Une descente des lieux à la Prison centrale de Beau-Bassin a été effectuée, hier, par le magistrat Jonathan Denis Vellien et par les représentants du Bureau du Directeur des Poursuites Publiques, dans le cadre de l’enquête judiciaire pour faire la lumière sur le décès suspect de John Mick Martingale en 2024. Cette opération a passé en revue la cellule où John Martingale avait trouvé la mort le 8 septembre 2024 et d’autres points névralgiques de la prison ayant un lien avec ce drame en prison.
Parmi les autres officiels accompagnant le magistrat, il y avait le Chief Court Officer Kamini, le Chief Court Usher Kumarsingh Bijaye Choony, ainsi que deux représentants du DPP, dont Me Ricky Bhookhun. Le but de cette visite : que la Cour ait une meilleure idée de la configuration des lieux, notamment concernant la cellule 71, que John Mick Martingale occupait, et le Block B de la prison, où se situe cette cellule.
La Cour a aussi voulu une meilleure idée du déroulement de la fouille que l’ASP Ramtoolah, à la tête de quatre gardiens, avait effectuée dans la cellule de Martingale la veille de sa mort, ayant appris qu’il avait illicitement en sa possession un portable.
Ce qui a également motivé cette descente des lieux : les multiples irrégularités qui ont émaillé cette fouille, en contradiction avec les Standing Orders de la prison, notamment le fait que les caméras CCTV couvrant la cellule n’avaient pas été branchées ; le fait que le Control Room de la prison n’avait pas été informé au préalable de cette fouille ; et le fait que le détenu n’avait pas été ordonné de sortir de sa cellule avant cet exercice.
Par ailleurs, le Timing aussi ne colle pas, notamment par rapport où l’heure où les gardiens impliqués dans la fouille de la cellule 71 sont entrés dans le Block B, l’heure où ils sont sortis de ce Block, et le nombre de minutes qu’ils ont passé dans la cellule de Martingale.
Le magistrat, les officiers de la Cour et les représentants du DPP ont ainsi passé en revue la cellule 71, le bureau de l’ASP Ramtoolah, les points d’accès au Block B, la Control Room de la prison (où sont visionnées en permanence les images des caméras de surveillance) et la cellule 35, qui est en face de la cellule de Martingale. Le détenu qui occupait cette cellule au moment de la mort de Martingale, un dénommé Mujahidin, sera appelé comme témoin dans cette enquête judiciaire.
Les Prison Officers – qui avaient effectué la fouille dans la cellule de Martingale la veille de sa mort – ont également procédé à une reconstitution de leurs mouvements durant cette fouille, sous la supervision du magistrat, des Court Officers et des représentants du DPP.
L’ASP Ramtoolah, les gardiens Ghoorah, Nundlall et Vythilinga, ainsi qu’un membre de la Prison Security Squad (PSS), Emmanuel Constant – qui avait prêté main-forte à ses collègues durant cette fouille – ont décrit tour à tour où ils se tenaient et ce qu’ils ont fait. Ces derniers étaient également accompagnés par un Welfare Officer de la prison.
L’exercice a duré une trentaine de minutes, après quoi une séance de debriefing a eu lieu entre le magistrat, les officiers de la cour, les représentants du DPP et les gardiens impliqués dans l’exercice de reconstitution.
Pleine collaboration
Dans une déclaration à Le-Mauricien, le commissaire des Prisons, Rachid Beekhun, a confirmé que selon les dispositions de la loi, le personnel de la prison et lui-même ont pleinement collaboré pour que cette descente des lieux ait lieu dans les meilleures conditions.
Cet exercice avait précédemment été ordonné par le magistrat Vellien à la suite d’une motion de Me Ricky Bhookhun. L’enquête judiciaire reprendra devant la Cour de district de Rose-Hill le 21.
John Mick Martingale, âgé de 32 ans, avait été arrêté à l’aéroport SSR le 29 octobre 2022, après qu’une passagère sur le même vol que lui, une Ukrainienne dénommée Mariia Peresolkina, l’avait identifié comme celui qui lui avait remis deux bouteilles remplies d’un liquide contenant du cannabis synthétique, d’une valeur marchande de plus Rs 44 millions, à l’aéroport de Bruxelles.
Martingale avait été écroué à la prison de Beau-Bassin, et avait été retrouvé pendu aux barreaux de la lucarne de sa cellule le 8 septembre 2024. Selon le Dr Sipho Mfolozi, un médecin légiste sud-africain ayant pratiqué une contre-autopsie, le détenu avait été sauvagement agressé et était mort asphyxié par la compression de son cou.

