l’UE inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu pour avoir permis la vente de produits illégaux

Pour prouver cette infraction, la commission européenne s’est notamment appuyée sur des achats réalisés par ses propres équipes, en se faisant passer pour des clients lambda.

 

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L’UE a infligé jeudi 28 mai une amende de 200 millions d’euros au spécialiste chinois du commerce en ligne Temu, pour avoir permis la vente aux consommateurs européens de produits illégaux, dont des jouets pour bébés dangereux ou des chargeurs défectueux.

« L’entreprise a échoué à identifier, analyser et évaluer avec diligence les risques systémiques liés à la vente de produits illégaux sur sa plateforme, tout comme les préjudices en résultant pour les consommateurs dans l’Union européenne », a conclu la Commission européenne, au terme d’une enquête ouverte en octobre 2024.

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Selon l’exécutif européen, Temu a ainsi contrevenu à ses obligations de protection des consommateurs, imposées aux grandes plateformes en ligne par le règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act, DSA).

« Temu est un acteur très important sur le marché européen, avec 130 millions d’utilisateurs. Donc lorsqu’ils vendent des produits interdits, ils finissent entre les mains d’un grand nombre d’Européens », a insisté la vice-présidente de la Commission chargée du numérique, Henna Virkkunen, auprès de journalistes.

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Des risques concernant des jouets pour bébés

Pour prouver l’infraction, Bruxelles s’est notamment appuyée sur des achats réalisés par ses propres équipes, en se faisant passer pour des clients lambda. L’opération a démontré « qu’un très fort pourcentage des chargeurs commandés n’ont pas réussi à passer des tests de sécurité basiques ».

Pire, une proportion élevée de jouets pour bébés testés dans les mêmes conditions présentait « des risques pour la sécurité d’une gravité moyenne à élevée », comme des risques de suffocation ou des teneurs en substances chimiques nocives dépassant les seuils autorisés.

Le montant de l’amende est cependant très loin du plafond permis par le DSA, soit 6 % du chiffre d’affaires annuel total de sa maison mère, PDD Holdings. Celle-ci a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 53 milliards d’euros.

Mais, selon la Commission, cela tient compte notamment de la durée de l’infraction, qu’elle avait accusé Temu d’avoir commise il y a moins d’un an.

AliExpress et Shein dans le collimateur

Il s’agit seulement de la deuxième amende prononcée par Bruxelles au titre du DSA depuis l’adoption de cette puissante loi, en 2022, après celle de 120 millions d’euros infligée à X, le réseau social d’Elon Musk, à la fin de 2025.

Temu, qui connaît une progression fulgurante depuis son lancement en Europe, en 2023, grâce à une stratégie de prix cassés, est la version internationale du mastodonte chinois de l’e-commerce Pinduoduo, né en 2015. Il propose un choix pléthorique de produits : vêtements, jouets, décoration, outils, high-tech…

Les principaux rivaux asiatiques de Temu, AliExpress et Shein, sont également dans le collimateur de Bruxelles. AliExpress, filiale du grand groupe chinois Alibaba, risque également une amende pour un motif similaire, à moins d’un règlement à l’amiable. Bruxelles l’a accusée d’avoir aussi manqué à ses obligations en matière d’évaluation et d’atténuation des risques liés aux produits illégaux.

Shein est également soupçonnée de plusieurs manquements au DSA, dans le cadre d’une enquête ouverte par Bruxelles en février, après l’affaire des poupées sexuelles d’apparence enfantine vendues sur son site.

Cette sanction contre Temu est tombée à la veille d’un débat au sein de la Commission consacré aux relations entre l’UE et la Chine.

Le Monde avec AFP

 

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