THÉÂTRE — Ce dimanche 9 à la Trup Sapsiway, Roches-Brunes : Reprise de “Memwar Zenosid”

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Umar Timol (dramaturge) : « Qu’est-ce qui pousse certains hommes à être aussi vils ? »

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Fort de l’accueil pour les trois représentations de Memwar Zenosid, le dramaturge Gaston Valayden et l’auteur et artiste pluriel Umar Timol convient les amateurs de théâtre à un nouveau rendez-vous. Ce dimanche, à 15h, les planches de la salle de la Trup Sapsiway, à Roches-Brunes frémiront sous les dialogues et musiques de cette création théâtrale.
Memwar Zenosid, explique son auteur, Umar Timol, est fortement inspirée « de l’actualité, certes, avec le génocide qui se déroule carrément en livestream sous nos yeux depuis plus de deux ans, en Palestine. C’est du jamais-vu ! Nous avons tous lu et appris par le biais des documents, films, entre autres médias, des génocides qui ont ponctué notre temps. Qu’il s’agisse du génocide au Rwanda ou de l’holocauste. Cette thématique m’a longtemps interpellé. Qu’est-ce qui pousse certains hommes à être aussi vils envers d’autres humains ? Jusqu’où vont l’horreur, la haine, les violences ? L’écriture de Memwar Zenosid découle de cette démarche ».

Inévitablement, cette pièce se veut ainsi « le reflet de toutes les atrocités commises par des hommes de notre histoire contemporaine. Que cela se passe en Palestine, en Afrique, en Europe, en Amérique latine… partout sur notre planète. Les génocides, les tueries en masse, le massacre des enfants, les barbaries infligées aux femmes et aux personnes âgées : toutes ces souffrances endurées et infligées. Au nom de qui, de quoi ? »
Revenant à l’actualité au Moyen-Orient, Umar Timol élabore : « Toutes ces cruautés se retrouvent dans les attaques de l’armée israélienne sur la population présente dans la bande de Gaza en Palestine, les bombardements incessants, la destruction massive de leurs infrastructures locales – hôpitaux, écoles et autres –, autant que leurs maisons. Les images réelles et brutales que nous renvoient certains médias des horreurs qui surviennent en Palestine m’ont inévitablement marqué. C’est comme si elles donnaient chair et os à mes réflexions autour des massacres et génocides qui ont fait naître l’idée de cette pièce dans ma tête. Memwar Zenosid, comme je l’ai dit, est parti d’une réflexion autour de l’ignominie, l’horreur, les violences insoutenables que peuvent générer des hommes à l’égard d’autres êtres humains comme eux. The evil that lives in some men. Mais dans quel but ? Comment en arrive-t-on à tant de brutalité, d’indifférence, de haine ? » soulève l’auteur.

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Autre élément qu’Umar Timol souhaite mettre en exergue « l’impunité qui caractérise ceux qui commettent ces horreurs ! Comme s’ils ne font aucun cas du fait d’ôter la vie des autres. Avec quelles raisons et justifications ? Et comment se comporter comme s’il ne s’agissait pas d’un crime ? »
D’avoir vu Memwar Zenosid être joué, incarné par des comédiens en chair et en os, Umar Timol dit en être « pleinement satisfait ! Entre Gaston Valayden et moi, c’est une grande complicité, une longue amitié. De le voir incarner l’homme qui est l’auteur d’un génocide dans la pièce, cela me touche et m’a beaucoup ému. Il a su s’approprier le personnage, l’habiter et le rendre vivant. Idem pour Brian Van Schellebeck. Leurs prestations sont remarquables ! »

Et de faire remarquer que l’écriture est un acte très solitaire. « Quand je vois mes écrits prendre forme sur scène, c’est un sentiment très puissant. La joie, c’est d’une part de voir des comédiens aussi talentueux que Gaston et Brian faire vivre mes personnages, et de l’autre, de voir un public être réceptif aux messages contenus dans la pièce. »
Memwar Zenosid sera joué le dimanche 9 août à 15h. Un plateau sera disponible à la porte, soit Rs 200 (tarif minimal) pour assister aux représentations. Les places étant limitées, il est conseillé d’appeler au 57 90 14 00 pour réserver. Sur les planches du théâtre de la Trup Sapsiway, Brian Van Schellbeck incarne le jeune qui accule l’ancien, joué par Gaston Valayden. Jean Claude Catheya officie à la mise en scène et aux lumières. La musique est de Jean René Bastien et la régie est signée Axel Manna.

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PHOTO UMAR TIMOL
(crédit photo : Frédéric Melotte)

PHOTO DE BRIAN ET GASTON
(crédit photo : Umar Timol)

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Éveiller sur la « palestinisation du monde »

Umar Timol explique qu’« en écrivant Memwar Zenosid, avec l’impact de l’exemple de la bande de Gaza, j’ai ressenti le besoin d’avertir, d’éveiller les consciences sur la palestinisation du monde. En cela, je tiens à bien le souligner, il ne s’agit nullement d’un réflexe communautaire. Ce qui se passe à Gaza peut et s’est déjà produit partout dans le monde et concerne toutes les religions vivant sur notre planète. Mais ce qui est propre à l’exemple du conflit entre Israël et la Palestine, ce sont justement ces éléments – nouveaux, dans une certaine mesure ».

Les méthodes de contrôle militaire, la surveillance par la police et l’armée, l’exclusion sociale expérimentées dans les territoires palestiniens, continue Umar Timol, « représentent autant de dérives et de travers qui se dévoilent sous nos yeux et qui peuvent être répliqués. Dans les cas des autres génocides et massacres de populations, la documentation n’est pas aussi visible, concrète sur laquelle nous pouvons nous appuyer  ».
L’un des objectifs de l’œuvre d’artistes, engagés comme Umar Timol et Gaston Valayden, dans le cas présent, est justement « de créer des eye openers pour les citoyens. Leur montrer les duretés, les réalités de notre monde afin que tout un chacun puisse mieux concevoir dans quel monde nous vivons. Et par incidence, comprendre et partager les souffrances des uns et des autres de par le globe ».

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La trame

Deux hommes : L’ancien et le jeune. Le premier porte un passé lourd de crimes contre l’humanité. Il a participé à des actes répréhensibles, un génocide. Le temps a passé et il a soigneusement caché cette période noire de sa vie. Mais une rencontre avec un jeune va tout compliquer… Ce personnage sait que l’ancien cache des vérités très dures et il veut l’amener à confesser ses crimes. La trame tient en ces lignes. Memwar Zenosid, explique Gaston Valayden, metteur en scène et comédien – l’ancien, c’est lui – « c’est ce dialogue entre ces deux. Umar Timol a écrit cette pièce en s’inspirant, bien évidemment, du génocide qui se déroule devant nos yeux en Palestine. Et l’on retrouve dans son travail des inspirations qui remontent loin dans l’Histoire de notre monde. Car ces crimes contre les humains ne datent, hélas ! pas d’hier. Le génocide des Palestiniens par des Israéliens vient remettre sous les feux des projecteurs des épisodes douloureux de notre Histoire. »
Le metteur en scène et comédien ajoute : « Mettre en scène une œuvre écrite représente toujours ce défi : donner chair et os aux personnages imaginés, rendre le ressenti des sentiments, des émotions voulues par l’auteur, et, par ces biais, distiller le ou les messages. » Gaston Valayden retient : « C’est un conseil que je donne toujours à ceux qui viennent se former aux métiers du théâtre. C’est l’élément de base de toute création théâtrale. »

 

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