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L’extension des congés parentaux est l’une des annonces qui recueille le plus d’avis favorables.
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Pour les jeunes, plusieurs éléments positifs, notamment les investissements annoncés dans l’éducation, la santé, les infrastructures et le transport.
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Le budget représente un effort partiel de correction des erreurs du passé selon d’autres
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Le ciblage introduit une forme d’injustice entre citoyens, selon les plus âgés attachés à l’état -providence
Du commerçant de l’Urban Terminal au planteur retraité des régions rurales, en passant par les étudiants, les parents et les militants associatifs, les réactions recueillies à travers le pays témoignent d’un accueil mitigé du Budget 2026-2027. Si certaines mesures sociales, notamment l’extension des congés de maternité, de paternité et l’introduction du congé menstruel, sont saluées comme des avancées importantes, la réforme de la pension universelle continue de susciter frustration, incompréhension et colère. Beaucoup reconnaissent des intentions positives, mais s’interrogent sur la capacité du gouvernement à transformer ses annonces en réalisations concrètes.
La réforme des pensions demeure de loin la mesure la plus contestée. Dans les villes comme dans les villages, nombreux sont ceux qui estiment que le gouvernement a rompu avec ses engagements électoraux.
La pension au cœur des critiques
À Rivière-du-Rempart, Charles, sexagénaire, ne cache pas sa colère. « Mo bien enkoler. Li dir pena kas, be kouma li pou fer sa bidze-la vinn enn realite ? Enn bidze passe diber », lance-t-il, sceptique quant au financement des nombreuses mesures annoncées.
Même tonalité chez Jean-Alain, habitant aussi cette localité , quinquagénaire, qui se dit « profondément frustré » par un budget qu’il considère comme un reniement des promesses faites avant l’arrivée au pouvoir de l’Alliance du Changement.
Pour Mehra Bandhoo, commerçant à l’Urban Terminal, le ciblage des bénéficiaires de la pension constitue une erreur. Il estime qu’un citoyen ayant contribué toute sa vie au financement de l’État devrait pouvoir bénéficier de la pension indépendamment de ses revenus. Il regrette également le manque d’informations sur l’utilisation des fonds alloués lors des précédents budgets.
Véronique Célestin, habitante de Curepipe, partage cette déception. Elle considère que la réforme des pensions pénalise injustement certaines catégories de personnes âgées déjà confrontées à des difficultés économiques.
Des mesures sociales saluées, mais avec des réserves
L’extension des congés parentaux est l’une des annonces qui recueille le plus d’avis favorables.
Kristelle, mère de famille dans la trentaine, estime que le retour de la pension à 60 ans sous certaines conditions constitue une écoute partielle des revendications populaires. Elle se réjouit particulièrement du passage du congé de paternité à six semaines, qui permettra selon elle un meilleur accompagnement des mères après l’accouchement.
Même satisfaction chez Axelle Geroflé-Chaton, de Curepipe, qui accueille favorablement l’allongement des congés parentaux. Elle considère toutefois que six semaines de congé pour les pères restent insuffisantes dans une société où de plus en plus de familles vivent sans le soutien quotidien des proches.
La mesure phare concernant le congé menstruel reçoit également un accueil très positif de la part des organisations engagées dans les droits des femmes.
Pour Prisheela Mottee, de l’association Raise Brave Girl, cette décision représente l’aboutissement de plus d’une décennie de militantisme. Elle considère que le congé menstruel relève avant tout de la dignité humaine et de l’adaptation des conditions de travail aux réalités vécues par de nombreuses femmes.
Les inquiétudes du monde économique
Certaines mesures sociales suscitent toutefois des interrogations quant à leurs conséquences sur le marché du travail.
L’étudiante universitaire Angeluvee Kanhiya considère que le budget comporte plusieurs éléments positifs, notamment les investissements annoncés dans l’éducation, la santé, les infrastructures et le transport. Elle s’interroge cependant sur l’impact potentiel du congé de maternité prolongé à douze mois. Selon elle, certaines entreprises pourraient hésiter à recruter des femmes si elles estiment que cette mesure représente une charge trop importante.
Une inquiétude également évoquée par Véronique Célestin, qui redoute que certaines employées soient indirectement pénalisées par les nouvelles dispositions.
Dans un registre plus macro-économique, Yohann, coach en finance personnelle, juge que le budget représente un effort partiel de correction des erreurs du passé. Selon lui, les réformes annoncées demeurent insuffisantes face à l’ampleur des défis économiques. Il regrette notamment l’absence d’objectifs clairement définis, de calendriers précis et de mécanismes de responsabilisation permettant d’évaluer la mise en œuvre des mesures.
Le ciblage social continue de diviser akors que le coût de la vie reste une préoccupation constante
La question du ciblage des aides sociales est également source de débats.
Pour Ashvin Gudday, cette orientation remet en cause certains fondements historiques de l’État-providence mauricien. Il estime que les contribuables participent déjà au financement des politiques publiques par leurs impôts et que le ciblage introduit une forme d’injustice entre citoyens.
Selon lui, plusieurs annonces du budget demeurent encore au stade de la consultation et nécessiteront davantage de précisions avant de pouvoir être évaluées correctement.
Malgré les mesures destinées à contenir l’inflation, la question du pouvoir d’achat reste omniprésente dans les réactions recueillies.
Kristelle souligne que de nombreux produits essentiels sont devenus difficilement accessibles pour les familles modestes. Axelle Geroflé-Chaton estime que l’absence d’augmentation de la TVA, l’importation parallèle de certaines denrées et les mécanismes de stabilisation des prix constituent des signaux positifs, mais insuffisants face aux réalités économiques actuelles.
Pour Véronique Célestin, la nouvelle taxe sur les bouteilles en plastique illustre également le sentiment d’un coût de la vie qui continue d’augmenter.
Les régions rurales réclament davantage de soutien à l’agriculture
Dans les zones rurales, plusieurs intervenants regrettent que l’agriculture n’occupe pas une place plus importante dans le budget.
Retraité et planteur, Menon estime que les allocations accordées après les épisodes de mauvais temps ne correspondent plus aux réalités vécues sur le terrain. Face aux pertes croissantes causées par les changements climatiques, il plaide pour un meilleur accompagnement des agriculteurs ainsi qu’un renforcement des dispositifs d’assistance.
Il insiste également sur la nécessité de sensibiliser davantage les jeunes à l’agriculture afin de préparer la relève et renforcer la sécurité alimentaire du pays.
Entre espoir et méfiance
Au final, les réactions recueillies révèlent une population partagée entre espoir et méfiance. Certaines mesures sociales sont largement saluées, particulièrement celles concernant les familles et les femmes. Mais la réforme des pensions demeure la principale source de contestation, tandis que les préoccupations liées au coût de la vie, à l’emploi et à la mise en œuvre effective des annonces restent omniprésentes.
Comme le résume Sheila, habitante de Curepipe : « Tou keksoz depan lor volonte politik. Bann dimounn pa pe atann zis promes. Zot pe atann keksoz konkret ki pou sanz zot lavi toulezour. » Une remarque qui reflète sans doute le sentiment dominant exprimé à travers les différentes régions du pays.

