Une série d’arrestations à travers le pays secoue les réseaux de paris clandestins après la saisie de Rs 500 000 en liquide
Après l’annulation des licences d’opération de Bet593 à Candos, la GRA et la Police des Jeux déterminées à démanteler les réseaux illégaux à Flacq, Rivière-du-Rempart, Mahébourg, Quatre-Bornes et Vacoas
Longtemps restée discrète, la Police des Jeux semble avoir enclenché une offensive d’envergure contre les réseaux présumés de paris et de jeux clandestins opérant à travers le pays. Depuis plusieurs semaines, les descentes se multiplient aussi bien dans les régions urbaines que rurales, débouchant sur une série d’arrestations et d’importantes saisies d’argent. La dernière opération en date s’est déroulée dans l’Est avec l’interpellation d’un opérateur connu sous le sobriquet de Baboo, considéré comme l’un des acteurs les plus influents du circuit des paris clandestins dans cette région.
Des informations recueillies auprès de sources proches de l’enquête indiquent que les policiers auraient découvert lors des perquisitions une somme de Rs 500 000 en espèces. Bien que ce montant n’ait pas encore été officiellement confirmé par les autorités, cette saisie donne une idée de l’envergure des mises dans des officines de paris.
L’affaire suscite d’autant plus d’intérêt que plusieurs sources évoquent les relations entretenues par le suspect avec diverses personnalités influentes, notamment à l’Est. Les enquêteurs chercheraient à déterminer l’étendue des réseaux relationnels gravitant autour de certains opérateurs de paris illégaux ainsi que les éventuelles connexions entre différents acteurs du secteur à Flacq, dont certains auraient été liés à la compagnie Bet593, implantée à Candos et dont les opérations ont été stoppées par la Gambling Regulatory Authority (GRA).
Succession d’opérations ciblées
L’arrestation de Baboo n’est que le dernier épisode d’une série d’interventions menées par la Police des Jeux. La semaine dernière, à Rivière-du-Rempart, un opérateur identifié sous le nom de Veer a été arrêté lors d’une opération ayant conduit à la saisie de 28 machines à sous présumées non-autorisées.
Quelques semaines auparavant, à Vacoas, Chun Lin, propriétaire d’un établissement connu dans la région, avait été interpellé dans le cadre d’une enquête portant sur des activités présumées de jeux et de paris illégaux.
Au Sud, un autre dossier a conduit à l’arrestation de Goolamy à Mahébourg. À Quatre-Bornes, une opératrice Miss D. ainsi que son fiancé, présenté comme membre des services d’incendie, font également l’objet d’investigations.
Cette succession d’interventions traduit la volonté des autorités de reprendre le contrôle d’un secteur qui, pendant des années, aurait échappé en partie aux mécanismes traditionnels de régulation. Mais elle met aussi en lumière la puissance financière des réseaux clandestins.
Remonter plus haut
Au-delà des arrestations elles-mêmes, les enquêtes en cours viseraient à identifier les circuits financiers alimentant certaines opérations illégales, de même que les parrains au niveau politique et hippique.
Des sources concordantes indiquent que plusieurs dossiers examinés actuellement pourraient révéler des liens entre différents acteurs du secteur des paris, certains intermédiaires de terrain et diverses personnalités influentes, aussi bien proches du pouvoir actuel que de l’ancien régime.
À ce stade toutefois, aucune accusation formelle n’a été portée concernant d’éventuelles ramifications politiques ou institutionnelles. Les enquêtes se poursuivent et les autorités demeurent particulièrement prudentes sur ce terrain des plus sensibles.
Blanchiment d’argent
L’un des aspects qui retenant désormais l’attention des enquêteurs concerne la destination des importantes sommes d’argent générées par ces activités présumées. Les enquêtes ne se limiteraient plus aux seules infractions liées aux paris illégaux et porteraient également sur le volet de blanchiment.
Malaise au sein même de l’unité
Paradoxalement, alors que les résultats s’accumulent sur le terrain, plusieurs sources policières évoquent un climat de frustration au sein même de la Police des Jeux.
Selon ces informations, certains officiers engagés dans les opérations de surveillance et les enquêtes de terrain attendraient toujours le paiement de diverses allocations liées à leurs fonctions.
Cette situation susciterait l’incompréhension parmi les membres de l’unité, particulièrement au regard des nombreuses heures consacrées aux filatures, aux surveillances et aux opérations ayant permis les récentes arrestations.
La partie émergée de l’iceberg ?
Une question demeure désormais : les arrestations récentes ne constituent-elles que la partie visible d’un phénomène beaucoup plus vaste ?
Au vu du nombre de dossiers actuellement ouverts et de l’ampleur des sommes qui circuleraient dans certains circuits parallèles, des sources estiment que les prochaines semaines pourraient réserver de nouvelles surprises.

