Depuis quelque temps, les pêcheurs professionnels perçoivent le paiement de leur allocation de mauvais temps entre le 2 et le 5 de chaque mois. Ce qui, d’après eux, cause pas mal d’inconvénients. Le Syndicat des Pêcheurs explique cette situation du fait que le système a été chamboulé depuis 2020, suivant le naufrage du MV Wakashio. Une correspondance a été adressée au ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo, l’enjoignant de rétablir le système tel que prescrit dans la Fisheries Act.
La Bad Weather Allowance (BWA) est accordée aux pêcheurs artisanaux pour compenser le fait qu’ils ne peuvent effectuer des sorties en mer les jours de mauvais temps. Celle-ci est de Rs 575 par jour. En moyenne, elle est appliquée une dizaine de jours par mois. Le système fonctionne en collaboration de la station météorologique, qui valide le nombre de jours où la mer est impraticable.
Aux termes de la Fisheries Act, les pêcheurs professionnels doivent faire estampiller leurs cartes entre le 1er et le 8 de chaque mois. S’enclenchent par la suite des procédures de validation par les Fisheries Officers et les Mauritius Meteorological Services. Au final, le paiement se fait le 27 ou le 28 du mois. Ce système est en place depuis de nombreuses années.
Toutefois, indique Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs, depuis 2020, le système a été chamboulé. « En août 2020, nous avons été payés deux fois. Une première fois, à hauteur de Rs 10 200, et une deuxième, à Rs 7 650. Ce qui s’est passé, c’est qu’il y avait eu à cette époque, la marée noire du Wakashio et il fallait verser une allocation aux pêcheurs de la côte Sud-Est qui ne pouvaient travailler.
Cependant, le paiement a été fait à l’avance pour tout le monde. Ce qui fait qu’il y a eu un décalage le mois suivant », dit-il.
La conséquence de cette situation est qu’il faut maintenant estampiller la carte entre le 16 et le 23 du mois. « Comme il ne reste que 7 à 8 jours avant la fin du mois, les officiers n’ont pas le temps de compléter les procédures pour effectuer le paiement à temps. Du coup, l’argent est versé entre le 2 et le 5 du mois. Or, il y a des personnes qui en ont besoin pour leurs dépenses et autres engagements. C’est pour cela que nous lançons un appel au ministre de la Pêche afin qu’il fasse le nécessaire pour que le paiement soit effectué comme auparavant, en conformité avec la Fisheries Act », fait-il comprendre.
Le SDP a envoyé une lettre au ministre pour lui faire part de la situation. Dans la foulée, Judex Rampaul exprime son mécontentement du fait qu’on arrive à la fin de l’année financière et que plusieurs mesures du budget 2022-2023 n’ont pas été mises en œuvre. « Nous avions abordé la question avec le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, lors des consultations budgétaires et nous avons aussi eu deux réunions avec M. Dev Manraj. Cependant, rien n’a changé. Nous attendons toujours que les mesures se concrétisent », s’insurge-t-il.
Dans ce contexte, Judex Rampaul cite la question d’allocation de 1 000 cartes aux pêcheurs et se demande ce qui a été entrepris depuis l’annonce des premières 500 cartes en 2021. « Va-t-on attendre la veille des élections pour remettre ces cartes ? De plus, certains attendent depuis 15 ans. On est en train de jouer avec les sentiments », se demande-t-il, qui s’interroge également au sujet de la distribution de radios aux pêcheurs pour leur sécurité. « On avait aussi prévu de réhabiliter les passes dans neuf endroits afin de faciliter le passage des bateaux. Où en sont les travaux ?» indique-t-il encore.
Par ailleurs, le SDP souhaite que le gouvernement rende publics les accords de pêche avec les pays opérant dans la zone économique exclusive. « À ce jour, nous ne connaissons que celui avec l’Union européenne, qui comprend une section sur l’appui sectoriel, afin de compenser le manque à gagner des pêcheurs artisanaux. Qu’en est-il des autres pays ? Combien de bateaux taïwanais y a-t-il dans nos eaux ? Quelles sont les conditions pour les laisser opérer ici ? Il faut de la transparence », fait-il ressortir.
Le SDP dénonce également la démarche de la Mauritius Ports Authority (MPA), qui a envoyé une lettre aux pêcheurs de la région de Fort-William, leur intimant d’enlever leurs pirogues de la zone. Or, fait ressortir Judex Rampaul, ils ont toujours embarqué et débarqué à cet endroit. La lettre de la MPA invite les pêcheurs à mouiller leurs pirogues au débarcadère mentionné sur leurs cartes. « Cela veut-il dire que les pêcheurs de Bain-des-Dames doivent aller jusqu’à Pointe-aux-Sables pour amarrer leurs bateaux ?», se demande-t-il.

