Les critères d’attribution de la pension d’invalidité et le nombre de bénéficiaires, dont les allocations ont été suspendues, ont été au centre d’une interpellation parlementaire adressée, mardi, au ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale. Le député de Port-Louis Sud et Port-Louis Central (No. 2), Farhad Aumeer, voulait notamment obtenir des précisions sur les bénéficiaires depuis janvier 2024 ainsi que sur les demandes rejetées émanant de personnes souffrant de maladies chroniques, de handicaps acquis à long terme ou de troubles congénitaux.
Le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, a affirmé que les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier soit d’une pension de base d’invalidité, soit d’une allocation de handicap, après évaluation par le Medical Board placé sous l’égide de l’unité médicale du ministère. L’attribution de la pension dépend du degré d’incapacité associé à la condition médicale et peut être accordée pour une période allant d’un à cinq ans, voire de manière permanente dans certains cas.
Les chiffres communiqués indiquent qu’en 2024, 31 904 personnes bénéficiaient d’une pension d’invalidité, tandis que 4 168 allocations de pension ont été suspendues. En 2025, le nombre de bénéficiaires est passé à 31 262, avec 3 801 pensions arrêtées.
Le ministre a expliqué que plusieurs raisons peuvent conduire à la suspension d’une pension. Certains bénéficiaires ne répondent plus aux critères médicaux en vigueur, d’autres avaient obtenu une pension pour une durée limitée sans nécessité de réévaluation. Des cas concernent également des bénéficiaires ne s’étant pas présentés devant le Medical Board malgré plusieurs convocations, des personnes ayant atteint l’âge de la retraite, des décès ou encore des séjours à l’étranger dépassant six mois.
Concernant les demandes émanant de personnes souffrant de maladies chroniques ou de handicaps de longue durée, le ministre a précisé que toutes les demandes sont examinées par le Medical Board composé de deux médecins généralistes, conformément aux directives médicales actuelles. Les évaluations se font non pas sur la maladie elle-même, mais sur le degré de handicap qu’elle entraîne.
Ainsi, les demandes sont refusées ou interrompues lorsque le taux d’incapacité ne satisfait pas le seuil requis par les directives médicales. Les personnes souffrant de handicaps jugés légers ou modérés ne remplissent généralement pas les critères d’éligibilité. Le ministre a toutefois reconnu que les statistiques détaillées quant au nombre exact de personnes atteintes de maladies chroniques, de handicaps acquis ou de troubles congénitaux dont les demandes ont été rejetées ne sont pas encore disponibles, le système de collecte de données étant en cours de réorganisation.
Des chiffres indicatifs ont néanmoins été avancés. En 2024, sur 10 064 nouvelles demandes liées à ces conditions médicales, 44 ont été rejetées. En 2025, 72 demandes ont été refusées sur un total de 9 795 nouvelles requêtes reçues. Le ministre a également indiqué qu’environ 5% des bénéficiaires annuels souffrant de maladies chroniques ou de handicaps de longue durée ont vu leur pension interrompue.
Ashok Subron a annoncé que les directives médicales actuellement utilisées pour l’évaluation des demandes datent de 2016 et qu’elles sont en cours de révision dans le cadre d’une réforme du système de pension d’invalidité. Le ministère attend l’aval du ministère des Finances pour la mise en œuvre de cette réforme, qualifiée de « très attendue et nécessaire ».

