La Cour suprême, dans un jugement rendu ce mercredi, a annulé le Ruling de la magistrate Bibi Azna Bholah, rendu le 21 avril 2026, octroyant la liberté conditionnelle à l’inspecteur Vicky Luckmun de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU). Une accusation provisoire de Conspiracy en vue d’importer de la drogue pèse contre cet officier de police.
L’inspecteur Vicky Luckmun avait été remis en liberté conditionnelle par la magistrate Bibi Azna Bholah, siégeant en Cour de district de Moka, nonobstant les objections de la Financial Crimes Commission (FCC) à l’effet que le prévenu pouvait s’ingérer auprès des témoins potentiels ou manipuler des preuves. L’inspecteur Luckmun avait dû s’acquitter de deux cautions de Rs 200 000 et signer une reconnaissance de dette de Rs 1,5 million.
Le représentant du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) avait immédiatement demandé un Stay of Execution à la magistrate Bholah, avec pour résultat que l’inspecteur Luckmun avait été reconduit en détention policière. Le DPP avait par la suite logé une demande de Bail Review en Cour suprême, arguant que la magistrate Bholah n’avait pas analysé le risque de manipulation des témoins de façon satisfaisante.
Pour les juges Véronique Kwok Yin Siong Yen et Denis Mootoo, siégeant en Cour suprême, la magistrate n’a pas pris en compte le fait que certains des témoins potentiels de cette affaire comptent parmi les collègues de l’inspecteur Luckmun et que le risque que ce dernier n’interfère avec ces témoins est bien réel. Elle n’a également pas pris en compte le fait que l’inspecteur Luckmun pouvait ainsi être au courant des progrès de l’enquête de la FCC et savoir quels témoins ont été, ou seront, interrogés.
Les juges ont retenu que la magistrate n’a pas pris en considération ces risques de façon satisfaisante, les ayant analysés uniquement par rapport au fait qu’aucune preuve d’ingérence actuelle n’avait été apportée. Pour les juges : « […] the proper issue was whether there was reasonable ground for believing that the respondent would interfere with witnesses or otherwise would impede the investigation. This risk is assessed in an objective manner by consideration of all the circumstances of the case. »
Les juges ont ainsi retenu qu’il y a eu un Flawed Reasoning de la part de la magistrate et une Material Misdirection de sa part. Ils ont ainsi donné gain de cause au DPP et ont ordonné l’annulation du Ruling.
Selon la FCC, l’inspecteur Vicky Luckmun, affecté à l’ADSU de St-Pierre, ainsi que le dénommé Steeven Moothoocurpen, qui est déjà dans le giron de la justice pour des affaires de blanchiment d’argent, auraient comploté en 2024 pour l’importation de colis de drogue en provenance de Hong-Kong et de Chine, à travers deux sociétés écran.
Un de ces colis avait été intercepté en septembre 2024, avec plus de cinq kilos de substances chimiques destinées à la fabrication de drogue synthétique, d’une valeur marchande estimée à Rs 75,9 millions.
Un examen des documents de douane et des messages sur le portable de Moothoocurpen démontre a priori que c’était l’inspecteur Luckmun qui avait réceptionné les colis pour le compte de Moothoocurpen, et cela à travers l’instrumentalisation des procédures policières.
Selon la FCC, en au moins quatre occasions, l’inspecteur Luckmun aurait fait usage de mandats de perquisition, émis à la demande de l’ADSU, et qui contiendraient les noms de destinataires fictifs, pour prendre possession des colis de drogue auprès de la douane et la société de fret aérien DHL.
Il avait été arrêté le 24 mars 2026 par la FCC, et une charge provisoire de Conspiracy, en infraction avec la section 109 du Code Pénal, en vue d’importer une cargaison de drogue synthétique, évaluée à plus de Rs 75 millions, pèse sur lui.

