Du lundi 27 au jeudi 30 avril, entre 10h et 13h30, le parking de la Financial Crimes Commission (FCC) à Réduit Triangle, à Moka, se transformera en salle des ventes à ciel ouvert. Voitures, motos, camions, engins de chantier et même embarcations marines seront alignés, prêts à trouver de nouveaux propriétaires. Avant cela, le public pourra inspecter ces biens dimanche. Cet exercice se révèle être une étape cruciale pour les acheteurs potentiels, curieux de jauger l’état de ces actifs au passé souvent opaque. Parmi les pièces les plus intrigantes figure une embarcation de plaisance immatriculée PPC 5756 OL 08, qui pourra être examinée séparément dès demain au Caudan Waterfront, à Port-Louis. Un cadre presque touristique pour un objet qui, lui aussi, a été rattrapé par les procédures judiciaires.
À la carte de ces enchères, 51 voitures et 4×4, 10 motos, cinq bateaux, un JCB entre autres. La vente des voitures aura lieu du 27 au 30 avril. Tandis que les autres engins ne seront adjugés que le 30 avril. Les services de Sanjiv Newaj ont été retenus comme Sworn Auctioneer. Mais cette vente n’a rien d’un marché ordinaire. L’accès y est strictement encadré. Les anciens propriétaires, leurs proches ou toute personne ayant un lien direct ou indirect avec les biens sont exclus de toute participation. Une précaution qui vise à éviter toute tentative de récupération discrète d’actifs saisis.
Même une offre gagnante ne garantit pas l’acquisition car chaque adjudicataire devra passer par un processus de vérification et de Due Diligence avant que la transaction ne soit définitivement validée.
Une autre particularité est que chaque lot est soumis à un prix minimum fixé par un évaluateur. Si les enchères n’atteignent pas ce seuil, le marteau ne tombera pas. La Financial Crimes Commission se réserve ainsi le droit de retirer un bien plutôt que de le céder à perte. Enfin, la liste des biens proposés reste évolutive jusqu’à la veille de la vente — un détail qui entretient une certaine incertitude et pourrait attirer davantage de curieux comme d’investisseurs à l’affût d’opportunités. Au-delà de l’aspect commercial, cette vente publique illustre un mécanisme clé de la lutte contre la criminalité financière. Celui de transformer des biens saisis en ressources réinjectées dans le circuit légal. Une manière, pour les autorités, de boucler la boucle, et pour certains acheteurs, de repartir au volant d’un véhicule chargé d’histoire.

