Faits et effets

Ça ne passe toujours pas…

Les communicants du PMO et leurs relais ont amusé plus d’un avec leur comparaison des rassemblements de ces dernières semaines. C’était tellement gros que certains ont pris le parti d’en rire après avoir pris connaissance des analyses des grands scrutateurs de foule tapissant dans l’ombre du Premier ministre.
Selon ces experts – ils sont, décidément, partout –, la foule réunie samedi dernier à Port-Louis pour contester la nouvelle formule du paiement de la pension de retraite était à peine plus nombreuse que celle qui s’était déplacée lors de la cérémonie de réouverture du Stade Sir Rabindranath Ghurburrun à Triolet, le 3 juillet.
Les plus sarcastiques ont vite fait d’opiner que ceux qui ont fait le compte lors de la sortie du chef du gouvernement dans sa circonscription ont dû aussi additionner le nombre, celui-là vraiment impressionnant, de blindés de la Special Support Unit qui avait pris position près du lieu de la réouverture, transformant le paisible village en quasi zone de guerre. À moins qu’ils n’aient compter double pour les officiels, ministres, Junior Ministers et conseillers présents à cette cérémonie.
Les initiatives en vue de faire oublier le dossier brûlant de la pension étaient de la même veine. Futile et contre-productive. Organiser des soirées football pour divertir la population, choisir ici plutôt que là-bas et, sous le flot des critiques, se raviser en proposant un genre de match retour et ne se focaliser que sur les équipes présentant un profil particulier, cela n’a pas fait oublier la potion amère de la pension.
Le ridicule ne tuant pas, il serait temps d’affronter la réalité brute. La décision sur la pension, ça ne passe toujours pas et le plus tôt tout est remis à plat, le mieux ce sera pour tout le monde. On ne procède pas à une réforme de cette envergure – qui touche au porte-monnaie de milliers de personnes âgées – de manière aussi unilatérale.
Navin Ramgoolam devrait baisser d’un ton et ne pas insulter ceux qui critiquent sa réforme imposée. Son discours ne passe d’autant plus que tout le monde a en tête les promesses électorales d’une pension majorée à Rs 21,500 et la double allocation qu’allaient toucher les veuves lorsqu’elles atteignent leur soixantième année. Pour ne citer qu’un des engagements pris solennellement devant la population.

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Et lorsqu’il vient dire que la mise en garde des institutions financières internationales contre l’insolvabilité du régime de retraite date de 2015, cela confirme le grand cynisme décomplexé du politicien qui consiste à balancer des chiffres des plus mirobolants pour s’acheter des votes pour ensuite dire, comme le fait le Junior Minister à la Sécurité Sociale, Kugan Parapen, que tout cela n’était pas sérieux.
Ce dernier a publiquement confessé que les annonces préélectorales avaient pour but de participer à la surenchère et de ne pas se laisser distancer par le MSM. Le gouvernement a laissé le porte-parolat sur la pension à ceux qui en sont les principaux concernés, le ministre de la Sécurité Sociale Ashok Subron et son Junior, mais quelle catastrophe que cette communication !
Ce n’est certainement pas ça la démocratie, imposer et triturer au gré des récriminations. Tout cet épisode de crispation autour de la pension ne fait, par ailleurs, que discréditer davantage cette mascarade que sont les consultations pré-budgétaires qui finalement ne servent à rien si ce n’est qu’à donner une plate-forme au Junior Minister Dhaneshwar Damry pour se faire voir. Ce Junior Minister devrait plutôt dire au public le nombre de réunions du Parliamentary Committee sur la Financial Crimes Commission (FCC) qu’il a présidé jusqu’ici, et ce qui a été entrepris depuis le début de son mandat.
On ne lui demande pas de convoquer le directeur de la commission, titularisé après sa période probatoire prolongée, pour évoquer la progression des enquêtes sur son beau-frère Shaan Kundomal ou sur Mamy, mais les Mauriciens sont en droit de savoir quel est le bilan de cet organisme créé par le MSM et ses réalisations concrètes à ce jour.

Pendant que les personnes âgées restent dans l’incertitude quant à leurs prestations futures, le nouveau pôle de « développement » proposé a de quoi provoquer des inquiétudes. Si le business de la main d’œuvre étrangère – qui profite aux bien connectés du pouvoir – s’étend, il provoque aussi un phénomène : celui des dortoirs et de leur implantation n’importe où, qui n’est pas loin de créer des tensions locales.
Ce n’est pas la xénophobie telle que la connaît l’Afrique du Sud mais, dans certains quartiers, la cohabitation est loin d’être harmonieuse. Des résidents de Roches Brunes ont déjà fait part de leur exaspération quant à la nuisance que causent les libations bruyantes du week-end de certains travailleurs étrangers.
Lorsqu’on constate que tous les jours, il y a des vingtaines de Building and Land Use Permit Application pour des « dormitories » et de « lodging accommodation » un peu partout dans le pays, on peut craindre que cette situation risque de créer des frictions. Il n’y a, à ce jour, aucun paramètre établi sur les lieux qui peuvent accueillir des dortoirs, sur leur taille, et sur leur nombre dans une région donnée, tout étant au libre choix des entreprises qui recrutent ces travailleurs étrangers.
Que l’on ait besoin d’un certain nombre de bras d’ailleurs pour faire tourner la machine économique et industrielle du pays n’est pas en cause, mais attention à ne pas atteindre un point de saturation et une source de désagrément pour les Mauriciens ! Il y a des travailleurs étrangers qui sont très sympathiques et qui se comportent toujours bien, mais il y a aussi un certain nombre d’entre eux qui sont carrément insupportables.
Qui n’a pas entendu des femmes se plaindre d’attitudes déplacées de certains étrangers qui, dans les rayons de certains supermarchés, n’hésitent pas à se frotter à elles ? Il y a aussi cette manière de marcher en bandes et de s’agglutiner autour des femmes qui se prélassent en tenue légère sur leurs serviettes de plage.
Ceux qui font venir des travailleurs étrangers gagneraient à les initier aux us et coutumes du pays bien avant qu’ils ne s’installent et avant que la situation ne dégénère.

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