Musique techno, plaisanteries, silence et interrogations sur la maladie et la souffrance : loin de son image de prédicateur numérique, lemauricien.com a rencontré Frère Paul-Adrien en toute simplicité.
Cet ancien professeur de mathématiques est devenu l’un des visages les plus connus de l’évangélisation chrétienne sur les réseaux sociaux. Avec son débit percutant, son sens de la pédagogie et sa maîtrise des codes des plateformes numériques, Frère Paul-Adrien rassemble des centaines de milliers d’abonnés en rendant les Écritures accessibles à une génération habituée aux formats courts.
Il était à Maurice du 31 juillet au 11 août 2026 pour animer plusieurs conférences, entre autres sur l’intelligence artificielle, le fait de devenir influenceur et le mariage.
Frère Paul-Adrien connaît bien les codes du numérique et y passe de longues heures. C’est ainsi qu’il a appris que cet espace est aussi un lieu où l’humilité s’impose, notamment à travers des commentaires parfois haineux, parfois cassants.
Une fois la caméra éteinte, le dominicain laisse derrière lui le personnage public pour retrouver une vie beaucoup plus simple, après les nombreuses heures consacrées au travail sur les plateformes. Une vie communautaire faite de bonnes blagues, de temps de prière, de moments d’écoute musicale – de la techno, pour lui, a-t-il précisé ! – et d’échanges avec ses confrères.
Avec les années qui s’installent, le quadragénaire découvre lui aussi ces réalités avec un regard différent. La maladie et la souffrance soulèvent des questions profondes et invitent à regarder autrement la vie et la foi. Des questions auxquelles il n’a pas toutes les réponses.
« Je suis un peu un tout petit garçon. J’ai à la fois peur de ce que je découvre et, en même temps, il y a un mystère : Dieu m’aime. Dieu m’aime. Je ne peux pas vous dire pourquoi », confie-t-il.
Au fil de l’entretien, l’image du prêtre star des réseaux s’estompe pour laisser apparaître celle d’un homme conscient de ses fragilités. Derrière les écrans et les algorithmes demeure un religieux convaincu que « l’essentiel se trouve aussi dans la vie fraternelle, le service des autres et la certitude d’être aimé de Dieu, même lorsque les projecteurs s’éteignent ».

