Abordant le projet de loi sur les violences domestiques sous l’angle de l’éducation, le ministre Mahend Gungapersad a livré un plaidoyer en faveur d’une meilleure protection des enfants exposés à la violence familiale. Pour lui, les enseignants sont souvent les premiers témoins silencieux des drames qui se jouent dans les foyers.
Évoquant le cas d’une adolescente dont les yeux étaient constamment rouges après avoir été brûlée par sa mère dans un accès de violence, le ministre a affirmé que « ce n’est pas seulement un débat », mais « du vécu » pour les milliers d’enseignants qui accueillent chaque jour « des enfants détruits » par un environnement familial violent.
Selon lui, ce projet de loi constitue « un pas dans la bonne direction » pour soutenir ces enfants. Il a expliqué que les comportements violents s’apprennent souvent dès le plus jeune âge. Citant un sociologue, il a rappelé que « we tend to replicate whatever we have lived », estimant que la lutte contre le harcèlement scolaire commence d’abord au sein de la famille. Le ministre a également répondu aux critiques du leader de l’opposition sur le retard pris par le texte. « Vous dites que c’est trop tard, qu’avez-vous fait ? », a-t-il lancé à ce membre de l’ancien gouvernement.
Pour le ministre de l’Éducation, la violence domestique trouve aussi son origine dans une conception dévoyée des relations affectives. « This is not love », a-t-il insisté, laissant entendre que les enfants élevés dans des environnements « toxiques, violents et agressifs » perdent progressivement « la notion de l’amour, de l’affection et de l’humanisme ». C’est pourquoi il a défendu les dispositions du projet de loi consacrées à la réhabilitation des auteurs.
Le ministre a également rendu hommage à la Deputy Prime Minister pour son initiative, estimant que « la violence domestique secoue les fondations mêmes de la famille ». Il a ajouté que les enfants victimes souffrent de traumatismes psychologiques qui compromettent leur réussite scolaire. « Nous pouvons offrir les meilleurs enseignants et les meilleurs manuels, mais si l’enfant souffre émotionnellement, il ne va pas réussir », a-t-il affirmé. Concluant son intervention par un appel à la compassion, Mahend Gungapersad a paraphrasé l’écrivain Jean Anouilh, déclarant : « qu’il ne faut pas battre un humain, même avec une fleur », souhaitant que cette future loi soit appliquée « avec le cÅ“ur » afin de sauver le plus de vies possible.

