Si l’information circulant actuellement selon laquelle les États-Unis souhaiteraient acquérir l’archipel des Chagos se confirmait, cela représenterait, avance Narendranath Gopee, président de la National Trade Union Confederation (NTUC), un danger majeur pour la souveraineté de Maurice. Il fait ressortir que cette éventualité est d’autant plus préoccupante lorsqu’elle est associée à Donald Trump. Le syndicaliste ajoute que le président américain a récemment manifesté son intérêt pour l’acquisition du Groenland dans le cadre d’une stratégie géopolitique plus large.
« Nous ne savons plus si l’ambition de Donald Trump est d’acquérir le monde entier pour finalement le rebaptiser États-Unis d’Amérique. Si cette manœuvre concernant les Chagos est réelle, Maurice ne doit en aucun cas céder sa souveraineté. La souveraineté mauricienne n’est pas à vendre, pas plus que ses îles. Le rêve de Donald Trump sur l’archipel des Chagos est irréalisable », affirme-t-il.
Cette situation l’amène également à s’interroger sur la sincérité de la classe politique mauricienne. Il évoque notamment le dossier d’Agalega, dont les termes de l’accord conclu avec l’Inde n’ont toujours pas été rendus publics.
« Sous le précédent gouvernement, de nombreuses rumeurs circulaient concernant cet accord. Des membres de l’actuel gouvernement avaient eux-mêmes laissé entendre qu’Agalega avait été louée à l’Inde pour l’installation d’une base militaire. Ils s’étaient engagés à rendre public l’accord une fois au pouvoir. Finalement, il n’en a rien été. Aujourd’hui, ils invoquent une clause de confidentialité, alors que la presse indienne a rapporté que le gouvernement indien ne verrait aucun inconvénient à la publication du document. Ce genre de situation nourrit les doutes quant à la sincérité de nos dirigeants », déplore-t-il.
Narendranath Gopee appelle également le gouvernement à ne pas céder à la tentation d’une éventuelle transaction financière liée aux Chagos, notamment dans un contexte de contraintes budgétaires.
« L’archipel des Chagos n’est pas à vendre. Diego Garcia ne doit pas faire l’objet d’un marchandage. Nos dirigeants doivent poursuivre les négociations dans l’intérêt du pays. Comme nous ignorons toujours les détails de l’accord concernant Agalega, il est à craindre que nous ne connaissions jamais non plus les véritables termes d’un éventuel accord sur les Chagos ou Diego Garcia. Lorsqu’un autre gouvernement arrivera au pouvoir, il invoquera peut-être à son tour une clause de confidentialité. Pourtant, les Mauriciens ont voté pour davantage de transparence sur les dossiers qui les concernent directement », soutient-il.
Le président de la NTUC estime par ailleurs que toute tentative d’acquisition des Chagos par les États-Unis serait loin d’être acquise. « Les Américains ne peuvent pas considérer cette affaire comme gagnée d’avance. Les Maldives revendiquent également des droits sur l’archipel et avaient déjà exprimé leur opposition à un accord entre le Royaume-Uni et Maurice sur la souveraineté des Chagos », indique-t-il.
Narendranath Gopee estime que le gouvernement traverse actuellement une crise de confiance auprès d’une partie de la population. « Les Mauriciens attendent des mesures concrètes pour soulager leurs difficultés quotidiennes. Ce n’est pas le moment de vendre l’archipel des Chagos pour améliorer la situation financière de l’État ou financer des mesures budgétaires. Les politiciens doivent comprendre que Maurice ne leur appartient pas ; elle appartient aux Mauriciens. Le gouvernement n’a aucun droit moral de céder les Chagos. Une décision d’une telle importance devrait être soumise à un référendum impliquant à la fois les Mauriciens et les Chagossiens », conclut-il.
Océan Indien | Intégrité territoriale : La NTUC rejette toute idée d’une cession aux USA
EN CONTINU ↻

