BUDGET 2026-27 — Kushal Lobine, leader des Nouveaux Démocrates : Maurice doit-il gouverner selon Moody’s ou selon les intérêts du peuple mauricien ?

À l’approche du prochain budget, une question centrale se pose : jusqu’où un pays souverain comme Maurice doit-il adapter ses choix économiques aux rapports de Moody’s et aux recommandations du FMI, et jusqu’où doit-il privilégier les besoins concrets de sa population?
Moody’s est une agence privée de notation qui évalue le risque de crédit des États afin d’informer les investisseurs internationaux. Elle joue un rôle dans le coût d’emprunt du pays, mais elle ne décide ni de nos priorités sociales ni de notre modèle de développement.
Le FMI, lui, reste un partenaire important pour l’expertise macroéconomique et l’accès à certains financements, mais ses orientations ne peuvent pas se substituer aux choix démocratiques d’un État souverain.
Or, les défis des Mauriciens aujourd’hui sont clairs : hausse du coût de la vie, érosion du pouvoir d’achat, besoin de plus d’emplois de qualité, soutien aux PME, sécurité alimentaire, transition énergétique, lutte contre les inégalités et modernisation de notre économie.
Un budget responsable doit donc trouver un équilibre : rassurer sur la stabilité financière et la trajectoire de la dette, tout en investissant dans la production, l’innovation, l’éducation, la santé, la protection sociale et l’économie verte.
L’histoire montre que plusieurs pays – de la Malaisie à l’Inde en passant par la Chine ou Singapour – ont su écouter les institutions internationales tout en défendant des stratégies adaptées à leurs réalités nationales.
Maurice doit suivre la même voie : dialoguer avec les marchés et les partenaires, sans jamais abandonner sa souveraineté économique ni sacrifier l’intérêt des Mauriciens sur l’autel de considérations purement financières.
En d’autres mots, le prochain Budget devrait être :
• un budget de production et d’investissement ;
• un budget de justice sociale et de protection du pouvoir d’achat ;
• un budget de souveraineté économique, tourné vers l’avenir des Mauriciens.
Pour moi, plus que jamais, le prochain budget doit poser les fondations d’un nouveau modèle économique mauricien, plus résilient, plus indépendant et profondément ancré dans l’intérêt national, où l’humain et l’environnement deviennent enfin le moteur et le cœur du développement.
Une telle transformation exige toutefois des réformes systémiques et profondes de plusieurs institutions de l’État, une réduction réelle du gaspillage des fonds publics, ainsi qu’une remise en question du statu quo et de la bureaucratie qui freinent l’investissement, l’innovation et le progrès du pays.
Mais surtout, Maurice doit replacer la méritocratie au centre de sa gouvernance afin de permettre aux compétences, au travail et à la vision de contribuer pleinement à l’avenir du pays.

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Kushal Lobine
Leader des Nouveaux Démocrates

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