Face à la presse : Sydney Pierre : « Je ne regrette pas mon vote »

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Révoqué après son opposition à une disposition du Finance Bill sur les pensions, l’ancien Junior Minister dit accepter sans rancœur la décision du Premier ministre. Mais il revendique pleinement son « vote de conscience » et révèle avoir été tenu à l’écart de plusieurs dossiers stratégiques au ministère du Tourisme.

Sydney Pierre ne conteste pas la décision du Premier ministre de mettre fin à ses fonctions de Junior Minister. Il en reconnaît la prérogative constitutionnelle et assure ne nourrir aucune rancœur personnelle. Mais sur la question qui a provoqué sa rupture avec la discipline gouvernementale, il ne recule pas d’un pouce.

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Son opposition à une disposition du Finance Bill concernant les personnes âgées de 60 à 65 ans était, insiste-t-il, un choix de conscience. Un choix qu’il savait lourd de conséquences politiques, mais qu’il affirme ne pas avoir pu renier.

« Ce n’est pas ma révocation qui m’a fait trembler », a-t-il expliqué, précisant que c’est plutôt la gravité du vote qu’il devait exprimer au Parlement qui l’avait profondément marqué.

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La révocation acceptée, le désaccord maintenu

Sydney Pierre tient d’abord à distinguer la question institutionnelle du différend politique.

Selon lui, le Premier ministre dispose pleinement de la prérogative constitutionnelle de révoquer un ministre ou un Junior Minister. Il accepte donc la décision prise à son encontre et refuse de transformer cette révocation en conflit personnel avec le chef du gouvernement.

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Mais accepter la décision ne signifie pas renier la position qui l’a provoquée.

L’ancien Junior Minister affirme avoir agi en fonction de ses convictions et de ce qu’il considère comme l’intérêt des citoyens concernés par la réforme des pensions.

Il revendique un vote « personnel » et « de conscience », estimant qu’un parlementaire ne peut, sur certaines questions fondamentales, faire abstraction de ses convictions uniquement pour respecter une consigne politique.

La clause 12 au cœur de la rupture

Le désaccord porte principalement sur la clause 12 du Finance Bill et sur le mécanisme applicable à l’Income Support destiné aux personnes âgées de 60 à 65 ans.

Sydney Pierre conteste la réduction de 30 % qui, selon son analyse, affecte la base de calcul applicable aux bénéficiaires de cette tranche d’âge.

Il estime que l’enjeu ne doit pas être considéré uniquement à travers le montant perçu entre 60 et 65 ans. Selon lui, une modification de cette base peut avoir des répercussions durables sur les revenus des bénéficiaires et les pénaliser au-delà de cette période.

Même si une hausse technique de 3,5 % intervient ensuite, affirme-t-il, elle ne compense pas, selon lui, l’effet initial d’une réduction de 30 % de la base de calcul.

C’est sur ce principe qu’il dit avoir refusé tout compromis.

Sydney Pierre précise toutefois qu’il ne rejette pas l’ensemble du Budget ou du Finance Bill. Il affirme soutenir plusieurs mesures gouvernementales qu’il considère comme positives. Mais la question des pensions représentait, à ses yeux, une ligne qu’il ne pouvait franchir.

« J’ai retrouvé ma liberté de parole »

La révocation met fin à ses responsabilités gouvernementales, mais pas à son mandat de député.

Sydney Pierre rappelle qu’il a été élu par la population et qu’il entend exercer ce mandat jusqu’en 2029, sauf dissolution anticipée du Parlement.

Il se dit désormais libéré de certaines contraintes liées à ses anciennes fonctions et déterminé à utiliser cette liberté de parole pour défendre les dossiers qu’il juge importants pour la population.

Sa situation soulève néanmoins une question immédiate : quelle sera désormais son attitude lors des prochains votes à l’Assemblée nationale ?

L’ancien Junior Minister ne donne pas l’impression de vouloir organiser une opposition systématique au gouvernement. Mais son vote sur le Finance Bill a démontré qu’il est prêt à s’écarter de la ligne de la majorité lorsqu’il estime qu’un principe essentiel est en jeu.

Pas question, pour l’instant, de rejoindre l’opposition

Sydney Pierre veut également couper court aux spéculations concernant un éventuel changement de camp.

Il exclut, à ce stade, de rejoindre le Parti travailliste, une autre formation politique ou une alliance existante.

Il ne prévoit pas davantage, dans l’immédiat, de lancer son propre mouvement.

Interrogé sur d’éventuelles approches venant de l’opposition à la suite de son vote et de sa révocation, il a répondu de manière catégorique : « Non merci ».

Il affirme vouloir conserver son indépendance et refuse que sa prise de position sur les pensions soit interprétée comme une manœuvre destinée à préparer un ralliement politique.

Son avenir reste toutefois ouvert. Car s’il refuse aujourd’hui de rejoindre l’opposition, il n’a pas encore défini clairement quelle relation politique il compte entretenir avec la majorité dont il est issu.

Dix-huit mois de frustrations au Tourisme

Les déclarations de Sydney Pierre ne concernent cependant pas uniquement son vote sur les pensions.

L’ancien Junior Minister lève aussi le voile sur ce qu’il décrit comme une expérience particulièrement frustrante au ministère du Tourisme.

Après environ 18 mois au sein de ce ministère, il affirme avoir été tenu à l’écart de plusieurs dossiers stratégiques et avoir disposé d’une marge de manœuvre beaucoup plus limitée que ce que ses fonctions pouvaient laisser penser.

Il cite notamment la connectivité aérienne, dossier déterminant pour une destination insulaire comme Maurice, mais aussi le branding et le positionnement international de la destination, la diversification du produit touristique ainsi que la conquête de nouveaux marchés.

Selon Sydney Pierre, il n’aurait pas été véritablement associé à ces dossiers majeurs.

Ces affirmations posent désormais la question du rôle qui lui avait effectivement été confié au ministère et de la nature de ses relations avec son ministre de tutelle.

Avait-il auparavant exprimé ces frustrations au sein du gouvernement ? Le Premier ministre en avait-il été informé ? Des divergences existaient-elles déjà avant l’épisode du Finance Bill ?

Sydney Pierre laisse entendre, en tout cas, que son malaise au sein de l’appareil gouvernemental ne date pas de son vote sur les pensions.

Une nouvelle donne pour la majorité

Sa révocation règle administrativement la question de sa présence au gouvernement, mais elle ne règle pas la question politique.

Sydney Pierre demeure député et dispose désormais d’une liberté d’expression beaucoup plus grande qu’auparavant.

Son positionnement lors des prochains débats sera donc suivi avec attention, notamment sur les sujets sociaux susceptibles de provoquer des tensions au sein de la majorité.

Pour l’heure, il insiste sur un point : son vote n’était dirigé ni contre une personne ni contre le gouvernement dans son ensemble. Il dit avoir simplement refusé de soutenir une mesure qu’il jugeait contraire à ses convictions.

Reste à savoir si cet épisode restera un désaccord ponctuel ou s’il marque le début d’une prise de distance plus durable avec la majorité.

Pour l’instant, Sydney Pierre présente son choix comme celui de la cohérence politique et de la fidélité à ses convictions. Sa révocation lui rend une liberté de parole qu’il entend mettre au service des dossiers sociaux qu’il juge prioritaires. Mais il est encore trop tôt pour déterminer si cette nouvelle posture débouchera sur une véritable alternative politique ou restera celle d’un député indépendant au sein de l’actuelle législature.

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