Nations Unies — International Migration Review Forum : La CTSP dénonce la position adoptée par Maurice

La Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP) a critiqué la position adoptée par Maurice lors du vote de la Progress Declaration of the 2026 International Migration Review Forum aux Nations Unies, à New York. Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a exprimé son incompréhension face à l’abstention de Maurice lors du scrutin.
Il a indiqué que la CTSP faisait partie du comité de rédaction de cette déclaration du côté des syndicats internationaux. Des représentants de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ainsi que de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) participaient également aux travaux du forum.
Le syndicaliste est d’avis que cette déclaration revêt une importance capitale dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre de réfugiés climatiques et la surexploitation des travailleurs migrants à travers le monde. « Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, mercredi, le texte a été soumis au vote. À notre grande surprise, Maurice est le seul pays africain à ne pas avoir soutenu cette déclaration. La Libye ne l’a pas fait non plus, mais ce pays ne peut voter en raison de l’absence d’un gouvernement national », a-t-il déclaré.
Il affirme que depuis cette abstention, la CTSP reçoit de nombreux messages d’organisations internationales dénonçant la position de Maurice. D’après les informations recueillies par la confédération, le pays était représenté aux Nations unies par le représentant permanent, Milan Meetarbhan.
Le président de la CTSP s’est également interrogé sur les raisons de cette abstention alors que, selon lui, une majorité de pays ont soutenu la déclaration, à l’exception notamment des États-Unis, d’Israël, de l’Italie et de Singapour.
Pour la CTSP, cette position s’expliquerait par les critiques visant Maurice concernant les conditions de travail des travailleurs étrangers. « Il est clair aujourd’hui que Maurice n’a pas accordé son soutien à cette déclaration parce que le pays fait partie de ceux pointés du doigt pour la surexploitation des travailleurs étrangers », fait-il remarquer.
Le syndicat dénonce plusieurs situations jugées discriminatoires à l‘encontre de la main-d’œuvre étrangère. Il met en avant le fait que ces travailleurs ne sont pas couverts par certaines dispositions sociales, malgré leur contribution au fonds de la Contribution Sociale Généralisée (CSG). La CTSP soutient également qu’ils ne bénéficient pas d’une protection adéquate sous la Workers’ Compensation Act et que leurs contrats de travail manquent souvent de précisions concernant leurs grades et conditions d’emploi.
Le président de la CTSP estime aussi que l’absence de quota limite désormais le nombre de travailleurs étrangers pouvant être employés par une entreprise. « C’est une stratégie visant à déréguler le marché du travail afin de favoriser le Hire and Fire », dénonce-t-il.
Il a cité le cas d’une entreprise du secteur de la construction qui aurait demandé l’autorisation d’importer 400 travailleurs étrangers. La CTSP s’y serait opposée, affirmant que certains employeurs accordent aux travailleurs mauriciens des contrats renouvelables sur une base mensuelle. « Nous constatons que le pays se dirige vers une flexibilité excessive du marché du travail, comme en 2009, lorsque les employeurs avaient le pouvoir de licencier sans justification et sans compensation. L’histoire se répète », estime-t-il.
Le syndicat a également demandé au gouvernement de mettre en œuvre les Refuse Collection Regulations afin de protéger les éboueurs contre des maladies comme le hantavirus et la leptospirose. La CTSP réclame par ailleurs la réintroduction de la CSG Allowance.
De son côté, Shane Sinassamy, autre dirigeant de la CTSP, estime qu’il existe une stratégie visant à contourner les garde-fous prévus par la législation du travail en matière de recrutement de travailleurs étrangers. Il affirme que l’Economic Development Board (EDB) est devenu une étape permettant de faciliter ces recrutements sans respecter certaines exigences du ministère du Travail, notamment celles prévues par la Lodging Accommodation Act.

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