Les plaisanciers du Sud-Est maintiennent la pression pour obtenir les indemnisations qu’ils estiment leur être dues à la suite du naufrage du Wakashio. Réunis cette semaine avec des représentants des autorités, ils ont fait part de leurs préoccupations concernant les préjudices subis depuis la catastrophe écologique de 2020. Pour Prem Beerbul, porte-parole de l’association des plaisanciers, « nous ne réclamons pas plus que notre dû, mais nous refuserons catégoriquement de toucher moins. »
Selon Prem Beerbul, une réunion s’est tenue par l’intermédiaire de Tony Apollon, en présence du ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, et du Junior Minister Fabrice David. Les discussions ont notamment porté sur l’évolution du dossier des indemnisations, alors que les plaisanciers suivent de près les conséquences du jugement rendu dans le cadre de l’affaire du Wakashio.
«Nous ne sommes pas d’accord pour en faire les frais »
Prem Beerbul explique que la position japonaise serait que les indemnisations ne devraient couvrir que le naufrage du navire et non les dommages liés au déversement de fioul lourd dans le lagon du Sud-Est. Cette position s’appuierait, selon lui, sur le fait que les autorités mauriciennes auraient dû procéder plus rapidement au retrait du navire. Chose que les plaisanciers refusent de faire peser sur leurs épaules. « Même si le gouvernement est en faute selon les déclarations japonaises et le jugement rendu par la cour, nous ne sommes pas d’accord pour en faire les frais », affirme Prem Beerbul.
Pour les opérateurs, les conséquences économiques du naufrage ont été lourdes. Plusieurs d’entre eux auraient dû puiser dans leurs propres ressources afin de continuer à rémunérer leurs employés pendant la période difficile qui a suivi la catastrophe. « Les collègues ont fait de gros efforts, ils ont puisé dans leurs fonds pour payer les employés, et l’État n’a versé qu’une compensation minimale », soutient le porte-parole.
Indemnisations pour l’ensemble des préjudices subis
Aujourd’hui, les plaisanciers attendent donc les indemnisations correspondant, selon eux, à l’ensemble des préjudices subis. Leur demande ne vise pas à obtenir davantage que ce qui leur revient, insiste Prem Beerbul, mais à éviter que les opérateurs ne soient pénalisés par un différend dont ils ne seraient pas responsables. Au-delà de la question financière, les plaisanciers mettent également en avant les conséquences environnementales qui continuent, selon eux, à affecter leur activité. Six ans après le déversement de fioul lourd, ils disent encore constater des changements dans le lagon du Sud-Est.
« Lorsque nous partons faire de la plongée avec masque et tuba (snorkeling) ou des sorties en bateau à fond de verre, nous constatons la quantité de coraux et d’algues qui ont disparu, et il n’y a plus autant de poissons qu’avant », témoigne Prem Beerbul. Ces changements ont, selon lui, une incidence directe sur les activités proposées aux visiteurs. La dégradation du milieu marin se traduit également par une baisse de revenus pour les professionnels qui dépendent de ces sorties.
« Depuis ce jour-là, cela représente un lourd manque à gagner et un coup dur économique pour notre activité de plaisanciers », déplore-t-il. Le dossier n’est toutefois pas clos pour les opérateurs. Une nouvelle réunion est prévue avec le ministre du Tourisme, Richard Duval, ainsi qu’avec le ministre Arvin Boolell. « Nous demandons simplement ce qui nous revient de droit », résume Prem Beerbul.

