CONSOMMATION ALLÉGUÉE DE DROGUE — Pièce à conviction : Le jockey Rye Joorawon objecte à ce que le rapport de QuantiLAB soit utilisé

Le procès du jockey Rye Gulshan Joorawon, 46 ans, accusé de “Consuming dangerous drugs”, en infraction avec la Dangerous Drugs Act, a repris, hier, devant la magistrate Shaheen Dawreeawoo, siégeant en Cour de district de Port-Louis.

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Le jockey avait fourni un échantillon d’urine en juin 2017, et le laboratoire QuantiLAB, opérant dans le privé, y avait décelé la présence d’une certaine quantité de méthadone, une substance utilisée par les toxicomanes pour se sevrer de leur dépendance aux drogues dures.

Le 13 juillet 2017, le Board des commissaires des courses avait infligé à Rye Joorawon neuf semaines de suspension et une amende de Rs 50 000, vu que la méthadone est un produit illicite en vertu des Rules of Racing. Toutefois, le jockey continue de maintenir qu’il n’a jamais pris ce produit, et qu’il pouvait s’agir d’une contamination par une personne malintentionnée.

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Une accusation de “Consuming dangerous drugs”, en infraction avec la Dangerous Drugs Act, avait subséquemment été retenue contre lui par la police.

Le mercredi 1er juillet, Jean-Paul Kumar, un technicien de QuantiLAB, a été appelé à la barre des témoins. Il a expliqué que le 9 janvier 2017, agissant sur les directives de sa hiérarchie, il avait récupéré un échantillon d’urine au siège du Mauritius Turf Club (MTC) au Champ-de-Mars, qu’il avait ensuite apporté au siège de QuantiLAB à Phoenix. Jean-Paul Kumar a déclaré en cour qu’il ne savait pas de qui cet échantillon avait été prélevé. Il a aussi expliqué qu’il a suivi à la lettre le protocole établi, notamment en convoyant l’échantillon directement à QuantiLAB, sans aucun arrêt ou détour.

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Un cadre du ministère du Commerce a ensuite expliqué à la barre des témoins que QuantiLAB était officiellement accrédité auprès de ce ministère, en ce qui concerne l’analyse de fluides corporels pour déceler toute trace de drogue. Pour lui, le ministère était satisfait que ce laboratoire utilisait des méthodes internationalement validées.

Bertrand Baudot, le fondateur et Chief Executive Officer (CEO) de QuantiLAB, a ensuite été appelé à la barre des témoins. Il a mis en avant ses qualifications, notamment comme membre de l’International Federation of Horse Racing, et a expliqué que QuantiLAB se spécialise dans le domaine des analyses médico-légales. Ce laboratoire était pleinement accrédité sur le plan international, dont par le Bureau Veritas, et est implanté dans 41 pays, dont Maurice.

Il a expliqué que le 9 janvier 2017, QuantiLAB avait reçu un échantillon d’urine provenant du Champ-de-Mars. Une analyse avait été effectuée, et un rapport en date du 28 juin 2017 avait été émis à l’intention des commissaires du MTC. Bertrand Baudot a ensuite authentifié le rapport de QuantiLAB, ainsi que sa signature sur ce rapport.

Toutefois, Me Sandiren Calliapen, l’avocat de Rye Joorawon, a objecté à ce que ce rapport soit versé dans le dossier de la cour. L’avocat a fait ressortir que le rapport est issu d’un laboratoire privé et non d’un laboratoire étatique. Si le rapport est admissible devant le Board des commissaires du MTC, il n’en est pas de même pour une cour de justice. Il maintient que le rapport aurait dû être envoyé au Forensic Science Laboratory (FSL).

D’après lui, il y avait bien eu une demande en ce sens, mais le MTC avait refusé à ce que ce rapport soit envoyé au FSL. Me Calliapen a aussi mis en avant l’absence de toute directive de la police ou du Directeur des poursuites publiques (DPP) à QuantiLAB pour produire ce rapport.

Cette affaire a été renvoyée au lundi 20 juillet 2026, date à laquelle la cour entendra les arguments de la poursuite sur le point soulevé par Me Calliapen.
Le jockey Rye Joorawon fait également face à une accusation provisoire d’homicide involontaire, après qu’il avait percuté mortellement un motocycliste à Solitude en avril dernier.

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