Les deux camps ne s’accordent pas sur la liste des intervenants, tous les députés urbains de l’opposition déterminés à intervenir
L’écheveau politique à démêler : que feront les édiles élus sous la bannière du PMSD une fois l’amendement Husnoo voté
Avec la confirmation officielle depuis vendredi soir du renvoi des élections municipales à juin 2025, les deux camps parlementaires, à travers la Chief Whip, Naveena Ramyad, et le Whip de l’opposition Patrice Armance, peinent à arriver à un consensus en ce qui concerne les débats prévus demain à l’Assemblée nationale sur les amendements à la Local Government Act. Les tractations devraient se poursuivre en vue de trouver un juste équilibre.
À ce matin, le camp de l’opposition avait refusé la proposition du gouvernement d’avoir un nombre d’heures limité pour accommoder tous les membres souhaitant intervenir dans les débats sur le renvoi de deux ans de la joute électorale dans les villes. Cette proposition a été catégoriquement refusée, étant donné que tous les députés de l’opposition issus des circonscriptions urbaines ont exprimé le souhait de prendre part à ces débats.
Dans le camp de la majorité, on soutient que l’on veut à tout prix boucler ces débats dans une période de temps raisonnable, et ainsi se focaliser sur l’autre événement de taille, soit la présentation du budget 2023/24 de Renganaden Padayachy, très probablement le vendredi 2 juin prochain. Cette date circule publiquement dans le périmètre du No 13, la circonscription du Grand Argentier.
Dans la conjoncture, les parlementaires de l’opposition ont prévu de se rencontrer cet après-midi au bureau du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, pour se pencher sur la stratégie à adopter au Parlement aussi bien que sur le terrain politique pour contester cette décision de renvoyer cette joute électorale pour une période de deux ans, soit après la tenue des prochaines législatives.
« Cette décision est une véritable attaque contre la démocratie, car sans élections, il n’y a pas de démocratie ! » a estimé Xavier-Luc Duval sur sa page Facebook durant le week-end. Il poursuit : « C’est une décision illégale et anticonstitutionnelle. Il est important de noter que le Privy Council a décidé cette semaine d’annuler le renvoi des municipales à Trinidad. Depuis 2022, tous les pays démocratiques du monde ont tenu des élections normalement. D’ailleurs, elles ont bien eu lieu à Rodrigues. Aucune explication n’a été mise en avant pour justifier ce nouveau report, et ce, tout simplement car il n’en existe pas ! La population n’est pas dupe; elle prend bonne note. »
Le leader de l’opposition a laissé entendre hier qu’il se remet graduellement de sa grippe et qu’il compte bien être présent demain à l’Assemblée nationale.
Tous les partis de l’opposition, parlementaire et extraparlementaire, ayant pris position contre ce qui est qualifié de « déni de démocratie », des consultations sont à prévoir entre toutes les forces politiques afin de mener des actions de contestation communes contre cette décision du gouvernement MSM et ses alliés.
D’ailleurs, depuis le week-end, des analyses du jugement du Privy Council en ce qui concerne la tenue des élections municipales à Trinidad et Tobago sont faites à plusieurs dans l’éventualité où une contestation de ce nouveau report de l’appel des citadins aux urnes était envisagée après le vote du projet de loi au Parlement.
L’on devrait aussi se pencher, au niveau des leaders politiques, sur des actions communes sur le terrain dans les prochains jours. Ce qui est certain pour l’heure, c’est que les débats s’annoncent chauds au Parlement demain. L’opposition devant selon toute vraisemblance avancer l’argument principal à l’effet que cette décision politique est motivée « par une chute dans les rapports de forces du MSM » dans les cinq villes.
Toutefois, dans des milieux politiques, l’on avance que les partenaires de l’opposition auront à démêler un écheveau politique majeur avec l’entrée en vigueur de l’amendement Husnoo. Que feront les conseillers municipaux, élus sous la bannière du PMSD lors du scrutin de 2015 ?
À ce titre, ils se demandent si les édiles bleus vont adopter la même démarche que les 79 conseillers du MMM, qui avaient démissionné des conseils municipaux à la fin de leur mandat et que le gouvernement avait pris la décision de renvoyer les élections municipales.
Durant le week-end, les animateurs de Linion Pep Morisien, qui préparent une mobilisation contre le renvoi de ces élections municipales, ont écrit au leader du PMSD pour lui demander de pousser les conseillers municipaux de ce parti de soumettre leur démission. Cette correspondance est signée de Rama Valayden.
D’autre part, LNP étudie les différents aspects constitutionnels de la décision du gouvernement avec l’amendement Husnoo en vue de saisir la Cour suprême For Redress dès que le président de la république aura apporté son Assent au texte de loi devant l’Assemblée nationale demain. À la réunion des partis politiques parlementaires et extr-parlementaires de ce soir, les dirigeants du LNP s’apprêtent à accueillir un représentant du parti Travailliste. C’est ce qui était évoqué en début de soirée d’hier.

