C’est le sujet de conversation… et de critiques de l’ensemble du personnel hospitalier mauricien. Surtout après les récentes déclarations négatives sur les employés du service de la Santé. Le ministre s’est fait opérer par un chirurgien du privé en utilisant les infrastructures de l’hôpital public.
Cette opération tout à fait particulière et entourée de la plus grande des discrétions s’est déroulée, la semaine d’avant, dans un hôpital public. Dès son arrivée nocturne en ambulance, le ministre a été accueilli par le médecin de garde au casualty et immédiatement escorté vers une chambre privée, sans passer par les formalités, et les longues attentes, réservées aux citoyens devant se faire admettre pour des soins d’urgence. Mais ce qui a le plus choqué n’est pas que le ministre a obtenu un traitement VVIP, mais qu’il a utilisé le bloc opératoire d’un hôpital public en faisant appel à un chirurgien qui exerce uniquement dans le privé, pour se faire opérer. Ce qui est une pratique strictement interdite par les règlements. Après l’opération, le ministre opéré a rapidement quitté l’hôpital pour son domicile pour sa convalescence. Sur les conseils de son chirurgien du privé ?
Le choix du ministre de faire appel à un médecin du privé pour se faire opérer dans un hôpital public est un désaveu cinglant pour le personnel soignant de l’État, qui subit déjà des conditions de travail difficiles. Et même des attaques publiques de la part de membres du gouvernement. Comment demander à la population de croire en l’hôpital public quand son propre patron le boycotte au moment de se faire soigner ? Cette affaire met en lumière une politique à deux vitesses : le service public pour la masse, et l’utilisation du privé pour l’élite politique. Malgré les consignes de silence qui ont entouré cette opération, le personnel hospitalier espère qu’un député ou des syndicalistes auront le courage de faire leur travail en interpellant le ministre de la Santé sur ce sujet.

