Transport en commun : Un bus sur cinq de la flotte  de la CNT immobilisé

  • Des pièces détachées achetées par l’ancienne direction à des prix variant de trois à 25 fois plus chers

Un autobus sur cinq de la flotte de la Corporation nationale de transport (CNT) est immobilisé en raison de pannes et de problèmes de pièces détachées, bien que ces autobus respectent la limite d’âge légale les autorisant à circuler. C’est qu’a indiqué le ministre du Transport, Osman Mahomed, à une interpellation parlementaire de la Chief Whip, Stéphanie Anquetil.

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Le directeur général de la NTC, Harvin Soonarane, a dit Osman Mahomed, l’a informé que plusieurs pièces détachées ont été achetées par l’ancienne direction à des prix allant de plus de trois fois, voire jusqu’à 25 fois supérieures pour certaines d’entre elles. « Personne au sein de cette auguste Assemblée, en toute logique, n’aurait pu croire qu’un article ait pu être acquis 25 fois plus cher que son prix normal. Il s’agit, ni plus ni moins, d’un vol manifeste. De fait, la NTC m’a fourni une liste de tels achats abusifs, liste qui n’est pas exhaustive. Je soumets à l’Assemblée une liste de huit articles pour lesquels des pièces justificatives sont disponibles. Je dispose également d’une liste de 29 articles pour lesquels la NTC est encore en train de rassembler les pièces justificatives et il apparaît que certains articles ont été acquis 60 fois au-dessus du prix du marché », s’est insurgé le ministre.

Par ailleurs, des pièces de rechange contrefaites ont également été acquises à des prix exorbitants, équivalents, voire supérieurs, à ceux des pièces authentiques. « Comme me l’a indiqué à plusieurs reprises l’honorable Jugurnauth, notamment concernant l’achat de Crankshafts, exemple que j’ai déjà évoqué devant l’Assemblée. J’ai aujourd’hui en ma possession des documents prouvant que le Crankshaft a été acheté quatre fois son prix de marché (Rs 365 000 au lieu de Rs 89 600) », a poursuivi le ministre.

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Cette situation déplorable de mauvaise gestion et de pratiques corrompues de la part de l’ancienne direction est la principale raison pour laquelle 20 à 25% de la flotte de la NTC sont aujourd’hui immobilisés, entraînant des difficultés considérables pour les usagers en termes de services de bus et des pertes financières importantes pour la NTC, a déclaré Osman Mahomed.

D’après les informations fournies par la NTC, un fournisseur unique de pièces détachées, AV World Spare Parts Ltd, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de Rs 380 millions entre 2020 et 2024. Ce fournisseur était privilégié de l’ancienne direction, et les raisons de cette situation sont donc faciles à deviner, a ajouté l’intervenant.

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« Compte tenu des prix exorbitants pratiqués auprès de ce fournisseur, comme en témoignent les documents que j’ai présentés, la NTC a dû dépenser des centaines de millions de roupies supplémentaires en pièces détachées. Cet argent aurait certainement pu être utilisé plus judicieusement pour acquérir de nombreux nouveaux autobus, au bénéfice tant de la NTC que des usagers. » Il convient de souligner ici que l’ancien directeur général de la NTC, Rama Rao. a été formellement inculpé par la Financial Crimes Commission (FCC) en décembre 2025 pour « abus de fonction » dans le cadre d’un contrat d’acquisition de pneumatiques pour autobus.  « Le dossier a déjà été transmis au Directeur des Poursuites Publiques », a dit le ministre Mahomed.

Et ce dernier de poursuivre : « L’Assemblée ne manquera pas de constater que, malgré la corruption endémique qui gangrenait la NTC et l’enquête ouverte par la FCC contre l’ancien directeur général dès mai 2023, soit bien avant les élections générales de novembre 2024, le précédent gouvernement a maintenu le dénommé Rama Rao à son poste sans aucune sanction. Je m’interroge sur les raisons de cette indulgence et de l’absence de mesures immédiates pour prévenir toute ingérence dans l’enquête. Je me demande même si l’absence de comptes rendus financiers de la NTC pendant près de dix ans avant 2025 n’avait pas pour but de dissimuler délibérément des faits et des chiffres troublants. J’ai appris que la FCC poursuit son enquête sur la fourniture de pièces détachées contrefaites acquises entre janvier 2020 et novembre 2024. »

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