La prolifération des drogues synthétiques continue de préoccuper les autorités. Répondant ce mardi 2 juin à la Private Notice Question(PNQ) du leader de l’opposition, le Premier ministre a révélé qu’entre janvier 2025 et le 1er juin 2026, la police a enregistré 1 594 affaires liées aux drogues synthétiques, menant à l’arrestation de 1 650 personnes. Durant cette même période, 44 accidents de la route impliquant des conducteurs testés positifs aux substances dangereuses ont été recensés. Ces accidents ont coûté la vie à six personnes, tandis que six autres ont été blessées.
Depuis janvier 2025, 361 opérations de type « crackdown » ont été conduites à travers le pays. Ces interventions ont permis la saisie de drogues synthétiques d’une valeur estimée à plus de Rs 950 millions. Parallèlement, les contrôles routiers ont été intensifiés. Depuis janvier 2022, plus de 1,8 million de véhicules ont été interceptés et contrôlés, avec 1 068 conducteurs testés positifs aux drogues synthétiques.
Le Premier ministre s’est également appuyé sur les données du Forensic Science Laboratory (FSL). En 2025, le laboratoire a traité 1 110 cas liés aux cannabinoïdes synthétiques, qui demeurent la principale catégorie de drogues synthétiques circulant sur le marché mauricien. À cela s’ajoutent 252 cas impliquant d’autres substances dangereuses, dont des opioïdes synthétiques, des cathinones synthétiques, des benzodiazépines, de la cocaïne et de la méthamphétamine.
Depuis l’apparition du premier cas de drogue synthétique à Maurice en 2013, près de 60 nouvelles substances psychoactives ont été identifiées. Selon les autorités, les trafiquants modifient constamment la composition chimique de ces produits afin d’échapper aux contrôles. Certaines substances sont retrouvées sous forme de feuilles imprégnées, de bandes de papier, de poudres ou encore de liquides.
Le FSL a également relevé l’apparition de mélanges plus complexes associant plusieurs substances, notamment des opioïdes synthétiques et d’autres produits de coupe, signe d’une évolution préoccupante du marché local de la drogue.
Le Premier ministre a rappelé qu’une étude menée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) et remise aux autorités en décembre 2024 a formulé plusieurs recommandations, notamment la mise en place d’un système d’alerte précoce, le renforcement de la prévention auprès des jeunes et l’amélioration des programmes de traitement et de réhabilitation.
Dans cette optique, la National Agency for Drug Control (NADC) prévoit une nouvelle enquête sur la consommation de drogues synthétiques parmi les élèves du secondaire. Une autre étude doit également actualiser les données du recensement national sur l’usage des drogues afin de mieux suivre l’évolution du phénomène.
Une instance de coordination regroupant plusieurs organismes, dont l’ADSU, le Forensic Science Laboratory, le ministère de la Santé et le Pharmacy Board, a également été mise sur pied pour harmoniser la réponse des différentes institutions concernées.

