillé cette année, ce n’est certainement pas pour les exploits réalisés par la Fédération mauricienne de judo, mais par la judokate et expatriée Priscilla Morand. En effet, après 24 ans d’attente, elle est parvenue à décrocher une médaille d’or pour le judo mauricien aux Championnats d’Afrique seniors. La dernière à avoir décroché ce titre fut Marie Michèle St-Louis Durhone. Lors de cette même compétition, Christiane Legentil ainsi que Rémi Feuillet ont également remporté les médailles d’argent et de bronze respectivement.

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La FMJ doit remercier les expatriés qui ont contribué à l’avancement du judo mauricien. Une nouvelle fois cette année, les locaux n’ont pu rivaliser sur la scène continentale, et les espoirs de médaille comme lors de ces dernières années dans cette compétition africaine reposent sur les épaules de Priscilla Morand (-48 kg), qui évolue en Suisse, Rémi Feuillet (France) et Christiane Legentil qui, depuis 2021, se trouvent en France afin de se perfectionner au niveau professionnel. Et les trois judokas ont été à la hauteur des espoirs placés en eux.

Après 24 ans d’attente, Morand a pris le flambeau de St-Louis Durhone (championne d’Afrique en 1998). Si durant les deux dernières éditions la judokate avait terminé avec l’argent et le bronze, elle avait à cœur de prendre sa revanche cette année. À l’exemple de son combat face à la Tunisienne Oumaima Bedioui, qui l’avait éliminée en 2021 lors de la finale. La Mauricienne a fait preuve d’agressivité et elle a arraché cette victoire au golden score. « Il ne me manquait que ce titre à mon palmarès », nous avait alors déclaré la championne d’Afrique. Mais Maurice est montée sur le podium africain à deux reprises encore. Étant en France depuis 2021, la Rodriguaise Chtistiane Legentil a eu une préparation adéquate et a finalement brillé. Cinq ans après avoir décroché sa dernière médaille à cette compétition, Legentil a bouclé le tournoi sur la deuxième marche du podium dans la catégorie des -57 kg. Longtemps blessée aux genoux, elle a su renaître tel le phénix. En masculin, Rémi Feuillet, qui évolue en France, a lui répété sa performance de l’an dernier en s’adjugeant la médaille de bronze chez les -90 kg.

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« Je ne peux qu’être fière de la performance de Priscilla à ces championnats. 24 ans, cela a été une longue attente pour le judo mauricien. Même les prestations de Christiane et de Rémi sont fort louables. Pour 2023, si Priscilla reste sur cette forme et qu’elle s’aligne avec les mêmes dispositions, je n’ai aucun doute qu’elle retiendra son titre. Christiane et Rémi peuvent également monter sur la plus haute marche du podium. Toutefois, nous ne pouvons nous appuyer uniquement sur les expatriés, car à Maurice, il y a du talent et je m’attends à de belles performances pour l’an prochain, avec des compétitions comme les Championnats d’Afrique, les Jeux de la Francophonie et les Jeux des Iles de l’océan Indien. Je suis persuadée que le judo mauricien rivalisera avec les meilleures nations en 2023 », nous confie la championne d’Afrique 1998 Marie Michèle St-Louis Durhone.

Aux Jeux du Commonwealth à Birmingham en Angleterre, trois judokas notamment Legentil, Feuillet ainsi que le Rodriguais Sébastien Perrine ont fait le boulot. En effet, ils ont remporté trois médailles notamment le bronze pour Legentil et Perrine, alors que Feuillet a lui chuté en finale. Une performance fort louable pour le judo mauricien.

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Marge de progression

Lors des championnats d’Afrique 2023, la championne d’Afrique tentera certainement de rééditer cet exploit, alors que Christiane Legentil et Rémi Feuillet, essayerons de changer la couleur de leur médaille. Par contre, cette année, la déception est venue du côté de Winsley Gangaya (-60kg). Si l’ancien directeur technique national, le Français Baptiste Leroy, voyait en lui un sacré potentiel, il n’a pu le confirmer. En effet, le projet Horizon Paris 2024 avait accompagné le judoka, notamment en l’envoyant au Pôle Espoirs de Rouen, afin de se perfectionner. Sa non-participation aux Championnats d’Afrique avait soulevé une vague de critiques sur les raisons de son absence, et depuis, il est retourné au pays et pourrait être écarté du projet que gère Dominique Filleul, cela par manque de performances. Rappelons tout de même qu’il avait été médaillé de bronze en début d’année lors des championnats juniors d’île de France. Mais ce n’est que partie remise pour le judoka, sachant qu’il a 19 ans et a une marge de progression dans cet art martial.

Cette année, la FMJ a apporté quelques changements au sein de son staff technique. Priscilla Chery a été nommée head coach et a pris ses fonctions en avril dernier. Et comme assistant, elle peut compter sur Laval Collet. En ce qu’il s’agit de l’ancien entraîneur national Anom Petrapermal, il officie désormais avec les U18 aux cotés de Marie Michèle StLouis Durhone, alors que le binôme Dani Bésèque/Marie Michelle Quatre-Bornes s’occupe des minimes.

Cependant, malgré ce changement dans le staff technique, la FMJ n’a jamais pu affiler les 18 clubs qui attendent depuis mars 2019 une reconnaissance de cette fédération, et ont même soumis une pétition au ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs en septembre dernier. Dans cette pétition, ils sont 12 clubs membres enregistrés auprès du Registrar of Associations, mais sont toujours en attente d’un renouvellement de leurs affiliations. Mais la FMJ, qui a pour président Josian Valère, a certainement ses raisons pour ne pas accorder cette affiliation à ces clubs, car il aurait probablement perdu les dernières élections, et n’aurait pas été reconduit jusqu’à 2024. Et cette année encore, plusieurs judokas ayant payé pour avoir leurs licences n’ont pas vu la moindre trace de ce document, ce qui a été vivement critiqué par les parents de ces judokas.

En espérant que la FMJ puisse accéder aux demandes des différents judokas en 2023, les compétitions s’enchaîneront pour les ceintures noires, avec en ligne de mire les compétitions africaines et surtout la course aux points des Jeux Olympiques 2024 à Paris.

 

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