Chandraprakash Ramkalawon (backbencher) : « C’est une promesse aux survivants qu’ils seront entendus »

Le député Chandraprakash Ramkalawon a insisté sur la nécessité de changer profondément la perception de la violence domestique à Maurice. Tout d’abord, il a souligné que le pays s’est construit sur un riche héritage culturel où les femmes ne sont pas seulement respectées, mais « vénérées ».

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Selon lui, pendant trop longtemps, les conséquences dévastatrices de la violence domestique ont été considérées par la société comme une affaire privée, voire un malheur familial qu’il fallait garder dans le silence. Avec ce projet de loi, a-t-il dit, le pays affirme désormais une nouvelle position. « Nous déclarons la violence domestique comme une crise publique et une violation des droits humains fondamentaux ».

Chandraprakash Ramkalawon a souligné que les blessures physiques, bien que souvent visibles et choquantes, ne représentent qu’une partie du problème. Il a également mis en avant les conséquences moins visibles de ces violences, notamment la perte progressive d’estime de soi, l’isolement imposé aux victimes et la peur constante qui finit par fragiliser l’ensemble du tissu social.

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Pour le député, la loi doit permettre d’assurer une meilleure protection et une véritable responsabilisation des auteurs. « Nous pouvons légiférer pour protéger, nous pouvons imposer la responsabilité », a-t-il affirmé, estimant que ce projet de loi représente bien plus qu’un ensemble de dispositions juridiques et de sanctions.
Selon lui, le Domestic Abuse Bill constitue avant tout un engagement envers les victimes. « C’est une promesse aux survivants qu’ils seront entendus. Une promesse aux abuseurs qu’ils devront faire face à la justice », a-t-il déclaré.

Le député a également insisté sur l’évolution des formes de violences domestiques dans la société mauricienne. Il estime que les « chaînes » de la violence domestique ne sont plus uniquement physiques, mais prennent désormais des formes numériques, financières et psychologiques. Il s’est ainsi réjoui de l’élargissement de la définition de l’abus dans le texte de loi, qui permet selon lui de criminaliser davantage de comportements auparavant difficiles à sanctionner.

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Chandraprakash Ramkalawon a aussi salué l’introduction de programmes de réhabilitation obligatoires pour les auteurs de violence, considérant que la lutte contre ce phénomène doit également passer par un travail sur les comportements et la prévention de la récidive.
Abordant la question de la protection immédiate des victimes, il a expliqué que cette nouvelle approche rompt avec une logique où la personne victime de violences devait souvent quitter son domicile avec ses enfants pour chercher refuge. Selon lui, la loi reconnaît désormais que la victime doit pouvoir rester en sécurité chez elle, tandis que l’auteur présumé des violences peut être légalement éloigné du foyer.

Il a ajouté que dans les situations où le logement est loué, certaines mesures peuvent permettre à la victime de conserver le contrôle du domicile, alors que l’auteur des violences resterait responsable financièrement du paiement du loyer.

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