ÉDUCATION | Coopération régionale — Des enseignants seychellois découvrent les écoles mauriciennes

Ils ont effectué trois semaines de stage international obligatoires, dans le cadre de leur B.Ed auprès de l’Université de Seychelles

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Trois groupes d’enseignants seychellois, de niveaux primaire et préscolaire, dont la Deuxième Dame des Seychelles, Lina Pillay, viennent tout juste de compléter leurs stages à Maurice. Ce programme, qui a débuté il y a quelques années, fait partie intégrante de leurs études pour l’obtention d’un Bachelor of Education (B.Ed), de l’Université des Seychelles. Une expérience enrichissante sur les plans pédagogique et humain. Entre les nouvelles matières, comme l’ICT et le nombre de congés dont bénéficient les Mauriciens, les découvertes  pour eux ont été parfois surprenantes.

Ils sont déjà enseignants, du préscolaire au Grade 6. Ils complètent en même temps leurs B.Ed in Primary Education/B.Ed in Early Childhood, à l’Université des Seychelles. Après trois semaines passées dans les écoles à Maurice, ils sont repartis les valises bien remplies de partage et d’expérience dans les écoles mauriciennes.

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Annie Laurette, cheffe du département Education, Languages and Media, explique les motivations derrière ce voyage à Maurice : « Ces enseignants sont en troisième année de licence, avec spécialisation dans la petite enfance et le primaire. Le programme prévoit un Work-based Experience. Une partie est faite aux Seychelles et l’autre partie, à l’étranger, car l’internalisation fait partie de notre plan stratégique. »

Pour le primaire, l’Université des Seychelles a collaboré avec le Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC). Les enseignants ont ainsi été placés dans différentes écoles de Beau-Bassin/Rose-Hill, étant donné qu’ils résidaient dans la région. Pour le préscolaire, la collaboration s’est faite avec l’Early Childhood Care and Education. Les enseignants ont été placés dans les unités préscolaires des écoles du gouvernement.

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Ce stage, selon Annie Laurette, nécessite une bonne préparation afin de donner aux enseignants-étudiants la meilleure expérience possible et leur permettre d’apporter leur contribution également : « Le but est de les amener à voir comment cela se passe ailleurs. Par le passé, nous avons eu des groupes d’enseignants du secondaire. Nous avons la chance de connaître le Dr Pascal Nadal, du SeDEC, qui a travaillé avec nous à l’Université des Seychelles par le passé, ce qui nous facilite un peu les démarches. »

Découvertes et partage

Cependant, ce n’est qu’une fois sur place que les enseignants se retrouvent confrontés à la réalité mauricienne. « La première chose que nous avons remarquée, c’est qu’ici les écoles préscolaires et primaires sont séparées. Chez nous, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, un enseignant du préscolaire peut enseigner jusqu’au Grade 2. Ce qui facilite la transition pour les élèves », met en exergue Annie Laurette.

Autre différence remarquable : aux Seychelles, l’accent est mis sur le Discovery Learning, alors qu’à Maurice, l’enseignement est plus sur la théorie. « Ici, on utilise beaucoup de livres. Chez nous, il y a une salle remplie de matériel que nous utilisons pour des exercices pratiques. » Au sujet de la langue, l’anglais est la langue d’enseignement aux Seychelles, avec le kreol comme langue support. À Maurice, les stagiaires ont noté une alternance entre l’anglais, le français et le kreol. Et Annie Laurette d’ajouter : « De même, si chez nous, le Time-Table est fixe aux Seychelles, il y a davantage de flexibilité. Les cours durent également une heure par matière, au lieu de 25 minutes à Maurice. Les heures d’école sont de 7h30 à 15h. »

Sandra Joseph est DHM (Studies). Son rôle est de préparer les cours et de donner le support aux enseignants : « À Maurice, il y a des équipes pédagogiques qui viennent évaluer et guider les professeurs en classe. Les DHM ont surtout un rôle administratif. Mais, ils ont quand même beaucoup à gérer, y compris les petits bobos. »

Les enseignants seychellois affirment que cette expérience a été très enrichissante, en matière de partage : « Nous avons beaucoup discuté avec les enseignants mauriciens et partagé nos idées. Nous avons été aussi surpris par le nombre d’hommes qui enseignent au primaire. Chez nous ce n’est pas le cas. D’ailleurs, nous avons un seul homme dans notre groupe. »

Une autre découverte a été l’ICT comme matière à part entière. Tel n’est pas encore le cas aux Seychelles. Mais s’il y a une découverte qui a marqué les enseignants seychellois, c’est le nombre de privilèges dont jouissent leurs confrères mauriciens. « Chez nous, à part les vacances scolaires et les Sick Leaves, il n’y a pas d’autres congés. Ici il y a les Casual Leaves, les Vacation Leaves, entre autres. Nous aurions été bien heureux d’être enseignants ici…»

Cette collaboration a été rendue possible grâce à un protocole d’accord entre les ministères de l’Education de Maurice et des Seychelles, avec le MIE comme facilitateur.

