Point et interrogation — 2 Rs à surveiller et à consolid

En dépit de ce cessez-le-feu de façade, la guerre au Moyen-Orient tient toujours le monde en haleine. Avec l’échec des négociations directes entre Américains et Iraniens en présence des Pakistanais, la première salve des Mitigating Measures, soit les 15 % des tarifs du Central Electricity Board (CEB) et le pain-maison à Rs 3.90, en attendant les 10 % au maximum pour le litre d‘essence à la pompe, entérinées par le conseil des ministres de vendredi dernier, ingurgitée comme cette ti-kouyer delwil bwar, administrée d’antan le samedi aux enfants pour leur propre santé, avec en prime enn pasti limon, revêt toute son importance.

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Devant l’attitude des belligérants, le pénultième paragraphe du premier item du communiqué du Cabinet, soit que « the Crisis Committee will continue to monitor developments with regard to the conflict and its impacts on the Mauritian economy and society and will consider other medium- term and long-term measures identified in order to enhance the resilience of the economy and society to such shocks », constitue une épée de Damoclès au-dessus des ménages. Pour ne pas faire dans la dentelle, cela voudrait dire que « there is more than meets the eye ».

Nul besoin d’alimenter tout traumatisme, que représente désormais tout passage à la caisse que ce soit au supermarché, voire même à la boutique du coin, si ce n’est à la station-service au tournant. À ce stade, la stratégie annoncée par l’Hôtel du Gouvernement pour conjurer les répercussions de la crise économico-militaire au Moyen-Orient semble vouloir privilégier en premier la RÉSILIENCE de l’économie, susceptible de mettre en place une assurance tous risques pour les activités économiques et, par extension, les ménages, face aux difficultés à venir.

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Toutefois, les plus importantes mesures mises à exécution s’apparentent davantage à un autre R, REDRESSEMENT des principaux paramètres économiques. Ces décisions s’apparentent davantage à une restructuration des formules des subventions financées par des fonds publics. À ce titre, les initiés en gestion des affaires publiques attribuent le premier ajustement en Stand-Alone du prix de la bonbonne de gaz ménager de 12 kilos à cette démarche de redressement des dépenses publiques. Une exigence des gendarmes de l’économie.

Dans ce même élan, toute la reformulation de la politique par rapport au prix imposé aux boulangers pour leur approvisionnement en farine, en vigueur depuis ce week-end, s’inscrit dans cette même logique de tenter de combler le déficit du budget, Huge Budget Deficit, expression utilisée au tout début du Cabinet Communiqué du 10 avril.

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Puis, avec l’escalade du cours mondial du baril de pétrole, et le pays, devant casquer Rs 500 millions supplémentaires pour payer les Rs 1,2 milliard de chaque cargaison de Heavy Fuel Oil, il était devenu plus qu’une évidence que les abonnés du Central Electricity Board étaient attendus tôt ou plus que tard au guichet avec une révision à la hausse des tarifs, atténuant du même coup la pression sur les finances publiques pour des subventions.

Mais est-ce faire preuve de prétention populaire que d’avancer que la préséance accordée au REDRESSEMENT et reléguant la RESILIENCE au second plan demande un coup de barre ? Ces mesures arrêtées par le gouvernement, après deux rounds d’échanges du comité interministériel, sont-elles porteuses d’éléments favorisant un mood au niveau national en vue de se reconstruire et de vivre de manière satisfaisante après des épreuves difficiles.

D’abord, le traumatisme de la perte du pouvoir d’achat attend d’être géré, non pas avec des explications savantes. Mais avec des consommateurs devant laisser au comptoir des achats essentiels mais ne disposant pas de ressources dans le porte-monnaie pour régler la note. Démagogie ! Tu parles ! Les préposés aux caisses ou autres employés affectés à la sortie des supermarchés sont des témoins privilégiés de ces drames, qui se jouent loin des yeux et sans tambour ni trompette.

Ensuite, n’est-il pas reconnu qu’un des facteurs favorisant la RÉSILIENCE n’est nul autre qu’un réseau solide de soutien. Certes, de premières mesures sociales ont été arrachées lors des délibérations du conseil des ministres de vendredi. Elles visent à protéger les plus démunis de la société. La résilience n’a-t-elle pas pour objectif de préparer la nation à affronter et à surmonter les difficultés, qui s’installent sur la route.

La timidité entourant l’annonce officielle d’un « Crisis Solidarity Fund to ensure social justice » trahit un sentiment de gaucherie politique à l’égard des nantis contrairement à l’assurance transpirant autour du « Golden Visa Scheme to attract investors and high-net-worth individuals to immediately relocate to Mauritius. »

Des détails précis élaborés par le gouvernement sur les modalités des contributions de la part des Stakeholders en mesure d’émerger comme des totems de solidarité auraient dû servir de balises sur la route de la résilience, gardant le pays à des années-lumière de cette Environmental Fallacy en matière énergétique avec des véhicules électriques, plus de 10 000 sur la route, rechargeant les batteries chaque soir à partir du réseau du CEB, alimenté par des énergies fossiles…

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