Le gouvernement réaffirme son soutien de longue date au peuple palestinien tout en maintenant une approche mesurée dans ses relations avec Israël. C’est ce qu’a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, en réponse à une interpellation parlementaire Joanna Bérenger du Front Militan Progresis (FMP).
Ritesh Ramful a mis en avant que Maurice défend depuis plusieurs décennies le droit du peuple palestinien à l’autodétermination ainsi qu’à l’établissement d’un État palestinien indépendant, souverain et viable, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies. Cette position s’est notamment traduite par le soutien constant de Maurice aux initiatives diplomatiques et humanitaires en faveur de la Palestine ainsi que par son appui aux démarches entreprises dans les instances internationales.
Sur le plan historique, les relations diplomatiques entre Maurice et Israël ont été établies peu après l’indépendance, le 23 avril 1968. Elles ont toutefois été rompues le 7 juillet 1976, dans un contexte de solidarité avec le peuple palestinien et conformément à la position alors adoptée par plusieurs États africains. Maurice a ensuite reconnu l’Organisation de libération de la Palestine en 1979.
Les relations diplomatiques avec Israël ont été rétablies le 29 septembre 1993 à la suite des accords d’Oslo. En 1996, le Conseil des ministres avait approuvé l’ouverture d’un consulat honoraire mauricien à Tel-Aviv. Toutefois, en 2009, dans le contexte des opérations militaires israéliennes à Gaza, le gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam avait envisagé une révision du fonctionnement du consulat honoraire israélien à Maurice. Par la suite, l’accréditation de l’ambassadeur israélien basé à Pretoria avait été mise en attente jusqu’en 2015, celui-ci ne présentant finalement ses lettres de créance qu’en 2018.
D’après le ministre, bien que les relations diplomatiques n’aient jamais été officiellement rompues, le gouvernement actuel privilégie une coopération limitée avec Israël. Cette approche se reflète notamment par le faible volume des échanges commerciaux, l’absence d’accords bilatéraux majeurs récents, la portée restreinte des programmes de coopération et le manque d’échanges politiques de haut niveau.
Le chef de la diplomatie a également fait ressortir que Maurice continuera de défendre les droits inaliénables du peuple palestinien. Dans cette optique, le pays devait voter le même jour en faveur de la participation de la Palestine à l’Organisation internationale du travail en tant qu’État non membre.
Concernant la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) au titre de la Convention sur le génocide, le ministre a indiqué que Maurice suit attentivement l’évolution du dossier. Une décision quant à une éventuelle intervention dans cette affaire sera prise ultérieurement, après consultation des missions diplomatiques mauriciennes à New York et à Genève.
Ritesh Ramful a indiqué que le gouvernement avait déjà exprimé publiquement son soutien à la démarche sud-africaine, position qui avait été confirmée à l’Assemblée nationale en juillet 2024 par le précédent ministre des Affaires étrangères.
À ce jour, 19 pays ont déposé des déclarations soutenant la démarche de l’Afrique du Sud, tandis que trois autres s’y opposent. La majorité des interventions ont été effectuées en vertu de l’article 63 et portent uniquement sur l’interprétation de la Convention sur le génocide, sans se prononcer sur le fond de l’affaire.
Le gouvernement procède actuellement à une évaluation approfondie afin de déterminer si une intervention serait juridiquement justifiée et conforme aux objectifs poursuivis par le pays. Toute décision sera prise en tenant compte des intérêts nationaux, des obligations internationales de Maurice ainsi que de son engagement en faveur de la justice, du multilatéralisme et du respect du droit international.
Dans l’attente, Maurice continuera de soutenir les efforts déployés sous l’égide des Nations unies pour obtenir une cessation immédiate des hostilités, assurer la protection des civils, faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et promouvoir une solution juste, durable et globale à la question palestinienne.