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Pricillina Durbarry-Jean (Asst Head of Dept Education, UniSey):

Pricillina Durbarry-Jean (Asst Head of Dept Education, UniSey)

« Développer une vision globale de l’éducation »

Pourquoi ce stage international est-il important pour les étudiants ?

Nous avons voulu offrir aux étudiants de l’UniSey une expérience qui dépasse les frontières de leur île, afin qu’ils puissent confronter leurs pratiques à celles d’autres systèmes éducatifs. Ce stage est important car il leur permet de développer une vision globale de l’éducation, de renforcer leur adaptabilité et de revenir avec des idées nouvelles qui enrichissent non seulement leur parcours personnel, mais aussi la qualité de l’enseignement à l’échelle nationale.

Comment ce stage contribue-t-il à renforcer les capacités des enseignants-étudiants ?

Ce stage leur permet d’expérimenter des méthodes pédagogiques innovantes, de développer une sensibilité interculturelle et de renforcer leur confiance en eux. Ils apprennent à réfléchir de manière critique sur leur pratique, à s’adapter à des contextes variés et à assumer un rôle de leader éducatif. Pour moi, c’est une opportunité de les accompagner dans un processus de transformation qui les rend plus compétents, plus ouverts et mieux préparés à relever les défis de l’éducation moderne.

En tant que Mauriciens, familiers aux deux systèmes, que pouvons-nous apprendre des Seychelles, selon vous ?

Les Seychelles ont une approche holistique de la petite enfance, centrée sur le jeu, et l’épanouissement global est un modèle que nous avons voulu mettre en lumière pour nos étudiants. J’apprécie également la manière dont ils intègrent la culture et l’environnement dans le curriculum, ce qui renforce l’identité nationale et la conscience écologique dès le plus jeune âge. Leur investissement dans la formation continue des enseignants et l’implication active des familles sont des éléments que nous avons cherché à valoriser dans ce programme.

À Maurice, notre système éducatif se distingue par une structuration solide des programmes et une volonté constante d’améliorer la qualité de l’enseignement. Nous avons également une politique inclusive qui favorise l’accès à l’éducation pour tous, et une attention particulière est portée à la formation initiale des enseignants. En tant que formateur, je crois que cette complémentarité entre les forces des deux systèmes – l’approche holistique des Seychelles et la rigueur organisationnelle de Maurice – représente une richesse que nous devons exploiter pour préparer nos étudiants à devenir des acteurs du changement dans la région.

Ht

Lina Pillay (Enseignante et épouse du vice-président des Seychelles) :

« Renforcer la sensibilité interculturelle et la capacité d’adaptation »

Comment s’est passé votre stage à Maurice ?

J’étais placée à l’école Saint-Enfant Jésus RCA. J’ai participé au day-to-day teaching, ainsi qu’aux activités, sous la supervision du personnel de l’école. Cette expérience m’a donné confiance en moi, amélioré ma compréhension des Primary School Routines et développé une meilleure communication avec les élèves et le staff. Le travail d’équipe était aussi enrichissant. J’ai également développé ma sensibilité interculturelle et ma capacité d’adaptation, ce qui m’a permis de travailler avec assurance auprès de personnes de diverses origines tout en respectant leurs différentes façons de faire.

Que retenez-vous du système éducatif mauricien ?

J’ai été impressionnée par les différents breaks dans la journée qui permettent aux élèves de se rafraîchir et en même temps, rester concentrés dans leurs apprentissages. Je retiens aussi les assemblées, prônant la discipline, la motivation et les valeurs, de même que la distribution de pain, le programme de bien-être des élèves. J’ai aussi noté le nombre de congés scolaires, ainsi que les 21 jours de Sick Leaves et 18 jours de Casual Leaves aux enseignants.

S’il y avait quelque chose à améliorer, je plaiderai pour plus de temps au soutien des élèves en difficultés. À mon avis, le renforcement de périodes de soutien pédagogique structurées permettrait à un plus grand nombre d’élèves d’atteindre les résultats d’apprentissage attendus.

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