Aussi fort que me manquent les êtres chers sur les chaises vides lors des pique-niques, Française, la France me manque. Spécialement le 14 juillet. Le meilleur des massepains ou des puits d’amour ne remplacera jamais un Paris-Brest. Être de double culture est une richesse, une expansion du cœur et des partages et pourtant certains jours, aussi un déchirement. Sans doute, l’océan Indien est une région magique pour l’expansion de cette double culture. Une manière d’embrasser The Best of both worlds, avec des allers-retours (coûteux) entre les îles sœurs, Maurice-Réunion.
Parfois, je rêve, je rêve, je rêve… Je rêve d’une Ile Maurice sans rupture de stock de médicaments pédiatriques, d’une Ile Maurice avec de meilleurs mécanismes de protection des droits de l’Enfant, et dotée d’une loi ambitieuse concernant les adoptions (répondant aux standards internationaux de la Convention de La Haye signée par Maurice)… Je rêve de facilités de pointe pour la prise en charge holistique (pas seulement éducative) des enfants et adolescents porteurs de handicaps ou affectés par un trouble déficitaire de l’attention. Des établissements de type IME (Institut Médico-Educatif) comme à l’Ile de la Réunion et en France métropolitaine… Je rêve d’échanges médicaux avec des spécialistes réunionnais. Je rêve de consultations régulières pour l’ensemble des secteurs qui font défaut gravement et urgemment à Maurice : neuropédiatrie, endocrinologie pédiatrique, optométrie, pédopsychiatrie… Je rêve de centres de diagnostic pluridisciplinaires (ADHD, SAF…). Depuis dix ans, je rêve exactement des mêmes projets. Et davantage que rêver, je participe à l’élaboration de textes de recommandations au sein de la société civile.
Au lieu de déverser colère et ras-le-bol, comme les Français savent si bien le faire, j’ai choisi aujourd’hui de poser des intentions claires et positives. Une manière de cultiver la part de lumière de ma nationalité mauricienne.

