Excavation controversée : Bras de fer entre un propriétaire et  l’Environnement à Calodyne

Des travaux dénoncés depuis plusieurs mois

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Le dossier des travaux d’excavation de rochers à Calodyne évolue désormais vers un véritable bras de fer entre le ministère de l’Environnement et le propriétaire du terrain concerné. Malgré plusieurs ordres de suspension émis depuis le début de l’année, les autorités affirment que les travaux se sont poursuivis, poussant aujourd’hui le ministère à envisager d’éventuelles suites légales alors qu’une enquête de la Police de l’Environnement est déjà en cours.

À l’origine de cette affaire : des plaintes d’habitants dénonçant d’importantes opérations d’excavation dans cette région du nord de l’île, avec des craintes concernant un possible impact sur l’environnement et notamment sur l’habitat du Paille-en-Queue.

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Selon les informations communiquées par le ministère de l’Environnement, une première intervention des autorités remonte au début de janvier après un signalement transmis par le National Parks and Conservation Service (NPCS). Une inspection conjointe réunissant des représentants du ministère, du NPCS, du conseil de district de Rivière-du-Rempart et de la Police de l’Environnement avait alors été effectuée sur le site.

À la suite de cette visite, les autorités avaient demandé à l’entrepreneur ainsi qu’au propriétaire du terrain de cesser immédiatement toute activité dans l’attente de vérifications supplémentaires et d’avis techniques des différents organismes concernés.

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Le ministère indique toutefois que le propriétaire a toujours soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une activité de carrière, mais uniquement de travaux de nivellement destinés à préparer la construction d’un futur mur de clôture.

Le flou autour de la nature exacte des travaux

Le dossier s’est complexifié après qu’une consultation menée auprès du National Parks and Conservation Service eut conclu que le terrain concerné ne constituait pas une zone de reproduction connue pour le Paille-en-Queue. Dans le même temps, le conseil de district de Rivière-du-Rempart a indiqué qu’un Building and Land Use Permit n’était pas nécessaire pour la construction d’un mur de clôture dans certaines conditions précises.

Mais malgré ces éléments, le ministère de l’Environnement affirme avoir maintenu son ordre d’arrêt des travaux, estimant que des clarifications supplémentaires demeuraient nécessaires quant à la nature exacte des opérations effectuées sur le terrain.

La situation s’est de nouveau tendue ces derniers jours après de nouvelles plaintes ayant entraîné une autre descente conjointe sur le site avec la Police de l’Environnement et les services forestiers. Les autorités disent avoir une nouvelle fois sommé les responsables des travaux de suspendre immédiatement les activités.

Le ministère affirme également avoir officiellement demandé au propriétaire de démontrer qu’il ne s’agissait pas d’activités assimilables à une exploitation de carrière.

Une affaire qui pourrait désormais se retrouver devant la justice

Mais selon les autorités, l’intéressé campe sur ses positions. Reçu récemment au ministère, il aurait réaffirmé qu’aucune opération de carrière n’était menée et indiqué son intention de poursuivre les travaux malgré les injonctions des autorités. Il se serait également déclaré prêt à défendre sa position devant les tribunaux si nécessaire.

Cette affaire met désormais en lumière les difficultés auxquelles les autorités sont confrontées dans l’encadrement des travaux de terrassement et d’excavation, particulièrement dans des zones sensibles sur le plan environnemental. Elle soulève aussi des interrogations sur les limites entre simples travaux de nivellement privés et activités pouvant être assimilées à de véritables opérations extractives nécessitant des autorisations spécifiques.

Le ministère de l’Environnement affirme pour sa part maintenir un suivi rapproché du dossier, tandis que plusieurs consultations juridiques et techniques seraient actuellement en cours afin de déterminer les mesures qui pourraient être prises dans cette affaire devenue particulièrement sensible à Calodyne.

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