Humeur — Questions d’actualité

Il semblerait que les Ides de Mars annoncés samedi de la semaine dernière pourraient ne pas avoir lieu. C’est en tout cas ce que suggère la presse de samedi en révélant que s’il maintenait sa décision de quitter le gouvernement, le leader du MMM pourrait se retrouver en minorité au sein du groupe parlementaire mauve. Déjà en début de semaine, on avait appris que les candidats favorables à la cassure et ceux souhaitant rester au gouvernement étaient à égalité : neuf partout. Mais il y aurait eu évolution au cours de la semaine, puisque le nombre de ceux qui pourraient suivre leur leader avait nettement diminué. Comme annoncé et souligné à dessein, il reviendra aux membres du comité central mauve – dont la décision devra être ratifiée par l’assemblée des délégués – de se prononcer sur la question. Ce qui autorise une autre question : est-ce que les députés doivent – comme cela se faisait dans les Républiques socialistes de l’époque du rideau de fer – obéir au doigt et à l’œil aux directives des instances dirigeantes, sous peine d’être traités de « venders » avec le risque d’être bannis du parti ? Est-ce que ce titre déshonorant a encore une importance en ce début de siècle où la jouissance du pouvoir et de ses avantages a, depuis longtemps, remplacé le respect et la fidélité idéologique ? Réponse à toutes ces questions la semaine prochaine, après les Ides de Mars. Nous saurons alors si le film valait la réclame.

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Comme tous les gouvernements précédents, celui qui dirige le pays – très mal, selon le leader de l’opposition, dans son interview publiée plus loin – est friand de comités de haut niveau ou interministériels. Comme si tous les autres comités étaient d’un niveau inférieur. Dès qu’un problème surgit, on nomme un comité de haut niveau, de préférence interministériel – comme si la présence de ministres faisait automatiquement augmenter le niveau du comité. On organise quelques réunions préparatoires, puis une grande suivie d’une conférence de presse pour montrer que, contrairement à ce que disent les mauvaises langues, les ministres travaillent. Même si quand on leur pose des questions précises, ils répondent par des généralités. C’est ce qui vient d’être fait, cette semaine, avec la menace de la leptospirose, maladie ayant pour vecteur l’urine d’animaux infectés, dont les rats et dont 12 cas, comprenant trois décès, ont été recensés depuis le début de l’année à Maurice. C’est bien de lancer l’alerte, de faire laver à grandes eaux les bazars, de demander aux Mauriciens de ne pas jeter leurs ordures n’importe où et de respecter les règles d’hygiène. Mais est-ce suffisant pour éradiquer les rats à Maurice et avons-nous les moyens de nous lancer dans une telle opération ? C’est une des questions qui aurait dû avoir été étudiées, avant la réunion du comité interministériel et la conférence de presse. Tout ça rappelle l’opération com lancée pour annoncer la campagne de stérilisation des chiens domestique et le contrôle des chiens errants. Ces derniers errent toujours aux quatre coins de l’île, sur les plages, et même dans les centres-villes. Il est vraiment plus facile de contrôler 13 canards sauvages que des centaines de chiens errants !

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La suite de l’affaire Arunasalom confirme ce qui était écrit ici, dimanche dernier : le gouvernement mérite de se voir attribuer le prix du ridicule. Des recoupements d’informations permettent d’établir que le révoqué ré-intégré, puis suspendu, l’a été sur la base d’une accusation de harcèlement – au départ, qualifiée de sexuel, puis de harcèlement tout court – qui n’a pas fait l’objet d’une enquête. Pas encore. Ce n’est qu’après la suspension que l’employée se disant victime est allée faire une plainte au ministère du Travail, accompagnée d’une avocate. Entre-temps, le ministre du Tourisme, qui avait ordonné la suspension, a sorti une histoire de favoritisme à l’égard d’un proche du précédent gouvernement pour justifier sa décision et a donné une leçon d’éthique au collègue qui l’avait remplacé et avait ordonné la réintégration du président révoqué. Or, le ministre incriminé a fait savoir que non seulement il n’était pas au courant de la réintégration, mais qu’il ne l’avait pas ordonné. Par ailleurs, il semblerait que le ministre qui avait ordonné la révocation l’aurait fait en se basant sur des informations transmises par sa PS. En résumé, on est dans une comédie ridicule où, après coup, les protagonistes reprennent en chœur le refrain rendu célèbre par feu sir Aneerod Jugnauth : pas moi ça, li ça. Personne n’a vérifié les allégations, mais des décisions ont été prises annulant d’autres. Et c’est ainsi qu’une réintégration annulant une révocation qui n’a pas été ordonnée, a bel et bien été exécutée ! Vivement qu’une enquête indépendante vienne établir qui a fait quoi, comment et pourquoi, dans cette comédie de plus en plus ridicule. Qui donne raison à Paul Bérenger qui déclarait samedi de la semaine dernière que le ministère du Tourisme est un bazar ! Ce qui, paraît-il, aurait emmerdé le ministre concerné !

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Jean-Claude Antoine

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