Salle comble à Vacoas-Phoenix pour le congrès fondateur du FMP, né d’une rupture avec l’ancien MMM
Joanna Bérenger dénonce un système politique « bloqué », tandis que Paul Bérenger veut bâtir une alternative au MSM et au Parti Travailliste
Hier après-midi, à la municipalité de Vacoas-Phoenix, l’ambiance était conviviale , militante et fortement chargée en symboles à l’occasion du congrès fondateur du Fron Militan Progresis (FMP). Devant une salle archicomble, militants, anciens sympathisants du MMM, jeunes et femmes mobilisés derrière les banderoles de leurs circonscriptions ont assisté au lancement officiel de cette nouvelle formation politique menée par un Paul Bérenger apaisé et enjoué.
L’arrivée de Paul Bérenger dans la salle, accompagné de Joanna Bérenger et de Chetan Baboolall, a été marquée par de longs applaudissements et par le chant emblématique « Soldat Militan», replongeant une partie de l’assistance dans l’atmosphère des grandes heures militantes.
Sur l’estrade, l’ancien leader du MMM était entouré de huit dirigeants provisoires appelés à assurer la transition jusqu’à la tenue d’un premier congrès officiel dans un délai de trois mois. Le FMP entend désormais structurer rapidement ses instances et lancer une vaste mobilisation nationale dans toutes les circonscriptions, y compris auprès d’anciens militants du MSM.
Un discours de rupture face aux deux grands blocs politiques
Dans un discours offensif, Paul Bérenger a clairement affiché l’ambition du FMP de se positionner comme une véritable alternative politique aux deux grandes forces dominantes du pays. « Notre priorité était de mettre le MSM dehors. Aujourd’hui, notre priorité est de barrer non seulement la route au MSM, mais aussi au Parti Travailliste », a-t-il déclaré sous les applaudissements des militants.
Très critique envers ses anciens partenaires de l’Alliance du Changement, l’ancien Deputy Prime Minister a estimé que le Parti Travailliste pourrait connaître le même sort que le MSM «s’il poursuit sur cette lancée ». Selon lui, Maurice a désormais besoin d’un profond renouveau politique ainsi que d’une nouvelle génération de dirigeants capables de répondre aux attentes de la population.
Le leader du FMP a également insisté sur la nécessité de préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales. Il a expliqué qu’il faudra, dans les années à venir, bâtir une équipe gouvernementale « alternative, solide et sérieuse » et identifier à l’avance les personnalités appelées à occuper les postes clés de Premier ministre, ministre des Finances et Attorney General.
Paul Bérenger a aussi dévoilé le symbole électoral que le mouvement souhaite proposer : une étoile. Un choix hautement symbolique pour un parti qui affirme vouloir renouer avec « les dix principes fondateurs » ayant marqué la naissance du MMM en 1969, notamment la justice sociale, l’éducation, la santé et la souveraineté de Maurice sur les Chagos et Tromelin.
Joanna Bérenger attaque un système « qui bloque les réformes »
Première à prendre la parole, Joanna Bérenger a livré un discours particulièrement sévère contre le système politique actuel. L’ancienne Junior Minister a expliqué avoir longtemps cru à la possibilité de transformer les choses de l’intérieur avant de conclure que le système lui-même constituait désormais un frein aux réformes profondes.
Elle a dénoncé une culture politique où les intérêts particuliers prennent progressivement le dessus sur l’intérêt collectif et où certaines pratiques finissent par éroder la confiance des citoyens envers la classe politique. Pour elle, la création du FMP représente avant tout une rupture avec un modèle politique devenu, selon ses mots, déconnecté des attentes de la population.
Joanna Bérenger a également affirmé avoir refusé de cautionner certaines méthodes qu’elle juge incompatibles avec les principes d’intégrité et de crédibilité qu’elle souhaite défendre en politique. « On ne peut pas accepter l’inacceptable », a-t-elle lancé devant les militants.
Chetan Baboolall rend hommage au «courage » de Paul Bérenger
Prenant ensuite la parole, Chetan Baboolall a rendu un vibrant hommage au « courage » de Paul Bérenger, estimant que sans lui, l’Alliance du Changement n’aurait jamais remporté les dernières élections générales sur le score historique de 60-0.
Très critique envers le gouvernement, il a réagi aux récents propos du Premier ministre Navin Ramgoolam évoquant la possibilité d’un second mandat. Selon lui, plusieurs promesses électorales n’ont pas été respectées. « Si pa ti ena Bérenger, pa ti pou ena 60-0 », a-t-il affirmé devant une assistance acquise à la cause du nouveau mouvement.
Le congrès fondateur du FMP, présidé par Hishaam Ibrahim, marque ainsi une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique mauricien, avec le retour de Paul Bérenger au centre du débat politique national sous une nouvelle bannière.

