PENSION — Face à la réforme  — Lalit : Rétablir le droit universel et préparer la contre-offensive

Lindsey Collen : « Augmenter la production alimentaire et taxer les plus fortunés »

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Lalit appelle à la mobilisation pour le maintien de la pension universelle à 60 ans. Toutefois, a mis en exergue Lindsey Collen, la porte-parole, cette action doit s’accompagner d’une contre-offensive en vue de stabiliser la situation. Lalit plaide pour booster la production alimentaire et énergétique, afin d’être moins dépendant de l’importation et taxer les riches, notamment en réduisant les profits des grandes compagnies.

Pour Lindsey Collen, la classe ouvrière était déjà sous attaque depuis l’année dernière lorsque la pension universelle – soit la pension comme un droit pour tous – a été repoussée à 65 ans : « Cette situation a donné lieu à l’une des plus grandes manifestations syndicales dans les rues de Port-Louis. Suite à cela, le gouvernement a reculé, un tout petit peu, mais a quand même introduit la formule de Targeting. Il fallait prouver qu’on était dans le besoin pour bénéficier d’une allocation. »

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Quand les travailleurs sont sous attaque, poursuit-elle, il est important d’avoir une plateforme offensive. Mais en même temps, il faut aussi prévoir la contre-offensive. « On ne peut se contenter de défendre quelque chose qui n’était pas totalement en faveur des travailleurs. Il faut aller plus loin et chercher un système plus égalitaire », avance-t-elle.

Lindsey Collen établit un parallèle avec le football dans ce contexte de la Coupe du monde. « Dans une équipe, il est important d’avoir des défenseurs, pour défendre pendant que les attaquants sont en train de chercher à marquer. Il n’y a pas de victoire sans contre-attaque. » De la même façon, les Mauriciens doivent se mobiliser pour le maintien de la pension universelle à 60 ans, tout en assurant la contre-attaque, souligne-t-elle.

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Pour Lindsey Collen, il y a actuellement cinq attaques sur la pension : En premier lieu, le Means Test (ciblage) que le gouvernement a été contraint d’abandonner, sous la pression de la population et de certains membres du gouvernement. Elle avance : « Il est beaucoup plus facile de faire un Claw Back et prendre l’argent auprès des plus fortunés. Ils ne sont que 10%. » Ensuite, il y a eu une proposition pour relever l’âge de la pension jusqu’à 70 ans, pour toucher plus. « Beaucoup n’atteindront peut-être pas cet âge, et ce après avoir contribué à l’économie du pays. »

Troisièmement, il y a l’option de prendre sa pension à 60 ans, avec un montant inférieur. « C’est horrible ! », estime Lindsey Collen. Elle fait aussi ressortir : « Il paraît que ceux qui continueront à travailler n’auront pas de pension. Ce n’est pas encore très clair, mais le discours du Premier ministre laissait comprendre cela. » Finalement, elle met en garde contre une tentative de séparer la classe ouvrière actuelle, et celle qui va à la retraite. « Cela veut dire que lorsqu’il y aura la compensation salariale, la pension ne va pas augmenter », avance-t-elle.

Quant aux frais des experts, Lindsey Collen affirme que le Premier ministre a parlé de Rs 200 000 pour le président de la Commission et Rs 100 000 par mois pour les autres membres. « Il a même dit : Which is nothing. Mais si cela n’est rien, payez au moins la pension aux citoyens », s’appesantit-elle.

Par ailleurs, la porte-parole de Lalit estime que la mobilisation – qui est en train de prendre forme autour de ces cinq points – est bonne, mais qu’il faut aussi la contre-attaque : « Les travailleurs doivent-ils se retrouver à toujours défendre leurs droits qui diminuent année après année ? Il faut s’inscrire dans la production à Maurice. On ne peut se contenter du gambling que les banques font avec de l’argent. Il faut accroître la production afin de pouvoir augmenter les salaires. »

De même, Lindsey Collen est d’avis qu’il faut diminuer la part des profits. « On a parlé de grosses sommes nécessaires pour la pension. Mais si on regarde de l’autre côté, rien que le profit de la MCB pour un an, se chiffre à Rs 14,8 milliards. »

La production alimentaire est la clé pour sortir de la crise, laisse-t-elle entendre comme à l’accoutumée. « Faisons la production alimentaire de base – pomme de terre, riz, maïs, haricot, le tournesol pour de l’huile, notamment. Il faut une résilience nationale sur le plan alimentaire. Il faut obliger les compagnies sucrières à mettre un tiers de leurs terrains sous production alimentaire. Personne ne doit avoir peur de le dire. Ce n’est pas un blasphème », martèle-t-elle.

Les infrastructures dans les moulins non-utilisés peuvent servir à la préservation et la transformation. Elle poursuit : « Cela créera du travail et en même temps stabilisera les devises étrangères pour que la roupie ne continue pas de perdre sa valeur. Autrement, la pension ne servira à rien, avec une roupie dévaluée. »

Lindsey Collen met aussi en avant notre vaste zone économique exclusive, à laquelle s’ajoutent les Chagos, après l’avis favorable de la Cour Internationale de Justice. « Mais nous n’avons même pas une industrie de la pêche, contrairement aux Seychelles, par exemple. On aurait pu obliger les hôteliers à investir dans l’industrie de la pêche », dit-elle.
La porte-parole de Lalit est d’avis que si les compagnies sucrières et hôtelières refusent de collaborer, le gouvernement doit nationaliser. « C’est cela la contre-offensive : comment produire suffisamment. Ce n’est pas en nous liant avec les États-Unis et la Grande-Bretagne, pour une base militaire, que nous allons nous en sortir. »

Elle fait également le lien avec le conflit au Moyen-Orient : « Nous avons vu ce qui s’est passé aux Émirats arabes unis et d’autres pays comme l’Arabie Saoudite, Bahrein et le Koweit, qui ont aussi des bases militaires. Quand l’Amérique et l’Israël ont attaqué l’Iran, ce dernier a dû attaquer ses voisins qui abritaient des bases militaires américaines pour se défendre. »

Dans cette perspective, Lindsey Collen avance que nous sommes du mauvais côté. « Nous sommes en train de nous attacher à un empire qui est en chute. L’une des conséquences de cette guerre est que le prix de l’énergie a augmenté. Il n’est pas nécessaire d’être un super économiste pour réaliser que l’Amérique et l’Israël vont provoquer une crise mondiale. Il y aura une dépression très grave. Non seulement les prix vont augmenter, mais il y aura une crise énergétique », anticipe-t-elle.

Pour Lindsey Collen, la production alimentaire et de l’énergie renouvelable auraient dû être les piliers du budget 2026-27. « Cela nous aurait permis d’être indépendants. Le présent budget n’est qu’un exercice de comptabilité, permettant au système capitaliste de durer. Nous sommes encore dans cette logique de l’esclavage et de l’engagisme, où les gens doivent vendre leur courage », dénonce-t-elle.

Évoquant le sort de la classe moyenne, elle fait ressortir que ce sont des travailleurs, avec un salaire légèrement plus haut. « Mais les événements sont en train de les pousser vers le bas. Donc Lalit plaide en faveur d’une mobilisation pour le maintien de la pension universelle, mais en parallèle, il faut une contre-offensive, pour ne plus subir le système en place. », conclut Lindsey Collen.

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