La Financial Crimes Commission (FCC) a lancé une série d’opérations musclées visant des individus soupçonnés d’être au cœur de circuits de blanchiment d’argent alimentés par le trafic de drogue. En l’espace d’une semaine, les enquêteurs spécialisés dans la criminalité financière ont procédé à la saisie de biens estimés à plus de Rs 100 millions. Cette offensive s’inscrit dans une stratégie visant à frapper les réseaux criminels là où cela fait le plus mal, en s’attaquant directement à leurs avoirs et à leur patrimoine financier suspect.
Le 5 mars, une descente de la FCC à Goodlands a conduit à l’interpellation de Harris Bans Greedhur, 42 ans, un entrepreneur domicilié route Madame Azor. Lors de la perquisition à son domicile, les officiers ont découvert plusieurs valises remplies d’argent liquide. Les fonds, estimés à environ Rs 12 millions, comprenaient également des devises étrangères, notamment des euros, des dollars américains, des livres sterling et des rands sud-africains. Deux véhicules, du matériel informatique et divers effets ont également été saisis et transportés au quartier général de la FCC pour analyse.
Les enquêteurs soupçonnent que ces fonds pourraient constituer le produit direct ou indirect d’activités criminelles liées au trafic de stupéfiants, avec des indices laissant penser à un possible mécanisme de recyclage de capitaux illicites. Le suspect a été interrogé under warning afin d’expliquer l’origine de cet important volume de liquidités.
Le même jour, une autre opération a mené à l’arrestation d’Avinash (Poum) Luchoo, 38 ans, également domicilié à Goodlands. Les enquêteurs ont mis la main sur un véritable parc automobile composé de véhicules haut de gamme, dont une Ford Mustang, une Porsche, une Ford Raptor et une Land Rover. Une moto, un quad ainsi que plusieurs bijoux de grande valeur – montres, chaînes et bracelets – ont également été saisis. Et une somme d’argent comprenant des devises étrangères a été découverte lors de la perquisition. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces actifs pourraient être liés à un système de blanchiment visant à intégrer dans l’économie légale des fonds issus d’activités criminelles, notamment le trafic de drogue.
Lors de son interrogatoire, Poum Luchoo a déclaré que ses revenus proviennent de son spa à Pointe-aux-Canonniers et de son business de nourriture sur la plage de Mont-Choisy. Il a aussi indiqué qu’il est un “heavy gambler” et qu’il a de la chance aux jeux comme les courses hippiques. Concernant les montres Rolex saisies, il a dit que ces objets sont des imitations et qu’il les a acquis lors d’un voyage en Thaïlande.
Dans un autre volet de cette offensive contre la criminalité financière, une opération conjointe de la FCC et de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de la division ouest a ciblé la famille Ghurboo, à Résidence Barkly durant la semaine écoulée. L’intervention s’est déroulée sur deux fronts : tandis que l’ADSU se concentrait sur le démantèlement d’un réseau présumé de trafic de stupéfiants, la FCC examinait les flux financiers et les avoirs suspects susceptibles de révéler un dispositif de blanchiment d’argent.
Le bilan de cette descente est révélateur d’un train de vie considéré comme incompatible avec les revenus déclarés. Les autorités ont saisi plusieurs véhicules, dont un tracteur, différentes voitures, plusieurs motos et un quad bike. De l’argent liquide ainsi que des bijoux ont également été récupérés. Les membres de la famille Ghurboo seraient déjà dans le collimateur de la FCC dans le cadre d’enquêtes antérieures portant sur des soupçons de blanchiment d’argent et d’enrichissement inexpliqué.
Louis Pascal Ghurboo a été arrêté lors de cette opération. Au cours de son interrogatoire, il a indiqué que ces biens auraient été acquis grâce à l’élevage de poulets et à une activité agricole. Sauf que selon la FCC, des petits entrepreneurs comme lui n’ont pas la capacité d’acquérir une maison valant Rs 25 millions. Sans compter le fonds nécessaire pour l’acquisition des véhicules.
Ces opérations témoignent de la volonté des autorités de s’attaquer aux infrastructures financières du crime organisé. En neutralisant les avoirs suspects et en retraçant les circuits financiers clandestins, les enquêteurs espèrent remonter les filières, identifier les bénéficiaires finaux et démanteler les réseaux qui alimentent l’économie souterraine. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’origine précise des fonds saisis et l’ampleur des activités criminelles présumées.

