Ashok Subron a mis en garde contre toute tentative de renvoyer les élections municipales de nouveau tandis que Kugan Parapen a parlé de la nécessité de toutes les formations de l’opposition de se réunir pour constituer « un gouvernement de transition face à un gouvernement de plus en plus autocratique ».
Ashok Subron a longuement abordé la question des élections municipales, samedi, rappelant que le scrutin dans les cinq villes aurait dû être organisé depuis 2021. Or, avance-t-il, le Covid-19 était le prétexte pour les renvoyer. ReA avait exprimé son désaccord au regard de ce renvoi.
Il est revenu sur l’amendement du 25 mai 2021 stipulant qu’on pouvait renvoyer les élections municipales ou villageoises dans l’éventualité d’une pandémie mais la section 10(a) de cette loi prévoyait aussi que « The life of the council shall not be extended for more than 2 years », ce qui signifie que les cinq conseils municipaux seront dissous le 15 juin 2023, c’est-à-dire deux ans après les dernières élections municipales, qui avaient été tenues le 14 juin 2015.
La section 11 de cette loi prévoit la publication du Writ of Election dans un délai de 60 jours à partir de la date de dissolution d’un conseil municipal et fixer la date du scrutin. Selon ReA, il y a donc une obligation légale de tenir les municipales cette année-ci.
« Nous pensons qu’on a déjà abusé de la situation quand on a renvoyé les municipales pour deux ans. Il n’est pas question de renvoyer ces élections encore une fois », s’insurge Ashok Subron, soutenant que cela constituerait une grave atteinte à la démocratie, et un manque de respect envers les citadins.
D’après lui, il y aurait certaines informations selon lesquelles le gouvernement essaierait de renvoyer les municipales en prétextant la nécessité d’une réforme des administrations régionales. « Une réforme des administrations régionales est certes long Overdue. Mais nous ne sommes absolument pas d’accord que le gouvernement se serve de cela comme excuse pour renvoyer ces élections encore une fois », prévient-il en lançant l’idée d’un bloc pour réclamer les municipales. Il a aussi confirmé la participation de ReA dans l’éventualité de la tenue des élections.
« Lourdes conséquences … »
Kugan Parapen est, pour sa part, revenu sur l’idée de ReA d’un regroupement des forces de l’opposition, parlementaires comme extraparlementaires, pour constituer un « gouvernement de transition face à un gouvernement qui devient de plus en plus totalitaire avec des dérives qui mettent notre démocratie en péril ».
Il a évoqué les résultats des élections de 2019 pour démontrer les « défaillances » de notre système électoral, vu qu’il y a eu l’élection d’un gouvernement qu’il qualifie d’« illégitime », qui n’est pas soutenu par une majorité de la population, ayant obtenu moins de 40% des suffrages. Ce gouvernement de transition aura ainsi la responsabilité, entre autres, de créer un système électoral qui ne reproduira pas les « absurdités » de 2019.
Kugan Parapen a fait comprendre que ReA a déjà entamé un premier round de discussions avec les formations politiques, y compris des partis à l’opposé de ReA idéologiquement et politiquement, par souci de pragmatisme. ReA veut une table ronde , qui abordera un programme de transition, avec accent sur la promotion du mauricianisme, où un Mauricien pourra se présenter à une élection rien que sur la base de sa nationalité et rien d’autre, ce qui est l’un des chevaux de bataille de ReA.
Kugan Parapen a toutefois déploré que certains partis n’aient pas voulu entamer le dialogue avec ReA.« Quant aux leaders qui mettent leur ambition personnelle pour devenir Premier ministre avant les intérêts du peuple, est-ce qu’ils sont prêts à endosser devant l’Histoire une nouvelle victoire du MSM aux prochaines élections générales ? », se demande-t-il. IL a ainsi mis en garde que si les partis de l’opposition ne se réunissent pas, cela pourrait conduire aux mêmes résultats qu’en 2019.

