Santé publique I Enceinte de 23 semaines : Décès d’une patiente de 21 ans : le dossier soumis au Medical Council

 

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Les complications médicales attribuées à la « consommation régulière » de cannabis

Le gynécologue de l’hôpital SSRNH n’était pas physiquement présent à l’admission

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Annabelle Savabaddy a interpellé le ministre de la Santé, Anil Bachoo, sur le décès d’une jeune patiente de 21 ans, enceinte de 23 semaines. Le ministre a indiqué que celle-ci n’avait eu aucun suivi anténatal et qu’elle a refusé une admission, après une première visite à l’hôpital. Elle est revenue plus tard, et son état s’était rapidement détérioré. Les conclusions de l’enquête du ministère ont révélé la présence de cannabis dans son organisme. Il a également déploré l’absence d’un gynécologue sur place, en raison d’un récent Ruling de l’Employment Relations Tribunal.

Le ministre Bachoo a retracé la chronologie des événements. Le 19 mai, la patiente s’est présentée aux urgences de l’hôpital SSRNH à 23h48, se plaignant de douleurs abdominales. Le médecin de service a diagnostiqué une grossesse de 23 semaines et a recommandé une admission, mais la patiente a refusé. Elle a signé sa décharge de l’hôpital, contre l’avis médical. Il a également précisé que la patiente n’avait fait aucun suivi de grossesse, selon le protocole en cours.
Trois heures plus tard, soit à 3h du matin, la patiente est retournée à l’hôpital, se plaignant toujours de douleurs abdominales et souffrait de légers saignements. « Les battements cardiaques du fœtus étaient absents. Le spécialiste de service a conseillé de la conduire au Labour Ward, afin que l’accouchement progresse naturellement », dit le ministre.
Plus tard, à 6h40, la patiente a commencé à saigner abondamment, en raison d’un décollement placentaire. Le spécialiste de service a alors recommandé son transfert à la salle d’opération. « Le spécialiste a procédé à l’intervention à 7h. La patiente a par la suite été transférée au Gynae Ward à 9h, étant donné que son état était stable après l’intervention. »
Toutefois, à 11h 50, la patiente s’est effondrée. Elle a été prise en charge par le spécialiste de garde et transférée à la salle d’opération. « Le consultant en charge et le spécialiste traitant ont procédé à une hystérectomie. Son utérus a donc été enlevé. La patiente a par la suite été transférée aux soins intensifs, pour la prise en charge post-opératoire. »
Le 21 mai, à 9h05 du matin, le constat était que l’abdomen était distendu. « Une laparotomie exploratoire a été réalisée, c’est-à-dire, qu’on lui a ouvert le ventre, pour évaluer le saignement. Elle a par la suite été transférée à l’ICU. » Le 22 mai, la patiente a été examinée par une équipe multidisciplinaire, comprenant un médecin, un néphrologue, un anesthésiste, un chirurgien et un gynécologue.
Toutefois, sa condition ne s’est pas améliorée. La patiente a développé des complications et a succombé le 23 mai à 8h40. « Le corps a été envoyé à la police pour autopsie, mais la famille a refusé. Un examen post-mortem est obligatoire pour tout accident de la route. Mais pour les autres cas, c’est à la discrétion du médecin légiste de la police », reconnaît le ministre, qui confirme que ce cas relève de Maternal Death. Une enquête préliminaire a été ouverte par l’Acting Regional Health Director. Suite à ses recommandations, le ministère a institué un comité d’enquête indépendant, le 28 mai pour faire la lumière sur toute cette affaire.
Ce comité comprend l’Acting Regional Health Director de l’hôpital Jeetoo, deux consultants gynécologues en charge des hôpitaux Victoria et Jawaharlal Nehru, respectivement. « Le comité a soumis son rapport au ministère le 1er juin. Les conclusions expliquent cette complication médicale de divers facteurs, dont la consommation régulière de cannabis, des pathologies obstétricales à haut risque et l’absence de suivi de la part de la patiente. Ce qui fait qu’elle était prédisposée à un décollement placentaire et une coagulation intravasculaire disséminée aiguë », indique le ministre.
Anil Bachoo a fait référence à une étude datant de 2025, qui a démontré que la consommation du cannabis pendant la grossesse comportait des risques élevés d’hypertension gestationnelle, une pré-éclampsie et une prise de poids anormale et le décollement placentaire. Le refus de se faire admettre dans un premier temps a retardé la prise en charge. « Toutes les procédures ont été suivies et toute la prise en charge était dans les normes, une fois qu’elle a été réadmise » , rassure-t-il.
Le ministre a ajouté qu’en dépit des conclusions de l’enquête indépendante, le ministère a également référé le dossier au Medical Council, pour une action en profondeur et des actions appropriées.
Annabelle Savabaddy a demandé au ministre s’il peut confirmer qu’il n’y avait pas de gynécologue présent à l’hôpital à 3h du matin et si cela était dû au récent Ruling de l’Employment Relations Tribunal, concernant le travail des médecins spécialistes sur 24 /7. Le ministre a répondu qu’après plusieurs cas de femmes mortes en couche, le PRB avait recommandé la présence permanente obligatoire d’un gynécologue dans chaque hôpital régional.
En 2022, a-t-il poursuivi, l’ancien gouvernement avait appliqué le service 24/7, sans s’assurer qu’il y avait suffisamment de spécialistes dans ce domaine. Le syndicat a porté l’affaire devant l’ERT et a eu gain de cause. « Ce qui fait que les médecins spécialistes ne sont plus obligés d’être présents à l’hôpital sur 24/7, mais seulement quand ils sont appelés. Nous voulions engager le dialogue, mais le même jour, le syndicat a fait valoir que le 24/7 était illégal », regrette Anil Bachoo. Ce dernier a ajouté qu’il ne condamne pas tous les médecins, mais qu’une poignée est en train d’abuser de cette décision de l’ERT.
La Chief Whip, Stéphanie Anquetil, s’est intéressée à une assistance psychologique accordée à la famille endeuillée.
Farhad Aumeer se demande s’il n’est pas grand temps que le ministère recrute un consultant hématologue afin d’éviter ce genre de tragédie.

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