Ouf ! Enfin quelqu’un a eu le courage de dire au shérif autoproclamé de la planète, Donald Trump, ses quatre vérités ! Et ce héros n’est autre que le pape Léon XIV. Celui qui n’a pas mâché ses mots à l’encontre de l’actuel président des États unis et sa soif de sang est lui-même un ressortissant américain. Ce qui ne l’a pas empêché d’avoir la franchise de son opinion ! L’on ne peut que saluer bien bas et soutenir pleinement ce pape qui n’a pas eu froid aux yeux… ni au dos. Car face aux puissants du jour, la grande majorité opte pour le silence. Qui devient alors consentement hypocrite. Parce qu’oser dire la vérité se heurte, dans certaines circonstances, à des représailles, intimidations, menaces et même… pertes de vie !
Leon XIV, lui, a préféré la voie de l’honnêteté. Et malgré les mots et critiques très durs de Trump à son égard, il résiste. Actuellement en Afrique pour une tournée, le souverain pontife répond sobrement qu’il continuera à exprimer son opposition à la guerre et qu’il ne veut pas entrer dans un débat avec Donald Trump. Il refuse de se laisser enfermer dans le spectacle médiatique, tout en ne cédant rien sur le fond. Voilà ce qu’est, en 2026, un véritable héros ! Un homme, de chair et d’os, qui, mû par la spiritualité, ses principes et convictions religieuses, alliés à une forte dose de justice, de réalisme, de respect et de tolérance, ne s’embarrasse pas de frapper du poing, de regarder droit dans le blanc des yeux, et de dire, « Non, assez ! ». Stop aux barbaries. Halte aux attitudes d’autoglorification et de justification de violences en tous genres… surtout au nom de Dieu !
Cela, Léon XIV l’a clairement fait comprendre : basta l’usage de Jésus dans des discours des seigneurs des guerres. Et le ridicule est venu avec Pete Hegseth, secrétaire à la Défense US, qui, dans une intervention officielle et publique, cite… un extrait du mythique Pulp Fiction de Quentin Tarantino, pensant citer… des paroles de l’Évangile ! Eh oui, c’est cela aussi l’administration Trump.
Sur un autre dossier, la décision de Paul Bérenger de se dissocier du parti emblématique dont il est le fondateur, le MMM, interpelle. La scène politique locale voit émerger en lui, déjà icône, un symbole très attendu. Dans un climat plombé par des comportements et attitudes frisant l’égoïsme et l’opportunisme, la posture adoptée par Paul Bérenger parvient presque à effacer ses faiblesses, faux pas anciens et lacunes. Les comportements de certains de ses anciens camarades laissent beaucoup à désirer.
Dans un contexte socio-économique suspendu aux caprices quotidiens de Trump, chaque Mauricien espérait un sursaut de la classe politique au pouvoir et une attitude traduisant (enfin !) un désir de contribuer aux souffrances populaires. Comme un acte de cœur face à l’austérité qui a déjà commencé à nous ronger. À la place, que nenni ! Sik Yuen s’enfonce dans ses déclarations zigzag. Judicieusement, Lalit presse pour que le gouvernement fasse pression sur les propriétaires des établissements sucriers afin que ceux-ci cèdent une partie de leurs terrains, qui seraient convertis et utilisés à des fins d’autosuffisance alimentaire. Toutes les conditions sont réunies; ne reste que la volonté.
Mais combien parions-nous que Arvin Boolell, comme ses prédécesseurs au fauteuil de l’Agro-industrie, ne bougera pas le petit doigt ? S’opposer au grand capital ? Froisser ces “gro palto” ? Jamais de la vie ! Que la « population mouton » crève de faim si l’absurde guerre de Trump et de Netanyahu s’enlise et que les vivres n’arrivent plus.
Shakeel Mohamed, officiant comme PM par intérim, laissera de bons souvenirs. Pour le jeune loup ayant bien dompté son image politico-professionnelle, se glisser dans le costume du chef du gouvernement est un jeu d’enfant. Sur le plan personnel, ses déplacements et sorties en ont frappé plus d’un par sa simplicité. Certes, Shakeel Mohamed n’a pas eu à prendre de décisions concernant la sécurité nationale ou toute autre urgence du même acabit. Mais l’homme se forge, avec effort et discipline, le carat d’un véritable “statesman”.
Dans notre réalité de 2026, des modèles comme le pape Léon XIV et – toutes proportions gardées, bien évidemment – Bérenger et Mohamed gagneraient à faire des émules !
Husna Ramjanally

