mais une bataille judiciaire semble déjà se dessiner
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Le ministre Bhagwan hausse le ton: «Enough is enough »
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Pendant près de vingt ans, les habitants, soulagés de l’action du ministère de l’Environnement disent avoir vécu entre poussière, vibrations, camions et sentiment d’impuissance ayant impacté leur santé physique et moral.
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L’ordre d’arrêt a été affiché sur le site par la police vendredi après-midi, tandis que l’opérateur envisagerait une contestation devant les tribunaux.
L’affaire de Calodyne a franchi une nouvelle étape cette semaine avec l’émission officielle d’un Stop Order par le ministère de l’Environnement. Pour plusieurs habitants mobilisés depuis des années, cette décision représente peut-être le développement le plus significatif depuis le début d’un combat qu’ils affirment mener depuis près de vingt ans.
Selon les informations recueillies, l’ordre d’arrêt a été placé directement sur le site concerné par des policiers agissant dans le cadre de l’application de cette mesure administrative.
Émis par le ministère de l’Environnement, le document du Solid Waste Management and Climate Change évoque des activités de rock quarrying menées sur un terrain à Calodyne sans licence d’Environmental Impact Assessment (EIA) requise sous l’Environment Act 2024. L’ordre est explicite : « You are hereby instructed to stop all rock quarrying works on site at Calodyne with immediate effect. »
Le document précise également qu’en cas de non-respect, une première condamnation pourrait entraîner une amende allant de Rs 50 000 à Rs 500 000 ainsi qu’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre deux ans. En cas de récidive, les sanctions deviennent encore plus sévères.
Pour les habitants, ce document n’est pas apparu dans un vide. Il est l’aboutissement d’une longue succession de plaintes, de démarches et d’interventions.
« Enough is enough » : Bhagwan hausse le ton
L’affaire semble désormais entrer dans une nouvelle phase. Le ministre Bhagwan a adopté un ton particulièrement ferme :
« Enough is enough. La loi est suprême et nous avons agi selon les dispositions légales. Il s’agit d’un site extrêmement sensible et nous veillerons à ce que la loi soit respectée. La Police de l’Environnement est sur le qui-vive quant à ce dossier. »
Selon les informations obtenues, les autorités compétentes ont déjà commencé une évaluation technique et physique des dégâts causés sur le site. L’objectif est de mesurer plus précisément l’étendue des impacts éventuels sur le relief, l’environnement et les écosystèmes environnants.
Une réunion est également prévue cette semaine afin d’examiner les constats recueillis sur le terrain et d’évaluer les prochaines mesures qui pourraient être prises.
Un combat qui dure depuis près de vingt ans
Avant même l’émission de cet ordre d’arrêt, les habitants de Calodyne et de Grand-Gaube expliquaient vivre une situation qu’ils décrivent comme devenue presque normale tant elle se serait répétée au fil des années. Ils parlent d’un quotidien rythmé par la poussière, le bruit constant, les vibrations et le passage régulier de camions lourds dans des zones résidentielles.
Mais les nuisances dénoncées ne seraient pas uniquement liées aux poids lourds. Selon les témoignages recueillis au fil des années, les activités seraient accompagnées d’engins lourds habituellement associés à ce type d’extraction : excavatrices mécaniques, chargeuses servant à déplacer les roches, marteaux hydrauliques utilisés pour casser les formations rocheuses et autres équipements pouvant générer vibrations et nuisances sonores importantes.
Plusieurs habitants évoquent des inquiétudes concernant des problèmes respiratoires et les conséquences possibles à long terme sur leur santé. Selon eux, le même scénario se serait répété pendant des années : lorsqu’une opération faisait l’objet de plaintes ou d’interventions, les activités s’arrêtaient temporairement avant de reprendre quelques dizaines de mètres plus loin.
Pour plusieurs familles, cela a créé un sentiment d’impuissance croissant. Les habitants affirment avoir souvent eu l’impression que différentes instances concernées se renvoyaient la responsabilité du dossier, compliquant toute avancée concrète.
Des collines progressivement transformées
Au fil du temps, les habitants soutiennent que plusieurs petites collines auraient progressivement disparu. Ils contestent la thèse de simples travaux destinés à un « mur de balisage » et considèrent qu’il s’agirait davantage d’activités d’extraction à plus grande échelle.
Ils rappellent également que certaines zones avaient auparavant été identifiées comme des espaces de nidification des pailles-en-queue, lesquelles seraient encore régulièrement observées dans la région.
Un élément important mérite toutefois d’être précisé dans la chronologie des événements. Vendredi matin du 22 mai, des habitants indiquaient encore observer des activités sur le site : « They are now loading trucks – same company always SOS Pride. » Selon ces témoignages, des camions de la compagnie SOS Pride étaient en cours de chargement.
Une bataille qui pourrait maintenant se déplacer devant les tribunaux
Selon les informations obtenues, l’opérateur concerné semblerait envisager de porter l’affaire devant les tribunaux.
Parmi les arguments susceptibles d’être avancés figure notamment le fait que le Stop Order constitue une décision administrative émanant du ministère et non un document provenant directement d’une Cour de justice. D’autres arguments juridiques pourraient également être soulevés dans une éventuelle contestation.
Après près de vingt ans de plaintes, l’affaire de Calodyne pourrait ainsi entrer dans une nouvelle phase : celle où la bataille du terrain laisse progressivement place à une bataille judiciaire.

