Annoncé par le Premier ministre qui présidait la première réunion de la National Drugs Commission, il y a quelques jours, le Drug Control Master Plan 2026-30 a été rendu public le 30 avril. Le plan est structuré autour de quatre piliers fondamentaux : la réduction de l’offre de drogues, la réduction de la demande de drogues, la santé, le bien-être et la coordination. Il met l’accent sur la prévention, la réadaptation, le droit et l’application de la loi et une collaboration interinstitutionnelle renforcée.
Les principales priorités comprennent le déploiement d’un programme national de prévention des drogues ciblant les écoles et les communautés ; la mise en place d’un programme global de réadaptation et de réintégration ; un partage accru des renseignements et une coopération régionale de même qu’un suivi amélioré et les systèmes d’évaluation.
En passant d’interventions fragmentées à une approche multisectorielle surtout concernant les agences gouvernementales, les autorités visent à garantir une réponse nationale plus inclusive et plus efficace à la lutte contre la drogue.
Le Drug Control Master Plan 2026-30 vise à répondre de manière globale aux défis complexes du trafic de drogue et de la consommation de drogues grâce à une approche inclusive, fondée sur les droits de l’homme et sensible au genre. Il entend aussi veiller à ce que les besoins de tous les segments de la société, en particulier des groupes marginalisés, soient pris en compte et abordés de manière significative.
L’élaboration de ce plan d’action a requis une méthodologie rigoureuse et participative, commençant par une évaluation indépendante réalisée en novembre 2023. Tout a été fait pour que les recommandations de ceux qui réclament des approches holistiques, inclusives et fondées sur les droits, en particulier, soient pleinement incorporées au plan. Ce plan stratégique fournit un cadre national coordonné et fondé sur des données probantes pour relever le défi évolutif de la drogue à Maurice, en marquant une rupture avec les actions fragmentées pour muter vers un système et une réponse impliquant l’ensemble du gouvernement, de même que des partenaires stratégiques comme la société civile, le secteur privé, entre autres.
Les principaux facteurs de risque comprennent l’exposition aux itinéraires de trafic internationaux ; la croissance rapide des drogues synthétiques (NPS) ; l’augmentation de la consommation de drogues chez les jeunes et les groupes vulnérables et les liens avec le crime organisé et les flux financiers. L’augmentation du fardeau de la santé mentale et des maladies infectieuses (VIH, hépatite C) est aussi incluse.
S’agissant de la prévention, le plan propose de mettre en œuvre une stratégie globale à plusieurs niveaux axée sur les écoles, les jeunes, les familles et les communautés intégrées à l’éducation et au développement social. Quant au traitement, à la réhabilitation et la réinsertion, il est question de développer un continuum de soins holistique avec des parcours de rétablissement, d’élargir le traitement et les services de suivi, et de promouvoir la réinsertion sociale, l’emploi et l’inclusion économique.
Le nouveau plan stratégique sur la drogue évoque un solide système de suivi et d’évaluation qui vient en soutien au projet global par le biais de rapports annuels, d’évaluations indépendantes, de données soumises en temps réel par le National Drugs Observatory (NDO) et de cadres basés sur des indicateurs de performance. Un suivi des réductions des méfaits, de la criminalité, des maladies infectieuses liées à la drogue et des améliorations en matière d’accès au traitement et résultats du rétablissement est aussi de mise.
Néanmoins, le rapport estime qu’il y a des obstacles et des risques qui peuvent freiner la mise en oeuvre optimale. Ceux-ci concernent des contraintes de ressources, des déficits de coordination, l’évolution très rapide des drogues de synthèse et les limites dans nos lois.
Ce nouveau plan directeur se veut résolument une transition vers une approche intégrée, responsable et centrée sur l’humain – un projet dont le succès dépend d’un engagement politique soutenu, de la coordination et des ressources pour réaliser des gains en matière de santé publique, de sécurité et de stabilité sociale.

