Élevage porcin à St-Martin — Après des critiques — Arvin Boolell : « Remettre de l’ordre et trouver des solutions durables »

Le gouvernement entend s’attaquer de manière globale aux nombreux problèmes qui affectent l’élevage porcin à St-Martin. En visite sur les sites des phases I et II hier, le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, accompagné du Junior Minister Fabrice David ainsi que de techniciens de son ministère, a rencontré les éleveurs afin de procéder à un état des lieux et d’identifier les mesures prioritaires.

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À l’issue de cette visite, le ministre a rejeté les critiques selon lesquelles le gouvernement ne s’occupait pas des éleveurs porcins. « Il n’est pas vrai de dire que nous ne nous occupons pas des éleveurs porcins. Nous traitons ce dossier de manière globale. C’est précisément dans cette optique qu’un comité interministériel a été mis sur pied afin d’apporter des solutions durables à l’ensemble du secteur porcin », a déclaré Arvin Boolell.
Le ministre a indiqué avoir eu une rencontre constructive avec les éleveurs, rappelant que l’État avait, par le passé, mis des terrains à leur disposition et les avait soutenus durant l’épisode de la fièvre porcine africaine.

Les doléances des éleveurs portent principalement sur le mauvais état des drains, la gestion des effluents d’élevage, les problèmes d’approvisionnement en eau ainsi que la demande d’une augmentation de la subvention pour l’alimentation porcine de Rs 16 000 à Rs 20 000.

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Gestion des déchets

Selon le ministère, la gestion des déchets constitue aujourd’hui le principal défi. À St-Martin Phase I, qui s’étend sur environ 4,2 hectares de terrain de l’État loués depuis 1986 à la Mauritius Pig Marketing Co-operative Federation Ltd, quelque 45 éleveurs exploitent près de 4 500 porcs. Une station de traitement des déchets existe, mais son digesteur ne fonctionnerait qu’à environ 50 % de sa capacité. Le site ne dispose par ailleurs d’aucune autorisation environnementale (EIA), alors que les activités exercées l’exigeraient.

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La situation est encore plus préoccupante à St-Martin Phase II, où près de 10 000 porcs sont élevés. Initialement conçu pour accueillir 88 porcheries prototypes, le site compte aujourd’hui plus de 200 parcelles destinées à l’élevage. Or, les activités ont largement dépassé le cadre de l’autorisation environnementale initiale. Aucune infrastructure fonctionnelle de traitement des déchets porcins n’y est actuellement disponible.

Les déchets sont souvent évacués dans des fosses susceptibles de déborder, tandis que les drains d’évacuation des eaux pluviales sont régulièrement obstrués, entraînant des infiltrations d’eau dans les porcheries.

Le ministre a également dénoncé les dépôts sauvages de déchets effectués par des personnes étrangères au site, une pratique qui aggrave considérablement les problèmes sanitaires et environnementaux.

Arvin Boolell a estimé que le secteur avait souffert d’un manque de suivi au cours des dernières années. « À une époque, des coopératives avaient été créées pour assurer le traitement de la viande porcine et la valorisation des sous-produits. Tout cela a été abandonné », a-t-il regretté.

Le ministre a toutefois averti que le gouvernement ne ferait preuve d’aucune complaisance envers les opérateurs agissant en dehors du cadre légal. « Nous ne pouvons pas continuer dans le désordre. Chacun a des droits, mais aussi des obligations », a-t-il insisté.
Les services vétérinaires ont également mis l’accent sur la nécessité de mieux contrôler la taille des cheptels afin d’assurer une gestion plus efficace des infrastructures existantes.
Le gouvernement travaille parallèlement sur une solution durable pour le traitement des déchets porcins.

Dans le cadre des travaux du comité interministériel présidé par le ministre Shakeel Mohamed, avec un sous-comité dirigé par le Junior Minister Fabrice David, plusieurs pistes sont étudiées pour transformer les déchets d’élevage en énergie renouvelable.
Mercredi matin, Fabrice David et des représentants des ministères concernés se sont rendus à l’usine Énergies des Mascareignes, à Riche-Terre. Cette installation transforme actuellement les effluents de l’industrie thonière en biogaz.

L’usine dispose d’une capacité de traitement de 2 000 m³ de déchets par jour, mais n’en traite actuellement qu’environ 1 200 m³, laissant une capacité disponible de 800 m³ quotidiens.

D’après les estimations du ministère, les déchets produits quotidiennement par les élevages de St-Martin Phases I et II, ainsi que de Bassin-Requin, représentent environ 200 m³ par jour. L’usine serait donc en mesure d’absorber l’ensemble de ces effluents.
Le ministère étudie désormais la construction de bassins de collecte sur les différents sites, ainsi que le financement du transport des déchets vers Riche-Terre où ils pourraient être valorisés pour produire du biogaz et de l’énergie renouvelable.

Une nouvelle réunion avec les éleveurs et les différentes parties concernées est prévue dans les deux à trois prochaines semaines afin d’évaluer les progrès accomplis et d’arrêter les mesures à mettre en œuvre.

Pour le ministre, l’objectif est clair : moderniser durablement la filière porcine tout en mettant fin aux pratiques qui nuisent à l’environnement, à la santé publique et à la viabilité économique du secteur.

Pour sa part, le ministre de l’Environnement Rajesh Bhagwan a, dans une déclaration, dénoncé ceux qui veulent donner une connotation sectaire à ce problème. Il s’est lui aussi associé au ministre de l’Agro-Industrie pour démentir l’accusation selon laquelle le gouvernement ne s’occupe pas des éleveurs. « Ce n’est pas vrai », a-t-il insisté en précisant qu’il suit ce dossier depuis longtemps.

 

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